Un film sur Aube dorée et les néo-nazis ordinaires, en multilangues sur internet
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Un film sur Aube dorée et les néo-nazis ordinaires, en multilangues sur internet

La réalisatrice Angélique Kourounis a pu pénétrer le siège ultra-protégé du parti, ou le domicile d'un cadre qui exhibe fièrement ses exemplaires de Mein Kampf et d'un ouvrage de Goebbels

Des partisans du parti néonazi grec Aube dorée. Illustration. (Crédit : AFP)
Des partisans du parti néonazi grec Aube dorée. Illustration. (Crédit : AFP)

Plongée passionnante et risquée au sein d’un parti néonazi toujours troisième dans les sondages grecs, « Aube Dorée : une Affaire Personnelle », d’Angélique Kourounis, est disponible depuis dimanche sur internet en six langues.

Le documentaire, présenté depuis 2016 dans une douzaine de festivals européens et américains, plusieurs fois récompensé, montre comment l’ex-groupuscule a prospéré sur la crise, obtenant en permanence depuis 2012 17 ou 18 députés sur 300, et une base constante de 7 à 8 % d’intentions de vote.

Ces électeurs semblent plus sensibles aux discours de fierté nationale d’Aube dorée, aux distributions de denrées gratuites [aux seuls Grecs, carte d’identité exigée] que rebutés par la violence raciste et le décorum d’inspiration ouvertement nazie du parti.

La réalisatrice, pour qui Aube dorée constitue au contraire « une affaire personnelle » – « mon homme est juif, un de mes fils gay, un autre anar et je suis féministe de gauche, fille d’immigré », énonce-t-elle, l’a filmé sur plusieurs années.

La vitrine brisée du siège du parti néo-nazi Aube dorée, à Athènes, le 31 mars 2017. (Crédit : Angelos Tzortzinis/AFP)
La vitrine brisée du siège du parti néo-nazi Aube dorée, à Athènes, le 31 mars 2017. (Crédit : Angelos Tzortzinis/AFP)

Elle a pu pénétrer dans son siège ultra-protégé, ou chez un cadre qui lui exhibe fièrement ses exemplaires de Mein Kampf et d’un ouvrage de Goebbels.

Il l’emmène à une réunion de section, où les propos échangés paraissent étrangement modérés. Par un micro laissé étourdiment ouvert, on comprend vite qu’il s’agit d’une mise en scène destinée à flatter l’image d’Aube dorée.

Cicatrices, membre cassé ou crâne toujours déformé par les coups reçus, deux victimes, afghane et pakistanaise, jettent une lumière plus crue sur la réalité.

La réalisatrice souligne aussi les liens, voire la complicité, d’une partie du clergé orthodoxe et de la police avec Aube dorée.

Après avoir longtemps ignoré les exactions, l’ancien gouvernement avait réagi vivement au meurtre d’un rappeur grec par un membre d’Aube dorée, en septembre 2013.

Des dizaines de militants, et tous les chefs d’Aube dorée, sont ainsi jugés depuis avril 2015 pour appartenance à une bande criminelle. Mais le procès s’éternise.

Partisans du parti ultra nationaliste grec Aube dorée. Illustration. (Crédit : Aris Messinis/AFP)
Partisans du parti ultra nationaliste grec Aube dorée. Illustration. (Crédit : Aris Messinis/AFP)

Outre les festivals, le documentaire de 90 minutes a été projeté 170 fois pour des groupes et associations, et bientôt au Parlement européen.

Il a servi de témoin au procès d’Aube dorée, et a permis en avril de confondre un militant auteur d’une agression.

Produit par omniatv, plateforme en ligne d’information politique et sociale, il est disponible sur goldendawnapersonalaffair.com, en grec, français, anglais, et allait l’être dimanche, a indiqué la réalisatrice à l’AFP, en allemand et sous-titré en espagnol, catalan, italien et tchèque. Des versions sous-titrées en basque et turc sont en préparation pour les mois prochains.

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