Un homme tué par balle en voiture dans une vague de violence des villes arabes
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Un homme tué par balle en voiture dans une vague de violence des villes arabes

Un homme de 39 ans a été tué apparemment dans une fusillade en voiture dans le nord d'Israël ; un deuxième homme a été modérément blessé

Un homme de 39 ans a été tué par balle dans le village de Basmat Tabun en Galilée, le 30 décembre 2019. (MDA)
Un homme de 39 ans a été tué par balle dans le village de Basmat Tabun en Galilée, le 30 décembre 2019. (MDA)

Un homme de 39 ans a été tué par balle dans une présumée fusillade en voiture dans le village de Basmat Tabun en Galilée, lundi matin, lors du dernier incident de violence qui frappe la communauté arabe d’Israël.

Selon la presse israélienne, un deuxième homme d’une vingtaine d’années a également été touché par balle et modérément blessé. Tous deux ont été emmenés d’urgence à l’hôpital Rambam à Haïfa où le décès de l’homme âgé, identifié comme Mohammed Kamal Saadi, a été prononcé.

Selon le site d’information Walla, la police examine un lien possible entre la fusillade de lundi et le meurtre d’Ibrahim Saadi, le frère de la victime, dans le même village plusieurs mois auparavant.

La police a ouvert une enquête sur cet incident, qui s’est produit quelques jours après qu’un homme ait été abattu vendredi à l’extérieur de la ville de Deir al-Asad, dans le nord du pays.

Les urgences ont tenté de soigner la victime de la fusillade de vendredi, nommée samedi Jamal Ali Hasarma, 60 ans, mais il a été déclaré mort sur les lieux.

Au début de l’automne, un grand nombre d’Arabes israéliens ont participé à des manifestations contre la violence dans leurs communautés, appelant les autorités à prendre davantage de mesures pour enrayer le phénomène.

La police enquête sur les coups de feu tirés sur un homme de 39 ans dans le village de Basmat Tabun, le 30 décembre 2019. (Police d’Israël)

Les dirigeants arabes disent que la police israélienne ignore largement la violence dans leurs communautés, qui comprend les querelles familiales, les guerres de territoire de la mafia, la violence domestique et les crimes d’honneur.

Ces dernières années, les Arabes israéliens ont été impliqués dans un nombre de fusillades nettement plus élevé que les Juifs. Selon un rapport du Contrôleur de l’État de 2018, le taux de violations liées aux fusillades était 17,5 fois plus élevé chez les Arabes que chez les Juifs de 2014 à 2016.

Alors que de nombreux politiciens et militants arabes israéliens soutiennent que la police israélienne n’a pas pris suffisamment de mesures pour réprimer la violence dans leurs villes, les responsables de la sécurité ont fait valoir qu’ils ont du mal à gagner la confiance des membres de la communauté pour les aider dans leurs enquêtes.

Le 14 décembre, le président de la Liste arabe unie, Ayman Odeh, avait déclaré le gouvernement responsable de la violence armée qui sévit dans les villes arabes d’Israël, affirmant que les législateurs étaient plus intéressés à protéger le Premier ministre Benjamin Netanyahu de ses problèmes juridiques personnels qu’à protéger la vie des citoyens arabes.

Dans une déclaration, M. Odeh avait indiqué qu’à la suite de manifestations de masse dans la communauté, « un programme à grande échelle pour combattre la violence » dans la communauté arabe avait été retardé en raison de la dernière élection nationale.

Fin octobre, Netanyahu avait annoncé la formation d’un comité pour combattre la violence dans la communauté arabe. Mais l’état d’avancement de cette initiative n’est pas clair, étant donné que le pays est entré dans une période électorale pour la troisième fois en moins d’un an.

Les députés de la Liste arabe unie Ayman Odeh et Ahmad Tibi lors d’une manifestation contre les violences, le crime organisé et les meurtres récents au sein de la communauté arabe à Majd al-Krum, le 3 octobre 2019 (Crédit : David Cohen/Flash90)

Faisant référence au retard dans la mise en œuvre de la réforme sur la violence armée, Odeh avait déclaré : « C’est le résultat d’un gouvernement qui préfère protéger les criminels qui le dirigent plutôt que les civils [mis en danger par] les organisations criminelles ».

La déclaration du président de la Liste arabe unie majoritairement arabe était intervenue quelques heures après une série de crimes liés aux armes à feu dans les villes arabes.

Des coups de feu ont été tirés tôt le 14 décembre dans la maison du maire de la ville de Sakhnin en Galilée. Les assaillants ont également mis le feu à la voiture du maire Safwat Abu Raya. Cet incident faisait suite à d’autres attaques récentes contre des responsables municipaux arabes, notamment une fusillade quelques jours auparavant au domicile du chef du conseil local de Jadeidi-Makr qui a blessé modérément un agent de sécurité.

Selon la police, il y a eu plus de 70 meurtres dans les communautés arabes cette année, soit presque autant qu’au cours de chacune des deux dernières années. Les Arabes, qui représentent 20 % de la population générale, ont constitué plus de la moitié de toutes les victimes de meurtres dans le pays.

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