Un F-16 israélien s’écrase après l’attaque de « cibles iraniennes » en Syrie
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Un F-16 israélien s’écrase après l’attaque de « cibles iraniennes » en Syrie

L'un des pilotes a été gravement blessé ; L'armée a intercepté un drone venu du territoire syrien ; 12 cibles iraniennes et syriennes visées

Une photo prise dans le nord, au kibboutz israélien de Harduf le 10 février 2018 montre les restes d'un F-16 qui s'est écrasé après avoir été attaqué par les défenses aériennes syriennes (Crédit : AFP / Jack GUEZ)
Une photo prise dans le nord, au kibboutz israélien de Harduf le 10 février 2018 montre les restes d'un F-16 qui s'est écrasé après avoir été attaqué par les défenses aériennes syriennes (Crédit : AFP / Jack GUEZ)

Un avion de combat F16 israélien s’est écrasé en Israël samedi alors que l’armée menait des attaques contre des « cibles iraniennes » en Syrie après avoir intercepté un drone venu du territoire syrien, a annoncé l’armée.

« Les Forces de défense israéliennes ont ciblé des systèmes de contrôle iraniens en Syrie qui avaient envoyé le drone dans l’espace aérien israélien. Tirs anti-aériens syriens intenses, un F16 s’est écrasé en Israël, les pilotes sont sains et saufs », avait d’abord déclaré sur Twitter un porte-parole militaire, le lieutenant Jonathan Conricus.

L’état de santé d’un des pilotes a été ensuite qualifié de « gravement blessé ».

Un communiqué de l’armée a par ailleurs précisé que les forces israéliennes avaient identifié un « drone iranien » lancé depuis la Syrie et l’avaient intercepté dans l’espace aérien israélien avec un hélicoptère de combat.

L’aviation israélienne a frappé 12 cibles, y compris trois batteries de défense anti-aériennes et quatre cibles iraniennes non précisées mais « appartenant au dispositif militaire iranien en Syrie », a plus tard affirmé l’armée dans un communiqué.

La police a annoncé que le F16 s’était écrasé dans la région de la vallée de Jezreel, à l’est de la ville de Haïfa, dans le nord d’Israël.

Selon le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) Rami Abdel Rahmane, les raids israéliens ont visé des cibles dans l’est de la province de Homs (centre), dans une région où sont présents, a-t-il dit, des forces iraniennes et des membres du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah.

L’armée israélienne a prévenu qu’elle considérait « l’attaque iranienne et la riposte syrienne comme une violation grave de la souveraineté israélienne ». Elle surveille la situation « et est totalement prête à de nouvelles actions, en fonction de son évaluation de la situation et des nécessités ».

Une photo prise le 10 février 2018 montre des soldats israéliens prenant position dans le plateau du Golan près de la frontière syrienne. (Crédit : AFP / JALAA MAREY)

« L’Iran est responsable de cette grave violation de la souveraineté israélienne », a déclaré le porte-parole Jonathan Conricus sur Twitter.

La défense anti-aérienne syrienne a repoussé samedi « une agression » israélienne sur une base militaire dans le centre de la Syrie, a indiqué de son côté l’agence officielle Sana, en affirmant que « plus d’un avion » israélien avait été touché par les tirs.

L’agence Sana, citant une source militaire, a indiqué que « l’ennemi sioniste » avait « mené à l’aube une nouvelle agression contre l’une des bases militaires dans le centre du pays ». « Nos défenses anti-aériennes l’ont repoussée et (ont) touché plus d’un avion », a-t-elle ajouté.

Quelques heures plus tard, la défense anti-aérienne a indiqué avoir repoussé une nouvelle attaque de l’armée de l’air israélienne près de la capitale Damas, toujours selon l’agence officielle Sana qui n’a pas précisé dans l’immédiat les cibles visées dans le cadre de cette deuxième attaque.

L’accès de fièvre a commencé dans la nuit avec l’interception par l’armée israélienne d’un drone présenté comme iranien au-dessus de son territoire. « Un hélicoptère de combat a procédé à l’interception réussi d’un appareil sans pilote qui avait été lancé de Syrie et est entré en Israël », avait indiqué l’armée israélienne dans un communiqué. « En représailles, l’armée a visé des cibles iraniennes en Syrie ».

L’armée a ensuite précisé qu’elle avait visé des éléments du système de lancement de l’appareil sans pilote.

Les avions israéliens ont alors essuyé « de multiples tirs de missiles anti-aériens », a-t-elle dit. Les pilotes de l’un des avions ont dû s’éjecter et sont retombés en territoire israélien, où ils ont été emmenés à l’hôpital. L’un d’eux est gravement blessé.

Une photo prise dans le nord du kibboutz israélien de Harduf le 10 février 2018 montre des soldats israéliens installant des tentes près des restes d’un F-16 qui s’est écrasé après avoir été attaqué par les défenses aériennes syriennes (Crédit : AFP / Jack GUEZ)

L’Iran, ennemi juré d’Israël, aide militairement le régime syrien de Bachar Al-Assad dans le conflit qui ravage la Syrie depuis 2011.

Israël et la Syrie sont techniquement toujours en état de guerre, même si le calme avait régné pendant des décennies entre les deux pays.

Depuis 2011 et le début de la guerre civile en Syrie, les incidents frontaliers se sont cependant multipliés avec notamment des tirs de projectiles (roquettes etc…) tombant du côté israélien du plateau du Golan.

L’Etat hébreu s’emploie à rester à l’écart du conflit mais a toutefois admis avoir mené des dizaines de frappes contre, selon lui, des convois d’armes destinés à l’un de ses grands ennemis, le Hezbollah libanais, qui combat au côté des forces gouvernementales syriennes.

L’armée israélienne vient en aide aux blessés syriens de la guerre.

« Prêts à tous les scénarios »

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu n’a cessé au cours des derniers mois de mettre en garde contre l’expansion de l’Iran dans la région, et de prévenir vigoureusement qu’Israël ne permettrait pas que la présence iranienne en Syrie menace ses intérêts.

M. Netanyahu s’emploie ardemment à pousser la Russie, autre acteur du conflit et allié du régime syrien et de l’Iran, à contenir les agissements de la République islamique iranienne.

Lors d’entretiens à Moscou le mois dernier, M. Netanyahu avait souligné le « danger » de voir l’Iran prendre pied militairement en Syrie et y produire des armes de précision.

« Nous n’accepterons aucun des deux et nous agirons en fonction de nos besoins », avait-il dit après sa rencontre avec le président Vladimir Poutine.

Mardi, il s’était rendu avec des membres de son gouvernement sur le plateau du Golan pour un briefing de sécurité.

« Nous sommes pour la paix, mais nous sommes prêts à tous les scénarios et nous ne conseillons à personne de nous chercher », avait-il averti.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avec le président russe Vladimir Poutine, à Moscou, le 21 septembre 2015. (Crédit : ambassade d’Israël en Russie)
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