Un exercice militaire sur de multiples fronts organisé dans le nord du pays
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Un exercice militaire sur de multiples fronts organisé dans le nord du pays

L'exercice "Flèche meurtrière" a simulé des combats au Liban, en Syrie, à Gaza et ailleurs contre des groupes mandataires iraniens et des organisations palestiniennes

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des soldats de l'armée israélienne prennent part à un vaste exercice, "Flèche meurtrière", qui simule la guerre dans le nord, au mois d'octobre 2020. (Crédit : Armée israélienne)
Des soldats de l'armée israélienne prennent part à un vaste exercice, "Flèche meurtrière", qui simule la guerre dans le nord, au mois d'octobre 2020. (Crédit : Armée israélienne)

L’armée israélienne a terminé, jeudi, son tout premier exercice de l’année : la simulation d’une future guerre contre le Hezbollah et d’autres groupes mandataires iraniens et celle d’un conflit moins important dans la bande de Gaza, un entraînement qui a eu lieu dans le nord du pays.

Intitulé « Flèche meurtrière », l’exercice a visé à améliorer les capacités offensives des militaires et en particulier le nombre de cibles frappées chaque jour, selon de hauts-responsables de l’armée israélienne.

L’exercice, qui a commencé dimanche, a été le plus large de toute l’armée 2020, réunissant à la fois les unités mobilisées et les réservistes – même si son envergure a toutefois été significativement réduite en raison de la pandémie de coronavirus.

« Cet exercice est un exercice particulier pour trois raisons principales : la première, c’est que nous nous fixons l’objectif d’améliorer nos capacités d’attaque ; la deuxième, c’est que c’est un exercice qui réunit tout le monde, depuis le simple bataillon en remontant jusqu’à l’état-major, avec toute la coordination et toute la coopération nécessaires jusqu’en haut de la chaîne de commandement et une coopération entre les différentes branches militaires », a commenté Aviv Kohavi, jeudi, au cours d’un entretien avec de hauts-responsables militaires prenant part à l’exercice.

« Enfin, cet exercice compte un certain nombre d’éléments que nous sommes en train d’assimiler au sein de l’armée », a-t-il ajouté.

Le chef de l’état-major de l’armée, Aviv Kohavi, au centre, parle avec des officiers pendant un exercice à haute-échelle, « Flèche meurtrière », le 29 octobre 2020. (Crédit : Armée israélienne)

Le porte-parole de l’armée israélienne Hidai Zilberman a indiqué aux journalistes que l’exercice avait simulé le pire : une guerre contre le Hezbollah et ses forces alliés au Liban et en Syrie, contre les groupes terroristes à Gaza et contre les groupes mandataires iraniens « dans des pays avec lesquels nous n’avons pas de frontières ». Il a refusé de spécifier lesquels.

Le scénario a compris l’idée de bombardements massifs d’artillerie sur l’Etat juif – sous la forme de simples roquettes ou de missiles de précision – ainsi que des frappes aux missiles de croisière, a précisé Zilberman.

Le général de brigade Saar Tzur, à la tête de la 162e Division de blindés, qui a pris part à l’exercice, a indiqué que les militaires avaient également simulé la prise de territoires israéliens par le Hezbollah dans des raids transfrontaliers. L’entraînement s’est basé sur les plans présumés du groupe terroriste de capturer des villes frontalières en Galilée au début d’un futur conflit.

« Notre boulot, c’était de les restreindre dans la zone », a commenté Tzur.

Des partisans du groupe terroriste du Hezbollah sur des motos ornées du drapeau du mouvement chiite dans la région de Marjayoun, au sud du Liban, à la frontière avec Israël, le 25 mai 2020. (Crédit : Mahmoud Zayyat/AFP)

Selon Zilberman, l’exercice a aussi été l’occasion de tester les nouveaux plans du Commandement du nord en temps de guerre, des plans qui ont été approuvés il y a environ deux semaines. La frontière avec le Liban a été le théâtre de tensions ces derniers mois suite à des menaces de représailles proférées par le Hezbollah – qui ne les a pas encore mises à exécution – après la mort de l’un de ses combattants en Syrie au cours d’une frappe aérienne qui avait été attribuée, au mois de juillet, à Israël.

« Nous sommes préparés – après cet exercice, nous le sommes encore davantage – et nous sommes prêts à faire face à toutes les situations, qu’il s’agisse d’une journée de combat ou davantage », a commenté Kohavi.

La dite « Flèche meurtrière » – ou « Hetz Katlani » en hébreu – a compris la première utilisation par l’armée de sa dite « Unité rouge », créée au début de l’année pour tenir le rôle des forces ennemies au cours d’exercices. La 99e Division, une unité multidisciplinaire qui avait été formée il y a deux mois, a aussi pris par à cet entraînement pour la toute première fois, ainsi que sa Brigade de Commando et sa dite « Unité fantôme », créée cette année pour tester de nouveaux styles, de nouvelles techniques et de nouveaux équipements de combat, a souligné l’armée.

Un soldat de l’armée fait voler un petit drone dans le cadre d’un exercice à grande échelle, « Flèche meurtrière », simulant la guerre dans le nord, au mois d’octobre 2020. (Crédit : Armée israélienne)

L’exercice a également été l’un des premiers à s’appuyer sur le groupe de travail des cibles de l’armée israélienne, formé l’année dernière. « Il a été créé il y a un an et il travaille sur des milliers de cibles. Et ces milliers de cibles doivent se traduire – lorsque c’est nécessaire – en frappes d’un haut-niveau de précision qui, pour autant que je le sache, sont sans précédent dans l’histoire », a déclaré Kohavi, jeudi.

La majorité des manœuvres terrestres, dans l’exercice, ont été accomplies par la 162e Division de blindés, qui comprend les brigades Nahal et Givati et la 401e Brigade blindée. L’armée de l’air israélienne a aussi pris part à l’exercice, utilisant notamment l’avion furtif F-35 qui a mené des missions offensives et défensives, selon le général de brigade Amir Lazar, à la tête de la Division aérienne de l’armée de l’air, responsable des exercices.

Tzur a expliqué que ses troupes se concentraient sur l’identification et la destruction rapides des cibles ennemies.

« L’objectif que j’avais fixé était de cent cibles par jour. Dans certains cas, nous avons surpassé ce chiffre », a-t-il dit, notant que ces cibles étaient venues s’ajouter à celles détruites par les forces aériennes.

Lazar a expliqué aux journalistes qu’en plus des frappes aériennes sur des cibles situées à proximité de la frontière et à longue distance des lignes ennemies, les forces aériennes avaient aussi simulé des attaques extensives sur le front intérieur.

Des combattants du Hezbollah sur une voiture transportant une fausse roquette pendant un défilé, fêtent le septième jour d’Ashoura dans le village de Seksakiyeh, au sud du Liban, le 9 octobre 2016. (Crédit : AP Photo/Mohammed Zaatari/File)

« Nous considérons la région nord comme un défi sérieux dans la défense de l’espace aérien de la nation, qu’il s’agisse des missiles de croisière ou des drones de différents types », a-t-il dit.

Le Hezbollah contrôlerait, selon les estimations, un arsenal constitué de 130 000 roquettes et obus de mortier, la majorité de fabrication simple, appelés munitions « statistiques », mais également un petit nombre – qui ne cesse néanmoins d’augmenter – de missiles de précision qui représentent une menace bien plus importante pour l’Etat juif.

Lazar a indiqué que les F-35 étaient utilisés dans certaines opérations défensives et qu’ils représentaient « un bond en avant dans les capacités de l’Etat d’Israël et de l’armée israélienne ».

Les forces aériennes ont également travaillé en lien étroit avec les forces terrestres, offrant leur soutien aux unités d’infanterie et de blindés, ont précisé les militaires.

La marine israélienne a aussi participé de manière « significative » à l’exercice, a expliqué l’armée.

« La marine a fait des exercices de défense des eaux économiques de l’Etat d’Israël, de ses ressources stratégiques dans la mer, et a mis à l’épreuve ses capacités offensives et de renseignement contre l’ennemi », a indiqué l’armée, se référant aux plateformes de gaz naturel sur la côte qui ont été définies, par le gouvernement, comme sites stratégiques nationaux.

Même si l’exercice a compris des manœuvres terrestres, aériennes et maritimes et que des milliers de soldats y ont participé, « Flèche meurtrière » s’est majoritairement moins concentré sur la capacité des mouvements de troupe et davantage sur les compétences de communication et le travail fourni par les centres de commandement qui supervisent les conflits.

Un soldat de l’armée israélienne, issu d’une unité de technologie, participe à un exercice de grande échelle, « Flèche meurtrière », simulant la guerre dans le nord, au mois d’octobre 2020. (Crédit : Armée israélienne)

De plus, les unités de logistique, de cyberdéfense et de télécommunications ont simulé leur rôle au cours d’un futur conflit, a continué Zilberman, ajoutant que « Flèche meurtrière » avait consisté, dans les faits, en « des exercices à l’intérieur d’autres exercices eux-mêmes à l’intérieur d’autres exercices ».

Au vu de la pandémie de coronavirus, l’exercice a été bien moins important que ceux qui avaient été à l’origine planifiés – même si le chef d’état-major avait insisté sur le fait qu’il aurait bien lieu.

« Nous avons limité l’enrôlement des recrues et des réservistes autant que possible sans pour autant sacrifier l’exercice », a expliqué Zilberman.

Le porte-parole a ajouté que les militaires devaient faire le bilan de l’exercice en termes de cas d’infection au coronavirus et qu’il contrôlait la situation.

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