Un groupe sioniste écarté de la SlutWalk à Chicago
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Un groupe sioniste écarté de la SlutWalk à Chicago

Munis de parapluies rouges, les militants ont bloqué les panneaux brandis par les membres du mouvement Zioness, qui ont quitté prématurément la manifestation, en signe de protestation

Une représentante de Jewish Voice for Peace, Scout Bratt , lors de la SlutWalk Chicago le 12 août 2017. (Crédit : Capture d'écran/YouTube)
Une représentante de Jewish Voice for Peace, Scout Bratt , lors de la SlutWalk Chicago le 12 août 2017. (Crédit : Capture d'écran/YouTube)

Une dizaine de militants du mouvement Zioness ont tenté de participer à la SlutWalk à Chicago samedi, et ont fait face aux protestations des organisateurs.

Le groupe, qui se définit comme progressiste et sioniste, avait annoncé, avant la manifestation, son intention de participer à la parade annuelle SlutWalk, qui condamne la violence sexuelle, afin de montrer que le sionisme et les valeurs libérales sont compatibles.

Les organisateurs de la SlutWalk, à Chicago, avaient indiqué qu’ils n’étaient pas en faveur de la participation de l’initiative Zioness.

« SlutWalk Chicago ne soutient pas l’intention des « progressistes de Zioness » à participer à la manifestation de samedi. SlutWalk Chicago se tient aux côtés du peuple juif de la même façon qu’il se tient aux côtés des droits des Palestiniens. Ces deux idéologies peuvent coexister, et prendre position contre l’antisémitisme n’est pas synonyme de soutien à l’État d’Israël et de son occupation de la Palestine », a écrit le groupe sur sa page Facebook.

« Nous nous opposons à tous les gouvernements oppressants, qu’ils soient aux États-Unis ou en Israël, car nous estimons que ces régimes oppriment souvent les femmes de manière disproportionnée. Nous sommes écœurés qu’un groupe s’empare d’une journée dédiée aux survivants de la culture du viol pour promouvoir son propre programme nationaliste », poursuit la publication.

Les femmes ont rejoint la manifestation dans un parc de la ville, brandissant des panneaux sur lesquels figuraient des femmes portant un collier avec une étoile de David, d’autres portants un tee-shirt aux couleurs de l’arc -en- ciel, avec une étoile de David, selon les médias. Au cours du rassemblement, quand les femmes du groupes Zioness agitaient leurs panneaux, les participants de la SlutWalk les cachaient derrière des parapluies rouges, le symbole de solidarité avec les travailleurs sexuels.

À la fin des discours, qui se sont conclus par les paroles d’un militant palestinien affirmant à la foule que « l’on ne peut pas être sioniste et féministe », la foule a scandé « Libérez la Palestine », selon le Windy City Times.

Les participantes du mouvement Zioness ainsi que d’autres militantes ont quitté la manifestation en arrivant au centre-ville de Chicago, toujours selon le Windy City Times. La manifestation a commencé avec 150 femmes environ, pour ne se terminer qu’avec 60.

Les manifestants se sont arrêtés devant la Trump Tower pour y détruire une représentation de Donald Trump. Vers la fin de la manifestation, certains participants ont affronté la police, ce qui a donné lieu à cinq arrestations.

Les organisateurs de la SlutWalk avaient initialement annoncé qu’ils interdiraient les Étoiles de David de leur manifestation, mais ont ensuite assoupli leur politique en autorisant les symboles religieux, mais pas les drapeaux nationaux.

Cette décision de la SlutWalk fait suite à la controverse qui a entouré la Chicago Dyke March en juin, quand trois participants juifs à une manifestation pro-LGBTQ ont été exclus parce qu’ils brandissaient des drapeaux aux couleurs du mouvement LGBTQ, avec une étoile de David. Les organisateurs de la Dyke March avaient affirmé que les femmes défendaient Israël lors d’un évènement anti-sioniste.

Vendredi, SlutWalk Chicago a publié un communiqué intitulé « Les droits des Palestiniens sont une cause féministe ».

« En tant que mouvement transnational et féministe, appelant à mettre un terme à la culture du viol, nous défilons en signe de solidarité avec les Palestiniens, qui souffrent des politiques brutales de l’État d’Israël. Les raisons sont simples. Pour reprendre les termes de Linda Sarsour, l’une des organisatrices de la Women’s March de 2014, qui a également organisé A Day Without Woman, « soit vous défendez les droits de toutes les femmes, y compris ceux des Palestiniennes, soit vous ne les défendez pas ». En deux mots, les droits des femmes sont les droits de l’Homme », indique le communiqué.

« Si les droits des Palestiniens sont dégradés par les politiques de l’État d’Israël sur l’ensemble du territoire qu’il contrôle, notamment la Cisjordanie et Gaza, où Israël surveille les entrées et les sorties, dans ce blocus militaire vieux de dix ans, les droits des femmes palestiniennes sont particulièrement déshumanisants », poursuit le communiqué.

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