Un fonctionnaire veut « étouffer » les ultra-orthodoxes de son quartier de Jérusalem
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Un fonctionnaire veut « étouffer » les ultra-orthodoxes de son quartier de Jérusalem

Le maire a appelé au renvoi de ce directeur de centre communautaire qui voulait projeter des films pendant Shabbat pour faire fuir les harédim

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Des étudiants dans une yeshiva harédi (Crédit photo: Nati Shohat/Flash90)
Des étudiants dans une yeshiva harédi (Crédit photo: Nati Shohat/Flash90)

Un responsable a Jérusalem a appelé à « étouffer » des résidents ultra-orthodoxes du quartier de Kiryat Yovel, ce qui lui a valu une pluie de condamnations mardi.

Le directeur du centre communautaire Yovelim s’est exprimé sur la venue de familles ultra-orthodoxes à Kiryat Yovel et a décrit son plan pour les « étouffer », en prévoyant des évènements culturels tels que des projections de films pour les résidents laïcs, spécifiquement dans les quartiers à forte densité orthodoxe.

« Quand on les étouffe, ils partent… C’est comme ça que ça marche aujourd’hui », a-t-il déclaré sur les ondes de la radio militaire.

Les propos de Levi ont déclenché une vive critique de la part de plusieus politiciens, qui ont appelé à son renvoi.

Il s’est ensuite excusé.

Dans une lettre adressée au président des centres communautaires de Jérusalem, le mare Nir Barkat a appelé au renvoi de Levi. Il a affirmé qu’il serait « inacceptable » d’ignorer de tels propos, de la part d’un fonctionnaire payé par la mairie et le ministère de l’Éducation.

Un homme ultra-orthodoxe dans les rues de Kiryat Yovel, à Jérusalem, le 19 août 2014. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Un homme ultra-orthodoxe dans les rues de Kiryat Yovel, à Jérusalem, le 19 août 2014. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le président Reuven Rivlin a soutenu l’appel de Barkat dans une publication Facebook : « un agent de la fonction publique est dans l’obligation de servir l’ensemble de la population, et non pas certains groupes spécifiques ».

Le ministre de l’Éducation Naftali Bennett (Habayit Hayehudi) a appelé à une clarification immédiate des propos tenus par le directeur du centre communautaire. « Je n’accepterai aucune forme de discrimination, de racisme ni de haine à l’égard des harédim ni d’aucun autre groupe au sein de l’État d’Israël », a déclaré Bennett.

Le ministre de l’intérieur Arye Deri (Shas) a décrit Levi « indigne de la fonction publique, et clairement pas dans un quartier aussi délicat que celui de Kiryat Yovel ».

Des immeubles du quartier de Kiryat Yovel à Jerusalem, le 19 février 2017. (Crédit : Yaakov Lederman/Flash90)
Des immeubles du quartier de Kiryat Yovel à Jerusalem, le 19 février 2017. (Crédit : Yaakov Lederman/Flash90)

Le député Uri Maklev (Yahadout HaTorah) a qualifié les propos de Levi « d’antisémites » et a ajouté qu’il « ne peut pas agir contre les résidents harédi du quartier dont il est responsable ».

Au cours des dix dernières années, Kiryat Yovel est devenu un point central d’une disparité entre religieux et laïcs à Jérusalem. Depuis sa création en 1952, le quartier a maintenu sa population hétérogène, composée d’Israéliens de tous bords religieux, mais sans communauté ultra-orthodoxe.

Après la création d’une école maternelle ultra-orthodoxe en 2008, les résidents laïcs de Kiryat Yovel ont commencé à se plaindre de ce qu’ils ont décrit comme une prise de contrôle du quartier par les harédim.

Ces membres assurent n’avoir aucun problème avec les résidents eux-mêmes, mais s’inquiètent de la tendance anti-pluraliste qu’ils voient dans la communauté.

Quelques heures après avoir tenu ces propos, Levi s’est excusé. Il a affirmé que ses paroles ont été sorties de leur contexte, et « qu’étouffer » les juifs ultra-orthodoxes ne reflétait pas sa véritable vision.

Dans la lettre d’excuses adressée au président de Yovalim, Levi n’a pas évoqué une quelconque intention de démission.

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