Un homme porte plainte après une violente agression antisémite à Paris
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Un homme porte plainte après une violente agression antisémite à Paris

David, 29 ans, a rapporté avoir été insulté de "sale Juif, sale fils de p…, sale race", puis avoir reçu des coups jeudi dernier dans le 19e arrondissement de Paris

Rue Archereau, vue de la rue de Crimée, dans le 19e arrondissement de Paris. (Crédit : CC BY-SA 3.0)
Rue Archereau, vue de la rue de Crimée, dans le 19e arrondissement de Paris. (Crédit : CC BY-SA 3.0)

Un homme, David, 29 ans, a porté plainte pour une violente agression antisémite survenue jeudi à Paris qui l’a laissé inconscient dans un immeuble, a-t-on appris mardi de source policière.

Ce père de famille, qui allait chercher sa fille de 7 mois au domicile de ses parents dans le 19e arrondissement de la capitale, raconte avoir été pris à partie par deux hommes alors qu’il se trouvait dans l’ascenseur, a expliqué une source policière confirmant une information du Parisien.

Il a rapporté avoir été insulté, traité de « sale Juif, Sale fils de p…, sale race » puis avoir reçu des coups. « T’es un homme mort ! On va te crever ! », ont rajouté ses agresseurs.

« Il dit s’être fait étrangler à plusieurs reprises puis a été poussé dans les escaliers et a perdu connaissance », a poursuivi la même source, précisant que l’homme s’était vu prescrire une incapacité totale de travail de dix jours, sous réserve d’autres examens.

Dans Le Parisien, il explique être « encore sous le choc, sonné » et dit avoir « l’impression d’avoir vécu un viol ». « C’était un mauvais film dont je ne voyais pas la fin », explique-t-il.

« Je venais chercher ma fille de 7 mois chez mes parents, rue Archereau (XIXe) », se souvient-il. « Ils la gardent pour les vacances. Deux jeunes hommes, parfaits inconnus, plutôt bien habillés, la vingtaine, ont surgi derrière moi quand je tapais le digicode. Ils se sont engouffrés avec moi dans l’ascenseur. Arrivés à l’étage de mes parents, ils m’ont sauté à la gorge alors que je sortais. J’ai essayé de crier. Je n’étais qu’à quelques mètres de la porte de leur appartement. Ils n’entendaient pas. Les portes sont épaisses. »

« L’un m’étranglait tandis que l’autre me rouait de coups de poing. Puis ils ont ouvert la porte de l’escalier de secours et m’ont balancé. J’ai dévalé les marches. J’étais en bas, à terre. Ils sont revenus me rouer de coups et m’arracher ma montre au poignet et encore m’étrangler. Là, vous voyez la mort. Vous n’avez plus de force. Vous ne respirez plus. Vous voulez juste que ça se termine. Après, j’ai un trou noir. »

C’est le père du jeune homme qui l’a découvert dans la cage d’escalier, s’inquiétant de ne pas le voir arriver. « Il les a entendus courir dans les escaliers. Je pense que sans lui, ils me laissaient pour mort », dit David.

« M’avaient-ils repéré les jours précédents en venant chercher ma fille dans ce quartier du 19e qui abrite une communauté juive importante. Je porte toujours la kippa », indique David.

L’homme a l’arcade sourcilière enflée, le corps couvert d’hématomes, un bout de dent cassé et des traces de strangulation.

« Les images me hantent. Ça tapait, ça tapait. J’étais comme un punching-ball. Je me dis, c’est ça, en 2020, on peut s’en prendre plein la gueule, gratuitement, juste parce que tu es Juif », explique-t-il.

Sa montre Rolex Submariner avait une valeur de 10 000 euros, selon la source policière.

Les parents ont appelé le commissariat du 19e, qui ne s’est pas déplacé. David a porté plainte dans le Val-de-Marne, où il vit.

« Nous demandons aux services de police chargés de l’enquête de tout mettre en œuvre (traces papillaires, tests ADN, vidéos surveillance, etc) pour identifier les agresseurs et les interpeller », a déclaré le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA) dans un communiqué, indiquant se constituer partie civile. La LICRA a également a annoncé saisir la justice et se tenir aux côtés de la victime.

« Nous avons transmis [la plainte] au procureur de la République », ajoute Sammy Ghozlan, président du BNVCA. « C’est important que la victime ne se sente pas seule. Nous voulons qu’il ait l’association derrière lui pour le soutenir. Et nous voulons aussi que les services enquêteurs mettent tout en œuvre pour retrouver les auteurs mus par la haine du Juif. »

Les agresseurs pourraient être retrouvés notamment grâce aux caméras de surveillance, qui les ont filmés.

Plusieurs internautes et représentants de la communauté juive, ainsi que la marie de Paris, Anne Hidalgo, ont réagi à l’agression sur les réseaux sociaux.

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