Un groupe palestinien réclame l’arrestation de Nir Barkat à Davos
Al-Haq a accusé Nir Barkat, qui participe à la fameuse conférence internationale, de "crimes internationaux" ; Barkat riposte : "Aucun groupe terroriste ne me dissuadera"

Le groupe palestinien Al-Haq a fait savoir jeudi qu’il avait, avec d’autres organisations, déposé une plainte en Suisse contre le ministre israélien de l’Économie Nir Barkat, qui se trouve à Davos, pour « crimes internationaux ».
Le groupe – que Jérusalem a inscrit que sa liste noire des organisations terroristes – a diffusé un message indiquant que ce membre du Likud, qui est aussi ancien maire de Jérusalem, « est actuellement présent à #Davos », notant que « le procureur général est tenu d’examiner l’affaire pendant qu’il se trouve dans le pays ».
C’est à Davos que se tient la conférence annuelle du Forum économique mondial, qui rassemble l’élite économique et politique internationale. Barkat s’y trouve pour encourager les investissements en Israël et pour y rencontrer des responsables étrangers. Le président Isaac Herzog est également présent, ainsi que de nombreux autres leaders venus du monde entier.
Al-Haq ne détaille pas, dans ses publications, les « crimes » dont Barkat se serait rendu coupable, et les autres groupes à l’origine de la plainte ne sont pas mentionnés. Toutefois, cette demande est la dernière initiative en date de la part d’un groupe pro-palestinien qui cherche à poursuivre des Israéliens à l’étranger pour des crimes de guerre présumés commis à Gaza ou en Cisjordanie.
« Davos ne peut pas être un refuge pour les criminels de guerre, un lieu où des personnes faisant l’objet d’accusations graves bénéficient de l’impunité », a estimé le groupe dans le fil de discussion.
Une autre organisation, la Fondation Hind Rajab, a appelé à procéder à l’arrestation, à l’international, d’Israéliens ayant servi à Gaza – souvent en les identifiant à partir de posts diffusés sur les réseaux sociaux, puis en demandant aux autorités de pays étrangers de les placer en détention pour crimes de guerre présumés. Au début de la semaine, un comédien israélien qui avait partagé une vidéo controversée depuis Gaza a raconté avoir été placé en détention pendant six heures au Canada suite à une plainte qui avait été déposée par Hind Rajab.
Il est difficile de dire si la Fondation Hind Rajab a été impliquée dans la plainte contre Barkat. La Fondation n’y a fait aucune référence sur son propre compte, sur le réseau social X.
Al-Haq a affirmé dans un message sur X que Barkat, en tant que ministre de l’Économie, « est responsable de la colonisation illégale par Israël des territoires palestiniens occupés et des actions d’Israël à Gaza ». L’organisation a aussi prétendu qu’il avait encouragé le « génocide ». Elle n’a pas précisé la nature des propos polémiques qu’il aurait cité.
Le groupe a aussi fait savoir que Barkat, en tant que maire de Jérusalem de 2008 à 2018, était « responsable à titre individuel de crimes internationaux en lien avec les colonies israéliennes illégales, et notamment d’apartheid ». Il a déclaré : « Il doit faire l’objet d’une enquête pour son rôle dans la planification, la délivrance de permis, dans l’application et les démolitions qui se sont produites dans Jérusalem occupée ».
Une grande partie du monde considère que Jérusalem-Est est illégalement occupée par Israël. Israël, qui avait conquis Jérusalem-Est lors de la guerre des Six Jours en 1967 et qui avait annexé le territoire il y a plus de quatre décennies, considère ce secteur de la ville comme faisant partie intégrante de la capitale indivisible du pays.
Barkat a diffusé la capture d’écran d’un article consacré à la menace proférée par l’organisation en écrivant : « Aucun groupe terroriste ne me dissuadera. Je continuerai à développer l’économie israélienne et à représenter l’État sans crainte et ce, partout dans le monde ».
Al-Haq, qu’Israël a désigné comme groupe terroriste en 2021, aux côtés de plusieurs autres ONG palestiniennes – l’État juif les accuse d’être des façades pour l’organisation terroriste Front populaire de libération de la Palestine – avait déjà intenté une action en justice internationale contre Israël.
Avec deux autres groupes, il avait demandé à la Cour pénale internationale d’arrêter les dirigeants israéliens pour génocide à Gaza au mois de novembre 2023, peu après le pogrom commis par le Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023, une attaque sanglante qui avait fait plus de 1 200 morts et qui avait été à l’origine de la guerre à Gaza.
Les États-Unis ont sanctionné Al-Haq et les deux autres groupes en 2025.
Al-Haq avait également tenté sans succès de bloquer l’exportation britannique de pièces détachées pour avions de combat F-35 vers Israël.







