Un Gazaoui de 44 ans inculpé pour le meurtre d’un jeune homme en Galilée
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Un Gazaoui de 44 ans inculpé pour le meurtre d’un jeune homme en Galilée

Wisam Abu al-Hasana, qui vivait illégalement et sous un faux-nom en Israël, aurait tué Adel Khatib et ensuite demandé à ses parents 400 000 shekels de rançon

Adel Khatib (Crédit : Police israélienne)
Adel Khatib (Crédit : Police israélienne)

Les procureurs ont déposé lundi un acte d’accusation pour meurtre contre un homme de Gaza, suite à l’assassinat d’Adel Khatib, 17 ans, il y a deux mois dans la ville de Shfaram, dans le nord du pays.

Wisam Abu al-Hasana, 44 ans, est accusé d’avoir kidnappé et assassiné l’adolescent début décembre, puis d’avoir enterré son corps dans une fosse à l’extérieur d’une école du quartier Ein Afiya de Shfaram.

La disparition du jeune garçon a été signalée le 4 décembre. Ses parents ont indiqué à la police qu’il n’était pas revenu de l’école. Des recherches intensives ont été lancées. La police et les services de secours ont déployé des unités canines, des unités de la police montée, des hélicoptères, des traqueurs et des bénévoles pour passer la région au peigne fin, selon la Douzième chaîne.

Le 5 décembre, les équipes de recherche ont trouvé un site, derrière l’école, qui semblait avoir été récemment creusé. La police a fouillé dans le sol et y a découvert le corps de Khatib, qui présentait des signes de violence.

La ville de Shfaram dans le nord d’Israël. (Crédit : Wikipedia/מרכז להב”ה שפרעם מאלבום חוסין שאער/CC BY)

Après avoir initialement suspecté un groupe d’amis du jeune homme, puis une famille voisine qui s’était longtemps disputée avec la famille de Khatib, les enquêteurs ont rapidement conclu qu’aucun de ces suspects ne pouvait être coupable. L’enquête s’est ensuite tournée vers un examen minutieux des images des caméras de sécurité de divers lieux et entreprises de la ville.

C’est ainsi que la police a découvert des images de al-Hasana, un Gazaoui qui vivait illégalement à Shfaram sous le pseudonyme de Wisam Sakaran. Il a conduit Khatib, le jour du meurtre, à l’endroit où son corps a été retrouvé, indique l’acte d’accusation. D’autres images montrent al-Hasana muni d’une binette ce jour-là.

Un ami de la famille a également trouvé une lettre de rançon sur une voiture garée près du domicile des Khatib, réclamant 400 000 shekels en échange d’informations qui permettraient de ramener le jeune garçon sain et sauf.

La police a alors lancé une chasse à l’homme pour retrouver al-Hasana, qui avait disparu. Il a été retrouvé début janvier. Il se cachait dans un chantier de la ville voisine de Tamra.

Des enquêteurs de police sur le site d’un crime, commis le 4 décembre 2019, où a été retrouvé Adel Khatib, dans le quartier de Ein Afiya, à Shfaram, en Galilée.Photo prise le 5 décembre 2019. (Crédit : police israélienne)

Durant l’interrogatoire, al-Hasana a d’abord nié le meurtre, mais a ensuite avoué, une fois confronté aux images de vidéo-surveillance. Il a ensuite reconstitué le crime devant les enquêteurs.

Il a déclaré aux enquêteurs qu’il avait repéré le garçon et l’avait attiré vers les lieux du crime en lui disant qu’il avait un cadeau pour lui. Ils avaient brièvement travaillé ensemble sur un chantier et se connaissaient vaguement. Al-Hasana avait également travaillé pour l’oncle de Khatib.

Quand le jeune garçon est arrivé sur place, al-Hasana a réalisé (selon sa déposition), qu’il ne pourrait pas le cacher après l’avoir enlevé, et l’a attaqué par derrière, le poignardant à plusieurs reprises.

Le lendemain du meurtre, al-Hasana a placé une lettre de rançon sur une voiture du quartier ou vivait le jeune homme. Il tentait apparemment de gagner du temps et avait précisé dans la lettre qu’un appel à la police mettrait la vie de l’adolescent en danger.

Adel Khatib, 17 ans, victime d’un meurtre. (Via Zman Yisrael)

Le lendemain, al-Hasana a quitté la ville et s’est caché à Tamra, où il été  retrouvé par la police un mois plus tard.

Al-Hasana était entré en Israël avec un permis humanitaire en 2010, avant de retourner à Gaza. Il a été à nouveau autoriser à entrer en Israël en 2015 pour bénéficier de soins médicaux, mais il a quitté l’hôpital et s’est installé à Shfaram.

Durant l’interrogatoire du mois dernier, il a déclaré à la police qu’il avait eu l’intention d’envoyer l’argent de la rançon à sa famille, restée à Gaza.

Le meurtre de Khatib a secoué les résidents. Shfaram abrite une population éclectique composée de musulmans sunnites, de chrétiens, de druzes. Des centaines de personnes se sont rendues au domicile de la famille Khatib pour présenter leurs condoléances.

« Mon cœur est déchiré », a déclaré Ahsraf Khatib, père de la victime, au site Ynet le jour où le corps de son fils a été localisé. « Nous n’avons pas encore intégré l’idée de l’avoir perdu. Nous l’enlacions à chaque fois qu’il rentrait à la maison. Cette fois, il est parti et n’est jamais revenu. »

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