Un groupe éducatif juif israélien atteint les 1 000 étudiants en France
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Un groupe éducatif juif israélien atteint les 1 000 étudiants en France

Les menaces antisémites en France pourraient être à l'origine de ce regain d'intérêt pour l'identité et la tradition fondatrice du judaïsme

Des milliers de personnes participent à la cérémonie d'éclairage public de la menorah mise par le mouvement 'Habad-Loubavitch, le 6 décembre 2015 à Paris, première nuit de Hanoukka. (Crédit  : 'Habad.org/Thierry Guez)
Des milliers de personnes participent à la cérémonie d'éclairage public de la menorah mise par le mouvement 'Habad-Loubavitch, le 6 décembre 2015 à Paris, première nuit de Hanoukka. (Crédit : 'Habad.org/Thierry Guez)

Un groupe éducatif juif basé en Israël, Dirshu, a enrôlé son 1 000e élève en France qui suivra des cours consacrés à l’étude du Talmud, un texte central de la tradition juive.

Ce niveau actuel de recrutement est atteint deux ans après que Dirshu, qui a été fondé en 1997, a lancé son cycle d’études actuel en France, a expliqué mercredi à JTA le rabbin Naftali Levy, chef des opérations du groupe.

L’organisation, active aux Etats-Unis, au Canada, en Israël et au-delà, facilite les sessions d’apprentissage en groupe et en ligne de segments tirés du Talmud, ce qui permet de renforcer l’identité juive et les connaissances au sein des communautés juives. Le budget annuel de ses opérations en France s’élève à approximativement à 80 000 dollars, a fait savoir un porte-parole du groupe.

La France héberge une communauté de 500 000 Juifs et un réseau d’institutions éducatives liées au mouvement ‘Habad qui figurent parmi les meilleures écoles du pays. Les organisations juives non religieuses fournissent une série de programmes d’études sur les aspects laïcs du judaïsme. Au mois de mars, la Librairie numérique européenne d’études juives – basée à Paris – a lancé une nouvelle session de cours sur la vie et sur les écrits du philosophe Emmanuel Lévinas.

Toutefois, a expliqué Levy, tandis que la France compte des milliers de jeunes hommes dans ses Yeshivas – ou séminaires religieux – dotées de programmes intensifs, ainsi qu’une scène culturelle vibrante, il « y a un manque de connaissances parmi les juifs ordinaires originaires de milieux traditionnels ou orthodoxes. Nous leur donnons les moyens d’approfondir leur savoir », a-t-il indiqué à JTA.

Beaucoup d’étudiants des classes – organisées dans des centres communautaires juifs et dans des synagogues à Paris, Lyon, Strasbourg et plusieurs autres municipalités – sont de jeunes professionnels. D’autres sont des retraités. Le personnel employé par Dirshu, constitué d’environ 20 rabbins, donnent des leçons à des fréquences variées, qui vont d’une fois à quatre fois par semaine.

Les menaces que la communauté juive française doit affonter – des centaines d’agressions et d’incidents antisémites par an qui, selon les observatoires, seraient commis majoritairement par des Musulmans et l’extrême-droite émergente – ont généré un intérêt croissant pour les sources et l’identité juive, a ajouté Levy qui la semaine dernière a accueilli en France le fondateur de Dirshu, le rabbin Dovid Hofstedter.

« En période de crise, une communauté telle que la communauté française, qui a des racines profondes dans la tradition juive indépendamment de la familiarité avec le Talmud, tend à se serrer les coudes », a-t-il constaté. « Il y a un désir de tirer de la force de nos sources ».

— JTA

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