Un Hamas impatient cherche un retour aux faveurs égyptiennes
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Un Hamas impatient cherche un retour aux faveurs égyptiennes

L’Egypte a une liste de demandes pour le groupe terroriste, y compris la rupture des liens avec les Frères musulmans et un contrôle plus strict de la frontière Gaza – Sinaï

Le président égyptien Abdel Fattah el-Sissi, le 4 mai 2014 (Crédit : AFP / STR)
Le président égyptien Abdel Fattah el-Sissi, le 4 mai 2014 (Crédit : AFP / STR)

Une délégation du Hamas est au Caire pour ce qu’un diplomate palestinien expérimenté a appelé dimanche un effort renouvelé de l’organisation terroriste pour normaliser les relations avec le plus grand pays du monde arabe, autrefois un allié. Mais l’Egypte a une liste de concessions qu’elle attend que le Hamas exécute, a déclaré le diplomate.

Les relations entre les deux parties ont chuté quand Mohammed Morsi des Frères musulmans, a été évincé de la présidence en 2013, et remplacé par l’ancien chef de l’armée, Abdel-Fattah el-Sissi.

L’Egypte a depuis accusé le Hamas, qui dirige la bande de Gaza et est allié aux Frères musulmans, de soutenir la branche de l’Etat islamique dans la péninsule du Sinaï. Le Caire a également affirmé que le Hamas, avec les Frères musulmans égyptiens, était responsable de l’assassinat de son procureur en chef, Hisham Barakat, en juin 2015.

Le diplomate palestinien a déclaré dimanche au Ahram Online, le site du journal égyptien Al-Ahram, que le Hamas avait senti la pression du gouvernement égyptien, et est impatient de normaliser les relations abîmées.

« Ces pressions comprennent des accusations d’implication dans l’assassinat du premier procureur d’Egypte, ainsi qu’une campagne médiatique égyptienne qui nuit à l’image du mouvement devant l’opinion publique égyptienne, qui est considérée comme l’un des incubateurs les plus importants sur le sujet palestinien », a déclaré le diplomate à Ahram.

Le ministre égyptien de l'Intérieur Magdy Abdel Ghaffar pendant une conférence de presse au Caire, le 6 mars 2016, accuse le Hamas d'être impliqué dans l'assassinat en 2015 du procureur en chef du pays, Hisham Barakat. (Crédit : AFP / STRINGER)
Le ministre égyptien de l’Intérieur Magdy Abdel Ghaffar pendant une conférence de presse au Caire, le 6 mars 2016, accuse le Hamas d’être impliqué dans l’assassinat en 2015 du procureur en chef du pays, Hisham Barakat. (Crédit : AFP / STRINGER)

Le diplomate a également déclaré au site internet que le Hamas sent « la perte du leadership égyptien, qui diffère en importance de toute autre forme de leadership en ce qui concerne son rôle général sur le sujet palestinien. »

En conséquence, a déclaré le diplomate, le Hamas est volontaire pour faire des concessions à l’Egypte, y compris sur un contrôle plus strict le long de la frontière Gaza – Sinaï. Cette concession pourrait entraîner le déploiement le long de la frontière de la propre garde du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, dirigeant du mouvement Fatah évincé de Gaza par le Hamas il y a presque dix ans.

Les demandes de l’Egypte comprennent aussi l’interrogatoire par le Hamas d’individus recherchés pour leur rôle présumé dans le meurtre du procureur, ou même leur remise au Caire. Elle veut aussi que le Hamas rompe ses liens avec les Frères musulmans, qui sont maintenant illégaux en Egypte. Le Hamas semble être disposé à écouter cette demande, et aurait enlevé les affiches des Frères musulmans à Gaza à la suite de la première série de négociations avec l’Egypte en début de mois.

Mais le diplomate palestinien a rappelé que malgré ce geste, le Hamas « a toujours un long test devant lui, où il doit surmonter beaucoup d’obstacles ».

En retour, le Hamas veut que l’Egypte ouvre le poste-frontière majoritairement fermé de Rafah, entre Gaza et le Sinaï, a annoncé Ahram Online. Il cherche également à mettre fin aux inondations des tunnels passant sous la frontière, et le retour de quatre officiels du Hamas qui ont été arrêtés dans le Sinaï en août dernier. Les frontières du territoire de Gaza ont été scellées par ses voisins, l’Egypte et Israël, à cause de l’activité terroriste du Hamas.

Forces du Hamas en patrouille à la frontière entre Gaza et l'Egypte (Crédit : Abed Rahim Khatab/ Flash 90)
Forces du Hamas en patrouille à la frontière entre Gaza et l’Egypte (Crédit : Abed Rahim Khatab/ Flash 90)

Depuis septembre 2015, l’armée égyptienne a régulièrement pompé de l’eau de mer dans le réseau de tunnels souterrains transfrontaliers entre le Sinaï et Gaza dans une campagne visant à éradiquer l’activité terroriste le long de la frontière.

« Nous devons attendre et voir la réponse de l’Egypte aux demandes du Hamas », a déclaré dimanche le diplomate à Ahram.

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