Un homme que la famille de la victime jugeait innocent libéré après 27 ans
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Un homme que la famille de la victime jugeait innocent libéré après 27 ans

Suleiman Al-Abeid, libéré à la fin de sa peine, avait avoué le viol et le meurtre d'une adolescente en 1993, mais s'était ensuite rétracté et avait insisté sur son innocence

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Suleiman al-Abeid, condamné pour le meurtre et le viol de Hanit Kikos en 1993, quitte la prison Maasiyahu après avoir purgé sa peine, le 17 juin 2020. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
Suleiman al-Abeid, condamné pour le meurtre et le viol de Hanit Kikos en 1993, quitte la prison Maasiyahu après avoir purgé sa peine, le 17 juin 2020. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Un homme a été libéré de prison mercredi à la fin de sa peine de 27 ans pour le meurtre et le viol d’une adolescente en 1993, crimes pour lesquels il a été condamné malgré des doutes qui avaient conduit la famille de sa victime à croire que le vrai coupable avait pu échapper à la justice.

Suleiman Al-Abeid a quitté la prison de Maasiyahu à Ramle, où il a purgé sa peine pour le meurtre de Hanit Kikos, qui avait 17 ans lorsqu’elle a disparu en 1993.

« Bien qu’il soit fort probable que la mauvaise personne ait été en prison, le temps est venu de mettre cette affaire de côté », a déclaré le père de Hanat Kikos, Rafi, à la Treizième chaîne, mardi, avant la libération de Suleiman Al-Abeid.

« Nous nous retrouvons avec notre douleur et son absence », a commenté M. Kikos. « J’ai dit à la police de vérifier d’autres possibilités, mais rien n’en est sorti. Je ne veux plus intervenir dans cette affaire, je ne veux pas m’en mêler, au nom de la paix familiale. A un certain moment, j’ai commencé à comprendre que la famille se déchirait à cause de ça ».

Suleiman Al-Abeid, qui résidait dans la ville de Rahat à majorité bédouine avant son incarcération, aurait pu bénéficier d’une libération conditionnelle anticipée il y a six ans s’il avait avoué les crimes et participé à des programmes de réhabilitation, mais il a refusé de le faire.

Hanit Kikos a été vue pour la dernière fois en train d’attendre à un site d’auto-stop à l’extérieur de sa ville natale d’Ofakim, dans le sud du pays, alors qu’elle essayait de se rendre à l’anniversaire d’un ami dans la ville de Beer Sheva.

Suleiman Al-Abeid, un conducteur de pelleteuse sur une décharge locale à qui a été diagnostiqué une déficience intellectuelle, a été arrêté huit jours après sa disparition, sur la base de témoignages de sa présence dans le secteur la même nuit. Il a d’abord nié toute implication, mais a ensuite déclaré à un informateur de la police placé dans sa cellule de détention qu’il avait commis les crimes.

Il a répété les aveux aux enquêteurs de la police et a même indiqué l’endroit où il a dit avoir jeté le corps de Hanat Kikos, mais ses restes n’y ont pas été retrouvés.

Plus tard, après avoir rencontré un avocat, il était revenu sur ses aveux et avait toujours clamé son innocence depuis.

Il a été condamné par le tribunal du district de Beer Sheva en 1993 par une décision partagée des juges. Il avait fait appel de cette décision devant la Cour suprême en 1995, mais avant que l’affaire ne soit entendue, le corps de Hanat Kikos a été retrouvé près de Beer Sheva, à un autre endroit de celui qu’il avait indiqué à la police.

La Cour suprême a ordonné au tribunal de district de reconsidérer la condamnation, mais elle est arrivée à la même conclusion partagée. Un panel de 12 juges de la Cour suprême a par la suite confirmé le jugement et l’a condamné à la perpétuité, bien que deux juges se soient prononcés en faveur de sa libération.

En 2009, le président Shimon Peres avait réduit sa peine de 33 à 27 ans.

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