Rechercher

Un géant high-tech boycotte El Al pour « discrimination à l’égard des femmes »

Un vol New York/Israël de la compagnie El Al a eu un retard de 75 minutes car des ultra-orthodoxes refusaient de s'asseoir à côté de femmes

Un avion El Al sur le tarmac de l'aéroport international Ben Gurion. 26 février 2015. (Moshe Shai/FLASH90)
Un avion El Al sur le tarmac de l'aéroport international Ben Gurion. 26 février 2015. (Moshe Shai/FLASH90)

Le patron d’une grande société de high-tech israélienne a annoncé lundi que sa société boycotterait El Al après qu’un vol entre New York et Israël cette semaine a été retardé de plus d’une heure en raison du refus d’un certain nombre d’hommes ultra-orthodoxes de s’asseoir à côté des femmes.

Le PDG de NICE System, Barak Eilam, a publié sur Facebook que « chez NICE, nous ne faisons pas affaire avec des entreprises qui font de la discrimination raciale, sexuelle ou religieuse ».

Le fournisseur de logiciels d’entreprise basé à Raanana est l’une des plus grandes sociétés de haute technologie d’Israël avec un chiffre d’affaires annuel de plus d’un milliard de dollars.

« NICE ne volera pas avec El Al tant qu’ils n’auront pas changé leurs pratiques et leurs actions discriminatoires à l’égard des femmes », a ajouté Eilam.

En réponse au message d’Eilam, le PDG d’El Al, Gonen Usishkin, a écrit sur sa propre page Facebook que la compagnie nationale israélienne est « une entreprise égalitaire sans distinction de religion, de race ou de sexe ».

« A l’avenir, un passager qui refuse de s’asseoir à côté d’un autre passager sera immédiatement débarqué du vol », a ajouté M. Usishkin.

Khen Rotem, qui était à bord du vol, a déclaré que les passagers prenaient leur place dans l’avion à l’aéroport international John F. Kennedy lorsque quatre hommes ultra-orthodoxes sont montés à bord et ont refusé de prendre leur place, car ils étaient à côté de femmes.

L’un d’entre eux, précise-t-il, qui était « particulièrement religieux et ascétique », est monté à bord de l’avion les yeux fermés et les a gardés fermés pendant toute la durée du vol, pour éviter de regarder toute femme à bord.

« L’équipage essaie de résoudre le problème. Ça ne marche pas. Les hôtesses de l’air dégagent des places pour les hommes intransigeants à bord… les ultra-orthodoxes refusent de parler avec les hôtesses de l’air, ou même de les regarder », a écrit Rotem dans un post sur Facebook vendredi.

« Tous les hommes de l’équipage, à l’exception du capitaine, ne s’occupent plus que de cela au lieu de se préparer au décollage et de prendre en charge les passagers. Les ultra-orthodoxes ne cèdent pas. L’un des membres de l’équipage menace : « Si vous ne voulez pas vous asseoir, vous allez sortir de l’avion immédiatement », a ajouté Rotem.

Malgré la menace, l’équipage a fini par céder après une longue négociation, « commençant le long processus diplomatique consistant à déplacer les passagers féminins de leur place ».

Finalement, « après beaucoup de contorsions, de cris et de négociations », une Américaine âgée et une jeune Israélienne ont accepté de changer de siège, ce qui a permis à l’avion de décoller.

Rotem a noté que d’autres hommes portant la kippa à bord ont exprimé « surprise et dégoût » devant la conduite des quatre hommes ultra-orthodoxes.

« Conclusion : Pendant que l’avion d’El-Al traitait de questions de théologie pratique et de croyance personnelle contre les droits individuels et l’ordre public, 12 avions d’autres compagnies sont passés devant l’avion [d’El-Al] », a-t-il écrit, précisant que le retard était d’une durée de 75 minutes.

Rotem a demandé à El Al de préciser si la compagnie aérienne avait une politique officielle sur la question.

« Tout voyageur peut-il demander – et obtenir – le déplacement d’autres passagers pour son bien-être personnel et en accord avec ses croyances ? Ou s’agit-il d’un privilège réservé à une catégorie de voyageurs ? », a-t-il écrit.

El Al s’est ensuite excusé pour le « désagrément » causé.

« Toute discrimination à l’encontre des passagers est absolument interdite. Les agents de bord d’El Al font tout ce qu’ils peuvent pour fournir un service à une grande variété de passagers avec des demandes différentes et diverses et essaient d’aider de leur mieux », a déclaré la chaîne d’information Hadashot TV en citant la compagnie.

« Tout cela afin de décoller à l’heure et de permettre aux passagers d’arriver à destination dans les temps », a-t-il ajouté.

El Al est réputé pour demander fréquemment aux passagers de se déplacer à la demande – et parfois sur l’exigence – d’hommes ultra-orthodoxes qui refusent de s’asseoir à côté des femmes.

L’année dernière, le tribunal de première instance de Jérusalem a décidé qu’El Al ne peut pas forcer les femmes à changer de siège à la demande d’hommes ultra-orthodoxes. Le tribunal a donné raison au Centre d’action religieuse d’Israël, qui a intenté une action en justice, en statuant que la pratique était illégale et discriminatoire.

JTA a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...
S'inscrire ou se connecter
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
Se connecter avec
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation
S'inscrire pour continuer
Se connecter avec
Se connecter pour continuer
S'inscrire ou se connecter
Se connecter avec
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un email à gal@rgbmedia.org.
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.