Un élu arabe affirme être « ouvert » à rejoindre Gantz
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Un élu arabe affirme être « ouvert » à rejoindre Gantz

Le porte-parole d'Ayman Odeh a précisé que le chef de la Liste arabe unis voulait dire "coopération", mais qu'il ne rejoindra pas une coalition menée par Kakhol lavan

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le dirigeant de Hadash-Taal Ayman Odeh s'exprime lors d'une manifestation contre le Premier ministre israélien  Benjamin Netanyahuaux abords du musée de Tel Aviv, le 25 mai 2019 (Crédit :Tomer Neuberg/Flash90 )
Le dirigeant de Hadash-Taal Ayman Odeh s'exprime lors d'une manifestation contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahuaux abords du musée de Tel Aviv, le 25 mai 2019 (Crédit :Tomer Neuberg/Flash90 )

Le principal élu arabe d’Israël, le président de la Liste arabe unie Ayman Odeh a déclaré jeudi qu’il pourrait « sérieusement envisager de rejoindre » le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz s’il gagnait les élections, mais que ce scénario serait improbable à cause des propres réserves de Gantz.

On ne sait pas clairement si Odeh voulait dire que la Liste arabe unie pourrait entrer dans une coalition conduite par Gantz – une idée que son porte-parole a rejetée en réponse à des spéculations.

S’exprimant au Times of Israël jeudi, Odeh a déclaré qu’il « ne pense pas que Gantz soit prêt. Il préférerait former un gouvernement d’unité nationale [avec le Likud] que ce que nous voulons. Mais s’il se tourne vers nous, il va dans la bonne direction pour la paix et l’égalité, nous l’écouterons. Je ne crois pas que cela aura lieu parce qu’il y a beaucoup de mauvaises eaux sous le pont. Nous ne sommes pas dans sa poche. Il devra venir à nous ».

Mais il a ajouté que « si nous voyons qu’il y a une direction commune, nous pourrions sérieusement envisager de le rejoindre ».

Odeh s’est exprimé à la Knesset alors que lui et d’autres responsables de son alliance de quatre partis à majorité arabe ont officiellement déposé la liste au parlement avant les élections du 17 septembre. Jeudi était le dernier jour pour enregistrer des partis politiques qui souhaitent se présenter.

Le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz parle à des journalistes à la Knesset alors que son parti dépose sa liste électoral à la Commission centrale électorale, le 1 août 2019. (Flash90)

Après que les commentaires d’Odeh ont été rapportés comme une ouverture à entrer dans une coalition dirigée par Gantz, son porte-parole a clarifié ses propos, en précisant au Times of Israël que les responsables de la Liste arabe unie avait simplement fait référence à une coopération [non spécifiée] avec Kakhol lavan » – pas une alliance dans le gouvernement.

Alors que Gantz n’a pas officiellement exclus d’inclure la Liste arabe unie dans une future coalition, il a auparavant déclaré qu’il était ouvert à une coalition avec des partis sionistes, excluant donc apparemment les partis de majorité arabe.

Un élément central de la campagne du Premier ministre Benjamin Netanyahu contre Gantz, son principal rival pour le poste de Premier ministre, avant les élections d’avril et en préparation du vote de septembre, a été son affirmation que le président de Kakhol lavan ne sera pas capable de former une coalition majoritaire sans le soutien des partis arabes. Les partis arabes n’ont jamais siégé dans la coalition au pouvoir, mais ils ont soutenu des gouvernements minoritaires de l’extérieur. Ces dernières années, les partis à majorité arabe ont grandi en taille, pour atteindre plus de 10 % des votes à l’élection de 2015, quand la Liste arabe unie a remporté 13 sièges.

Le parti s’est scindé en deux factions pour les élections d’avril 2019, et les électeurs ont réagi en diminuant leur résultat combiné à 10 sièges.

S’exprimant à des journalistes à la Knesset jeudi, Odeh a déclaré que sa liste nouvellement réunie corrigerait cette perte.

(gauche à droite) Mtanes Shihadeh, Ayman Odeh, Ahmad Tibi et Mansour Abbas, chefs des quatre partis à majorité arabe qui forment la Liste arabe unie, enregistrent leur alliance à la Commission centrale électorale à la Knesset le 1 août 2019.
(Raoul Wootliff/Times of Israel)

« Nous arrivons ici encore plus forts qu’avant parce que nous sommes unis », a déclaré Odeh. « Nous avons appris de l’erreur des quatre derniers mois. Nous devons simplement regarder les faits – quand nous nous sommes présentés ensemble, nous avons obtenu 13 sièges, quand nous nous sommes présentés séparément, nous avons obtenu le taux de participation le plus bas de notre histoire. Alors quelles leçons devrions-nous tirer de tout cela? Que nous avons besoin de nous unir. Maintenant que nous sommes unis, le taux de participation va remonter ».

La Liste arabe unie a été formée à l’approche des élections nationales de mars 2015, après que la Knesset a relevé le seuil électoral, augmentant le pourcentage de voix qu’un parti doit recevoir pour entrer au parlement de 2% à 3,25%.

La liste rassemble des partis de différentes bases idéologiques, y compris des socialistes, des nationalistes, des laïques et des islamistes.

La fusion a été complète quand Balad, un parti nationaliste arabe, a annoncé tard dimanche qu’il se présenterait dans la liste unifié déjà formée par Hadash, Taal et Raam, les trois autres partis à majorité arabe, qui ont annoncé la veille qu’ils se présenteraient ensemble.

Une Arabe israélienne vote à Haïfa, le 17 mars 2015. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

« Nous voulons augmenter le taux de participation [dans les communautés arabes] d’au moins 10 %, mais nous avons besoin de travailler dur pour le faire passer à au moins à 65 % afin que Benjamin Netanyahu et ses acolytes rentrent à la maison. Plus nous obtenons de voix, plus nous aurons de l’influence », a déclaré Odeh.

De nombreux analystes ont expliqué le taux plus bas de participation en avril, estimé à 49,2 % par l’Institut démocratique d’Israël, en baisse par rapport aux 63,5 % en 2015, sur l’incapacité des quatre partis à majorité arabe à reformer la Liste arabe unie.

La Commission centrale électorale a ouvert ses portes mercredi pour les partis qui souhaitent se présenter à la Knesset. Plus de 40 partis ont pris les documents d’inscription.

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