Un élu du Likud cherche à expulser des cadres du parti critiques de sa politique
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Un élu du Likud cherche à expulser des cadres du parti critiques de sa politique

L'initiative de Shlomo Karai a fait l'objet de vifs débats pour savoir s'il faut expulser ou non Benny Begin et Dan Meridor qui n'ont pas voté pour le Likud aux dernières élections

Dan Meridor, l'assistant du Premier ministre, (à gauche) parle avec le député Benny Begin au Bureau du Premier ministre à Jérusalem. (Crédit photo: Lior Mizrahi/Flash90)
Dan Meridor, l'assistant du Premier ministre, (à gauche) parle avec le député Benny Begin au Bureau du Premier ministre à Jérusalem. (Crédit photo: Lior Mizrahi/Flash90)

Le parti du Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu a été secoué par des turbulences internes ces derniers jours, après une initiative lancée par un nouveau député pour exclure du parti d’anciens élus qui ont critiqué la direction prise par le parti de droite.

Lors des campagnes électorales d’avril et de septembre, plusieurs anciens ministres et élus de premier plan du Likud ont déclaré qu’ils ne voteraient pas pour le parti qu’ils avaient représenté à la Knesset pendant des décennies. Certains ont accusé le parti de faire preuve « d’un culte de la personnalité » envers Netanyahu et ont fustigé son discours de plus en plus clivant.

Vendredi, le quotidien Yedioth Ahronoth a annoncé que le député du Likud Shlomo Karai, âgé de 37 ans et qui a été élu au parlement pour la première fois cette année, soutenait une initiative pour exclure les vétérans du parti Benny Begin, Dan Meridor, Michael Eitan et Dan Tichon – tous d’anciens ministres et élus du parti – et avait lancé une procédure officielle en ce sens.

En mai, Meridor et Begin – le fils du fondateur et premier dirigeant du Likud, Menachem Begin – a critiqué la direction dans laquelle Netanyahu conduisait le parti. Meridor a prévenu d’une « dictature » Netanyahu, soulignant les efforts du Premier ministre pour se mettre à l’abri de poursuites dans trois affaires de corruption, alors que Begin a qualifié les démarches du Premier ministre pour garantir son immunité « d’acte clair de corruption ».

Michael Eitan (Crédit : Uri Lenz/ Flash90)

Quelques jours avant le vote du 17 septembre, Tichon et Eitan ont annoncé qu’ils ne pourraient pas voter pour le parti de droite qu’ils avaient représenté dans le passé.

« Après avoir vérifié la question, j’ai été surpris de découvrir que d’anciens élus du Likud qui ont fortement attaqué la liste électorale et les représentants du Likud lors de la précédente élection sont encore membres du parti, a écrit Karai dans sa lettre. En outre, étant donné leurs anciennes fonctions, ils sont membres de la Commission centrale du Likud à vie. »

La Commission centrale du Likud est un organe puissant qui désigne les responsables du parti et la liste des candidats aux élections.

« À la lumière des remarques graves formulées contre la liste du Likud et de leurs déclarations qu’ils ne voteraient pas pour le parti aux dernières élections, ils devraient immédiatement être exclus du parti, a-t-il ajouté. S’ils restaient membres du parti, cela reviendrait à cracher aux visages de membres du parti et de la Commission centrale qui travaillent jour et nuit pour le bien du mouvement et du pays. »

L’ancien président de la Knesset pour le parti du Likud, Dan Tichon, le 2 juillet 2007. (Orel Cohen/Flash90)

Begin, Meridor et Eitan n’ont pas commenté publiquement le sujet. Tichon a déclaré : « Toutes les personnes mentionnées étaient parmi les fondateurs du Likud. Je n’ai rien à dire à part cela. »

Dimanche, le journal a déclaré que l’initiative avait fait l’objet de nombreuses discussions au cours du week-end sur les réseaux sociaux internes du Likud. De nombreux militants étaient de l’avis de Karai, mais d’autres ont critiqué l’initiative et même contacté des officiels clefs du Likud afin qu’elle ne soit pas appliquée.

Le député du Likud Ofir Katz aurait écrit une lettre aux officiels du parti en déclarant, « le Likud est et restera toujours un mouvement démocratique, dont la force réside dans sa tolérance et son ouverture à une variété de points de vue, et dans le fait qu’il a toujours représenté une grande diversité d’opinions et de populations »

« Les personnes mentionnées dans le rapport sont une partie indispensable de la fondation du Likud, clairement Benny Begin, le fils du fondateur et premier chef du mouvement, Menachem Begin, qui a été un dirigeant remarquable dont l’immense contribution au pays et au parti ne peut pas être niée. La famille Begin fera toujours partie du Likud et cela devrait rester ainsi. »

L’élu du Likud Shlomo Karai à la Knesset, avant l’ouverture de la session de la Knesset du nouveau gouvernement, le 29 avril 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Un autre élu du Likud, Miki Zohar, a également souligné la tolérance du parti envers les différentes opinions de ses membres, déclarant que même si d’anciens élus « s’étaient égarés », il était en faveur de les « garder au sein du Likud et de respecter la position de la majorité ».

L’élu travailliste Itzik Shmuli a critiqué le parti au pouvoir pour cette démarche, déclarant dans un communiqué : « Un député qui n’a même pas servi depuis un an demande déjà l’expulsion des fondateurs de son mouvement. Quelle honte. Ils n’ont pas critiqué les valeurs du Likud, mais ce que vous en avez fait – d’un mouvement libéral et digne d’un chef d’Etat à un culte de la personnalité qui promeut la corruption, le nationalisme et conduit le pays dans l’abîme. »

Karai a répondu à ces critiques au sein du Likud, déclarant : « C’est simplement du masochisme. Ils continuent à nous attaquer et nous leur léchons les bottes. Ont-ils une immunité à cause de leur statut passé au sein du mouvement ? La réponse est non. Les erreurs devraient être punies. »

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