Un expert prédit une « pandémie » de la cybersécurité après celle du coronavirus
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Un expert prédit une « pandémie » de la cybersécurité après celle du coronavirus

Alors que les entreprises, les hôpitaux et les gouvernements s'efforcent de lancer des opérations en ligne, les pirates informatiques trouvent un terrain fertile pour les attaques

Le PDG de Check Point, Gil Shwed, prend la parole à la Conférence et exposition Cybertech Israël, à Tel Aviv le 31 janvier 2017. (Miriam Alster / Flash90)
Le PDG de Check Point, Gil Shwed, prend la parole à la Conférence et exposition Cybertech Israël, à Tel Aviv le 31 janvier 2017. (Miriam Alster / Flash90)

Une « pandémie » de cybersécurité suivra probablement celle du coronavirus, car une pléthore d’entreprises et d’entités gouvernementales dans le monde entier s’empressent de fournir et d’obtenir des services en ligne sans assurer une protection adéquate contre les pirates informatiques, a averti le fondateur et PDG de la plus grande entreprise de cybersécurité israélienne.

« La pandémie de corona est peut-être terminée, mais nous devons nous protéger contre la cyberpandémie qui s’annonce », a déclaré Gil Shwed, le fondateur et PDG de Check Point Software Technologies Ltd. « Nous devons la prévenir. Nous savons qu’elle arrive, nous savons qu’elle va se produire » et nous devons nous assurer qu’elle ne causera pas « autant de dégâts que la pandémie initiale ».

M. Shwed s’est exprimé dimanche lors d’un sommet informatique international consacré à l’impact de la pandémie de coronavirus.

Le virus a tué des centaines de milliers de personnes dans le monde et en a infecté des millions, entraînant dans son sillage une crise économique sans précédent causée par la fermeture des entreprises et la restriction des activités dans le but de freiner la propagation de l’agent pathogène mortel. Le virus a également créé des « opportunités sans précédent » pour les pirates informatiques, ont averti les chercheurs en cybersécurité de Check Point.

Une vidéo publiée sur des sites israéliens visés par une cyber-attaque, le 21 mai 2020. (Capture d’écran)

Dans un rapport publié au début du mois, les chercheurs de la société de cybersécurité, dont le chiffre d’affaires s’élève à 15,7 milliards de dollars, ont déclaré avoir constaté une augmentation de 30 % des cyberattaques liées aux coronavirus en trois semaines, avec 192 000 attaques de ce type par semaine dans le monde.

Alors que les entreprises, les hôpitaux, les prestataires médicaux et les gouvernements créent des sites web ou déplacent leurs opérations en ligne et dans le nuage en raison du confinement, et que de plus en plus d’employés travaillent depuis leur domicile, les pirates informatiques disposent d’un terrain encore plus fertile pour leurs attaques, tentant de trouver les faiblesses des ordinateurs personnels ou des serveurs dans le nuage pour accéder à des informations précieuses.

Les entreprises et les gouvernements étaient traditionnellement structurés de manière à contenir toutes leurs informations les plus sensibles en un seul endroit, mais du jour au lendemain, en raison de la pandémie de coronavirus, tout cela a changé, et les entités ont dû supprimer les obstacles à leurs informations pour les rendre disponibles pour un accès à distance.

Au cours des trois derniers mois, l’évolution technologique des entreprises et des entités a été avancée de cinq, voire dix ans, à cause du coronavirus, a commenté M. Shwed.

Certains services gouvernementaux sont passés du jour au lendemain d’une absence totale de présence en ligne à l’idée qu’Internet soit au centre de leurs activités, a-t-il dit. « Et le niveau de sécurité de beaucoup d’entre eux est bien trop faible. C’est quelque chose que nous devons vraiment durcir ».

Tout cela fera également évoluer la cybersécurité.

« Maintenant, nous devons sécuriser les ordinateurs des gens chez eux, afin qu’ils ne soient pas pris d’assaut », a souligné l’expert. « Nous devons nous informer sur les nouvelles tentatives d’intrusion à distance. Nous voyons beaucoup de « trous dans l’environnement » et nous devons apprendre à connaître les nouvelles évolutions du côté des pirates informatiques ».

« Les entreprises ont déplacé des tonnes d’applications vers le nuage très, très, très rapidement et nous devons nous assurer qu’il s’agit d’un environnement sécurisé », a-t-il expliqué . C’est « très difficile », car il constitue un cadre assez nouveau, et les niveaux de sécurité, tant pour les sites web que pour les applications dans le nuage, sont « très, très en retard ».

Le sommet informatique mondial, appelé « The New Tomorrow », qui se déroule jusqu’au 3 juin, est organisé par le Conseil israélo-américain (IAC) et le Centre Peres pour la paix et l’innovation, et verra une liste d’orateurs issus des secteurs de la technologie et de la santé, ainsi que des économistes et des chefs d’entreprise, discuter de la nouvelle norme en réponse à la pandémie.

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