Un haut responsable de l’UE évoque une confédération Israël-Palestine
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Un haut responsable de l’UE évoque une confédération Israël-Palestine

Malgré la position européenne, le président du Parlement propose de résoudre le conflit par un partenariat

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le président du Parlement européen, Martin Schulz, avant de recevoir un doctorat honorifique de l'université hébraïque, lors d'une cérémonie à Jérusalem, le mardi 11 février 2014. (Crédit : Flash90)
Le président du Parlement européen, Martin Schulz, avant de recevoir un doctorat honorifique de l'université hébraïque, lors d'une cérémonie à Jérusalem, le mardi 11 février 2014. (Crédit : Flash90)

Le conflit israélo-palestinien pourrait se résoudre grâce à la solution à deux Etats ou à une confédération, a affirmé un haut responsable de l’Union européenne la semaine dernière, dans ce qui semble être une déclaration qui se différencie de la position officielle de l’Union européenne.

« La paix au Moyen-Orient n’est possible uniquement que si la mère de tous les conflits, le conflit entre Israéliens et Palestiniens, est résolu et que les deux peuples vivent ensemble dans deux États ou une confédération », a déclaré Martin Schulz, le président du Parlement européen, jeudi lors d’un discours à Düsseldorf, selon un article publié dans un hebdomadaire juif allemand.

On ne sait pas exactement ce que Schulz voulait dire quand il a utilisé le terme « confédération » (Staatenbund en allemand) comme une alternative à une solution à deux Etats. Staatenbund se réfère généralement à une ligue d’Etats dans lequel chaque Etat conserve sa pleine souveraineté.

La politique étrangère officielle de l’UE appelle sans ambiguïté à une solution à deux Etats. « Une solution négociée à de 2 États est le seul moyen d’apporter la paix et la sécurité durables que les Israéliens et les Palestiniens méritent », a affirmé la chef de la politique étrangère de l’UE Federica Mogherini, il y a quelques semaines.

En juillet, les 28 ministres des Affaires étrangères de l’Union ont déclaré leur engagement à la création d’un «Etat de Palestine indépendant, démocratique, contigu, souverain, et viable ». Ils ont réaffirmé « qu’il n’y a pas d’alternative à une solution négociée à 2 Etats ».

Le porte-parole de Schulz et le service diplomatique de l’UE à Bruxelles n’avaient toujours pas répondu aux requêtes du Times of Israel au moment de la publication de cet article.

Bien que l’idée d’une confédération ait été suggérée auparavant, elle a généralement été rejetée comme équivalant à une solution à un Etat, ce qui pourrait signifier la fin d’Israël en tant qu’Etat juif.

Schulz a fait ces remarques après avoir reçu un prix pour son « engagement courageux en faveur de la paix au Moyen Orient » décerné par un groupe appelé ‘Initiative allemande pour le Moyen-Orient’, ou DINO, qui a été co-fondée en 2006 par l’ancien chef de la communauté juive allemande, Paul Spiegel.

S’adressant aux 120 personnes présentes lors de l’événement, Schulz a déclaré que la violence en Israël est devenu « incontrôlable » puisqu’aussi bien le Premier ministre Benjamin Netanyahu que le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas n’ont « que très peu d’influence sur la population », a-t-il dit.

D’origine allemande, Schulz a en outre déclaré qu’Israël avait le droit de protéger ses citoyens face à la vague de terreur actuelle mais qu’il a besoin de sauvegarder le principe de proportionnalité, selon le site de Dino. La paix et la sécurité n’arriveront dans la région que quand un Etat palestinien sera créé, a-t-il été cité.

Le président du Parlement européen Martin Schulz (C) rencontre le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et le président de la Knesset Yuli Edelstein (à gauche), à Jérusalem, le 12 février 2014 (Crédit : Isaac Harari / flash 90)
Le président du Parlement européen Martin Schulz (C) rencontre le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et le président de la Knesset Yuli Edelstein (à gauche), à Jérusalem, le 12 février 2014 (Crédit : Isaac Harari / flash 90)

En février 2014, Schulz a provoqué un incident diplomatique mineur à Jérusalem quand, lors d’un discours généralement pro-israélien à la Knesset, il a semblé accuser le gouvernement de limiter la quantité d’eau que les Palestiniens pouvaient consommer.

Parlant dans sa langue maternelle, qui l’allemand, Schulz avait relaté une rencontre organisée deux jours plus tôt avec les jeunes Palestiniens à Ramallah. « L’une des questions de ces jeunes hommes qui m’a émue le plus était : Comment se fait-il que les Israéliens sont autorisés à utiliser 70 litres [d’eau] par jour et seulement 17 pour les Palestiniens? », a relaté Schulz.

À ce moment-là de son discours, plusieurs députés de droite ont crié en signe de protestation, appelant les chiffres des mensonges palestiniens, et un certain nombre d’élus du parti HaBayit HaYehudi sont sortis de la salle. Un peu plus tard, Netanyahu a accusé Schulz d’avoir « une ouïe sélective ».

A l’époque ministre de l’Economie et le président du parti HaBayit HaYehudi, Naftali Bennett, a également pris à partie Schulz et exigé des excuses. « Je ne vais pas accepter ce faux moralisme contre le peuple d’Israël, la Knesset d’Israël. Certainement pas en allemand », avait déclaré Bennett à l’époque. (Ils se sont reconciliés une semaine plus tard, quand Schulz lui a assuré qu’il soutiendrait toujours Israël.)

Schulz, qui est originaire d’Aachen, en Allemagne, est devenu président du Parlement européen en 2012. Il a d’abord fait l’objet des Unes à travers le monde en 2003, lorsque l’ancien Premier ministre italien, Silvio Berlusconi, lui a dit qu’il était le candidat idéal pour jouer un kapo dans un film nazi.

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