Un employé de l’ONU élu au bureau du Hamas à Gaza
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Un employé de l’ONU élu au bureau du Hamas à Gaza

Muhammad al-Jamassi, chef des infrastructures à l'UNRWA, serait entré au bureau politique du groupe terroriste. La semaine dernière, l'UNRWA a suspendu un enseignant accusé d'être un haut-responsable du Hamas

Les Palestiniens recevant leur aide alimentaire mensuelle dans un centre de distribution des Nations unies dans le camp de réfugiés de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 8 février 2015 (Crédit : Abed Rahim Khatib / Flash90)
Les Palestiniens recevant leur aide alimentaire mensuelle dans un centre de distribution des Nations unies dans le camp de réfugiés de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 8 février 2015 (Crédit : Abed Rahim Khatib / Flash90)

Un cadre palestinien de l’agence humanitaire de l’ONU à Gaza aurait été élu au bureau politique du Hamas, la plus haute instance de l’organisation terroriste qui gouverne la Bande de Gaza.

Parmi les 15 membres élus au bureau lors du scrutin interne du mois de février, Muhammad al-Jamassi, un ingénieur employé par l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), l’agence de l’ONU chargée des réfugiés palestiniens, selon le Centre d’information sur les renseignements et le terrorisme Meir Amit.

Jamassi a occupé diverses fonctions au sein du Hamas depuis 2007, notamment au sein du service de relations publiques et dans ses organismes humanitaires affiliés, a fait savoir le centre.

Il est actuellement président du bureau du département d’ingénierie de l’UNRWA au centre de Gaza, qui supervise tous les projets d’infrastructures lancés par l’agence dans la zone.

Un autre membre du personnel de l’UNRWA a été élu à un haut poste au Hamas lors du vote du 13 février.

Des écolières palestiniennes d'une école de l'UNRWA dans la bande de Gaza. Illustration. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)
Des écolières palestiniennes d’une école de l’UNRWA dans la bande de Gaza. Illustration. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Suhail al-Hindi, enseignant à la tête du syndicat des employés de l’agence, a été suspendu par l’UNRWA après qu’Israël a demandé son départ immédiat.

Les assertions contre al-Hindi ont été faites par le COGAT, l’agence du ministère israélien de la Défense responsable des affaires civiles en Cisjordanie et à Gaza et par le ministère des Affaires étrangères.

L’UNRWA avait initialement démenti l’affiliation au Hamas de Hindi, déclarant dans un communiqué que l’agence n’a « ni trouvé ni reçu de preuve contredisant les propos de ce membre qui a nié avoir été élu au bureau politique ». Hindi faisait savoir dans ce communiqué qu’il « n’était en rien lié à ce problème ».

Trois jours après, toutefois, le porte-parole de l’UNRWA Chris Gunness avait annoncé que Hindi avait été suspendu après la réception d’ « informations importantes ».

Il avait insisté sur le fait que la décision de suspendre Hindi, jusqu’à la fin d’une enquête interne, avait été prise indépendamment d’Israël.

Cela fait longtemps qu’Israël affirme que certains employés palestiniens de l’UNRWA soutiennent les activités terroristes et aident à répandre l’antisémitisme en ligne.

Le mois dernier, un observatoire de l’ONU a rendu public un rapport montrant des captures d’écran réalisées sur les pages Facebook de 40 employés du secteur de l’enseignement de l’UNRWA à Gaza et dans d’autres parties du Moyen-Orient qui, a-t-il dit, « incitent au terrorisme djihadiste et à l’antisémitisme, notamment en publiant des vidéos qui nient l’Holocauste et des photos qui célèbrent Hitler ».

L’observatoire de l’ONU a indiqué qu’il avait fait une pétition en direction du chef de l’instance internationale, António Guterres, du secrétaire américain d’Etat Rex Tillerson et de l’envoyé américain aux Nations Unies Nikki Haley, leur recommandant vivement de « passer à l’action et de demander la condamnation de ces incitations à l’ONU et à l’UNRWA, ainsi que le départ des employés impliqués ».

En 2015, les Etats Unis ont donné à l’UNRWA — qui fournit aux réfugiés palestiniens et à leurs descendants une éducation, des soins de santé et des services sociaux – un financement de 380 millions de dollars.

Gunness a récemment déclaré au Times of Israel que l’UNRWA n’avait pas connaissance de ces allégations d’incitation et que l’agence « les étudiait dans le cadre de notre engagement continu à la neutralité ».

Dans les prochains mois, Gunness a expliqué que l’UNRWA entamera des formations « obligatoires » à l’utilisation des médias sociaux en direction de ses 30 000 employés locaux.

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