Un ex-chef du Mossad rejoint NRx Pharmaceutical
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Un ex-chef du Mossad rejoint NRx Pharmaceutical

Tamir Pardo devient membre du conseil d'administration de la firme qui achève les essais du vaccin israélien contre le COVID BriLife en Géorgie et en Ukraine

Ricky Ben-David est journaliste au Times of Israël

L'ancien chef du Mossad, Tamir Pardo. (Courtoisie)
L'ancien chef du Mossad, Tamir Pardo. (Courtoisie)

L’ancien chef du Mossad Tamir Pardo a rejoint NRx Pharmaceuticals, la société qui termine les essais cliniques du vaccin israélien COVID-19, en tant que membre du conseil d’administration, a annoncé la société cette semaine.

L’arrivée de M. Pardo, qui a été chef du Mossad entre 2011 et 2016, a pour but d’aider l’entreprise à faire avancer la commercialisation du vaccin, a-t-il indiqué.

NRx, une société pharmaceutique américaine en phase clinique cotée au Nasdaq, a été sélectionnée à la mi-juillet par le ministère israélien de la Défense pour poursuivre la fabrication et la commercialisation de BriLife, le vaccin israélien développé par l’Institut israélien de recherche biologique (IIBR), géré par le gouvernement. Selon une annonce faite par le ministère de la Défense en juillet, NRx a récemment entamé des essais cliniques en Géorgie et prévoit de commencer des tests en Ukraine.

L’IIBR avait lancé les essais de phase I du vaccin avec des volontaires israéliens en novembre dernier et les essais de phase II ont commencé un mois plus tard, juste au moment où Israël s’est lancé dans ce qui était alors considéré comme une campagne de vaccination rapide et réussie avec le vaccin Pfizer/BioNTech. Une troisième phase des essais avec BriLife, comptant jusqu’à 30 000 participants, était censée commencer au printemps dernier.

Le développement du vaccin local a pris beaucoup de retard par rapport à celui de ses concurrents internationaux. L’approbation de plusieurs vaccins internationaux et la campagne d’inoculation rapide lancée par Israël en décembre dernier ont soulevé des questions sur la nécessité d’une option produite localement qui sera prête à être distribuée longtemps après ses concurrents.

Le ministère de la Défense a défendu le projet IIBR, arguant qu’il est nécessaire pour garantir à Israël un accès indépendant aux vaccins. D’autres fonctionnaires l’ont décrit comme un plan de secours pour suppléer les vaccins achetés auprès de sociétés pharmaceutiques basées à l’étranger.

Des flacons d’un potentiel vaccin contre le coronavirus sont vus sur une chaîne de montage, sur une photo publiée par l’Institut israélien de recherche biologique le 25 octobre 2020. (Ministère de la Défense)

Le professeur Shmuel Shapira, qui dirigeait l’IIBR et était à l’origine des efforts déployés pour mettre au point un vaccin israélien contre le COVID-19, a quitté ses fonctions en mai, dans une tournure d’événements surprenante qui a jeté un doute supplémentaire sur l’avenir de l’entreprise locale d’inoculation. Haaretz avait rapporté le même mois que les scientifiques de l’IIBR examinaient la possibilité de renoncer à une deuxième dose si les patients recevaient une dose plus élevée lors de la première injection, ainsi que de déplacer les essais, compte tenu des taux de vaccination élevés en Israël.

Avec l’émergence du variant Delta, hautement contagieux, au printemps dernier, les fabricants de vaccins se sont efforcés d’examiner l’efficacité de leurs injections et d’étudier le dosage, car le niveau d’anticorps chez les personnes vaccinées a diminué dans les mois qui ont suivi l’administration des deux premières doses. Israël a rapidement mis en place une troisième dose de rappel à la fin du mois de juillet, inoculant à ce jour plus de 2 millions de personnes éligibles, principalement avec le vaccin Pfizer/BioNTech.

BriLife, quant à lui, est toujours en phase clinique et une fois celle-ci terminée, NRx prévoit de superviser sa commercialisation.

Selon un rapport de la douzième chaîne datant du mois d’août, les derniers résultats des essais indiquent que le vaccin pourrait offrir une protection à plus long terme que l’inoculation développée par Pfizer-BioNTech. Plus de 200 volontaires ayant reçu la dose la plus élevée du vaccin ont été informés qu’ils n’avaient pas besoin d’une troisième dose car leur protection restait élevée, six mois après avoir reçu une deuxième dose, selon le rapport, qui ne détaillait pas la manière dont la protection était mesurée, bien que l’on puisse supposer qu’elle était basée sur le nombre d’anticorps.

Les projets de NRx

NRx est dirigée par le professeur Jonathan Javitt, président-directeur général, et le Dr Chaim Hurvitz, ancien directeur de Teva Pharmaceuticals, qui préside également CH Health, un groupe d’investissement privé basé à Tel Aviv.

Des flacons d’un potentiel vaccin contre le coronavirus sont vus sur une chaîne de montage sur une photo publiée par l’Institut de recherche biologique d’Israël le 25 octobre 2020. (Ministère de la défense)

La société pharmaceutique avait indiqué qu’elle comptait sur une mise à l’échelle industrielle et une fabrication rapides et abordables pour BriLife.

Hurvitz a déclaré dans un communiqué de l’entreprise en juillet que « comme les vaccins COVID de première génération sont de plus en plus mis à mal par la mutation rapide du coronavirus, nous visons à développer un vaccin qui peut être rapidement mis à l’échelle à faible coût pour répondre aux besoins des pays développés et en développement. »

Dans un communiqué publié cette semaine, M. Javitt a salué l’arrivée de M. Pardo au sein du conseil d’administration, dont « les connaissances et l’expérience dans le domaine international constitueront une avancée significative dans la distribution du vaccin dans le monde entier ».

M. Pardo a déclaré dans l’annonce qu’il était « heureux de continuer à servir l’État d’Israël », ajoutant que « le succès des développements bleus et blancs [israéliens], en particulier dans la lutte contre le coronavirus, serait un succès pour tous ».

Avec NRx, M. Pardo a déclaré qu’il ferait tout ce qui est en son pouvoir « pour assurer le succès du vaccin, ainsi que des autres développements de la société. »

Pardo est également le cofondateur de XM Cyber, une entreprise de cybersécurité créée en 2018 qui simule de véritables attaques de piratage pour protéger les réseaux. Globes a rapporté cette semaine que XM Cyber devrait soumissionner pour protéger les industries d’infrastructure aux EAU et à Bahreïn, dans le cadre d’un consortium dirigé par Rafael.

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