Rechercher

Un ex-leader du Meretz ne dirigera pas l’Autorité de la nature et des parcs

Le Premier ministre d'alternance Naftali Bennett s'est opposé, pressé par la droite, à la nomination de Yossi Beilin, proposée par Tamar Zandberg, au poste de chef de l'Autorité

(De gauche à droite) Yossi Beilin, Issawi Frej, Tamar Zandberg et Nitzan Horowitz, membres du Meretz, lors d'une cérémonie à la mémoire du Premier ministre assassiné Yitzhak Rabin, sur la place Rabin à Tel Aviv, le 4 novembre 2021. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
(De gauche à droite) Yossi Beilin, Issawi Frej, Tamar Zandberg et Nitzan Horowitz, membres du Meretz, lors d'une cérémonie à la mémoire du Premier ministre assassiné Yitzhak Rabin, sur la place Rabin à Tel Aviv, le 4 novembre 2021. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Le Premier ministre d’alternance Naftali Bennett s’est opposé à la tentative de la ministre de la Protection environnementale Tamar Zandberg de nommer l’ex-leader du Meretz, Yossi Beilin, au poste de prochain président de l’Autorité israélienne de la nature et des parcs.

Bennett a déclaré vendredi à Zandberg qu’un vote ministériel sur la nomination de Beilin, qui était programmé dimanche, n’aurait pas lieu comme prévu parce qu’il s’y opposait et qu’il continuerait à le faire au cours des quelques mois de gouvernance du gouvernement transitoire, qui est placé sous l’autorité du Premier ministre par intérim Yair Lapid.

Zandberg, elle-même membre de la formation du Meretz de gauche, avait été critiquée par les législateurs de droite pour son désir de nommer Beilin à la tête de l’Autorité, certains parlementaires l’accusant « d’essayer de transformer l’Autorité de la nature et des parcs en branche du Meretz ».

Dans les années 1990, Beilin avait été une personnalité déterminante des Accords de paix d’Oslo conclus avec les Palestiniens et dénoncés par la droite israélienne. Ces Accords avaient entraîné une reconnaissance mutuelle entre Israël et l’Organisation de libération de la Palestine et avaient ouvert la porte à l’établissement de l’Autorité palestinienne.

Beilin a également été l’un des fondateurs du programme Taglit-Birthright Israel, qui parraine des voyages gratuits en Israël pour les jeunes Juifs du monde entier et qui a permis à des centaines de milliers d’adolescents et de jeunes adultes de venir dans le pays depuis 1999.

Dans un courrier adressé vendredi à Bennett, Yoav Kisch, du Likud, et Orit Strook, députée du parti Sionisme religieux, qui dirigent tous les deux le Caucus Terre d’Israël, un groupe de pression dont l’objectif est de renforcer la mainmise d’Israël sur la Cisjordanie, ont affirmé que la nomination de Beilin serait « un désastre » et ils ont qualifié l’initiative prise par Zandberg de « scandaleuse ».

Le Premier ministre Naftali Bennett, à droite, et la ministre de la Protection environnementale, Tamar Zandberg, pendant une séance plénière de la Knesset à Jérusalem, le 28 février 20200. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Il n’y a aucun doute sur le fait qu’une telle nomination serait désastreuse pour les sites placés sous la responsabilité de l’Autorité de la nature et des parcs en Cisjordanie ou à Jérusalem-Est », ont-ils écrit, ajoutant que Beilin était « un individu extrémiste de gauche » qui « fera tout ce qui est en son pouvoir » pour nuire à ces sites.

Les deux parlementaires ont vivement recommandé à Bennett qui, en tant que Premier ministre d’alternance, peut s’opposer à ce genre de nomination, d’intervenir.

Yossi Beilin participe à une réunion de la Knesset sur la Constitution, le droit et le justice, le 9 juillet 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Nous vous demandons d’agir immédiatement pour annuler cette nomination scandaleuse », ont-ils ajouté.

Le député Ofir Sofer, du parti Sionisme religieux, a fait écho à cette demande, écrivant dans un tweet qu’il avait fait appel à la procureure Gali Baharav-Miara en déposant une requête réclamant qu’elle stoppe ce processus de désignation en raison de la nature transitoire du gouvernement.

De son côté, le législateur du parti Sionisme religieux, Itamar Ben Gvir, a estimé que « la gauche piétine la loi et ignore toutes les procédures possibles ».

Le parlementaire d’extrême-droite a affirmé « qu’une nomination politique en pleine saison électorale est contraire à la loi » et a accusé le Meretz de « corruption politique ».

La députée Ayelet Shaked (à gauche) s’entretient avec le chef de Tikva Hadasha, Gideon Saar, à la Knesset à Jérusalem, le 2 juin 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Cette intervention de Bennett a eu lieu après l’appel qui lui a été également lancé par la ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked et par le ministre de la Justice Gideon Saar qui lui ont demandé de s’y opposer.

Commentant la décision de Bennett, Zandberg a déclaré que ce dernier « a cédé à une campagne entraînée par une machine à venin ».

Le député Itamar Ben Gvir prend la parole à la Knesset, le 2 novembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Elle a indiqué qu’il s’agissait d’une « persécution » à l’égard de Beilin et « d’une victoire remportée par tout ce contre quoi le gouvernement s’est battu au cours de l’année qui vient de s’écouler ».

« Je suppose que nous avons échoué », a-t-elle dit, critiquant Bennett qui, selon elle, a été influencé « par la chasse aux sorcières de Ben Gvir et de ses collègues » et déplorant le fait qu’une telle décision ait été prise par un homme qui, jusqu’à une date récente, « a cherché à créer un autre discours, le respect mutuel et l’unité ».

Nitzan Horowitz, leader du Meretz, a aussi pris la défense de Beilin dont il a condamné « la scandaleuse disqualification ».

« Il n’y a pas de meilleur candidat que Yossi, fondateur du programme Taglit, un homme qui aime son pays de tout son cœur, pour occuper cette fonction », a-t-il dit.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...