Un imam de Lod accusé d’incitation à la violence au milieu de tensions ethniques
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Un imam de Lod accusé d’incitation à la violence au milieu de tensions ethniques

Le cheikh Yusuf Albaz, 63 ans, est également accusé d'avoir averti le maire adjoint de Lod que les Arabes "donneraient leur âme pour vous apprendre à cesser vos brimades"

Sheikh Yusuf Albaz comparaît pour une audience au tribunal de première instance de Rishon Lezion le 17 juin 2021. (Flash90)
Sheikh Yusuf Albaz comparaît pour une audience au tribunal de première instance de Rishon Lezion le 17 juin 2021. (Flash90)

Un imam de Lod a été mis en examen jeudi pour incitation à la violence en lien avec des publications sur les réseaux sociaux qui semblaient encourager la violence contre la police et menacer le maire adjoint de la ville.

Sheikh Yusuf Albaz, 63 ans, a été arrêté le mois dernier, puis relâché en résidence surveillée.

Les charges contre Albaz ont été déposées devant le tribunal de première instance de Rishon Lezion après une enquête de police. L’accusation a demandé qu’Albaz soit soumis à des conditions restrictives pendant sa libération, notamment une interdiction d’accès à Internet et de voyages internationaux, et qu’il dépose une caution.

Les tensions entre les communautés juive et arabe d’Israël ont dégénéré en violence généralisée dans de nombreuses zones ethniquement mixtes le mois dernier, coïncidant avec le conflit de 11 jours à Gaza. Les villes mixtes du pays ont été transformées en véritables zones de guerre, la police ne parvenant pas à contenir ces troubles internes, les plus graves qui aient frappé le pays depuis des années.

Lod a été le théâtre de certaines des pires violences ethniques, un Juif et un Arabe ayant été tués dans des incidents distincts pendant les troubles.

Albaz a été inculpé pour avoir publié des messages sur les réseaux sociaux concernant des policiers à la suite des violences, ainsi que pour avoir menacé le maire adjoint de Lod, Yossi Harush.

Une voiture qui a été brûlée lors des récents affrontements entre les résidents juifs et arabes de Lod, dans la ville centrale israélienne de Lod, le 23 mai 2021. (Flash90)

« Je vous suggère d’arrêter vos intimidations, car votre provocation nous ramènera [aux émeutes] et vous paierez le prix de ces actions », aurait écrit Albaz. « Et en ce qui concerne la guerre dont vous nous menacez, Yossi Harush, nous vous promettons que nous abandonnerons sans peine nos âmes pour vous apprendre à arrêter vos brimades. »

Dans un clip partagé par Albaz, tiré du film d’horreur australien « Wolf Creek », on voit un homme assassiner des agents de la circulation après avoir reçu une contravention. Albaz a écrit: « La meilleure façon de faire face à l’injustice ».

Dans un clip de 2012 diffusé par la douzième chaîne, Albaz était montré s’adressant à une foule au milieu d’affrontements avec la police, accusant Israël de mener des « dizaines de massacres » et jurant qu’Israël « quittera la terre » avant les Arabes.

L’imam, qui est allié à la branche nord du Mouvement islamique, a également qualifié Israël d' »État ennemi » et souhaité la « mort » de « l’occupation sioniste » dans des messages en ligne.

Les procureurs ont déclaré qu’Albaz a été imam de la Grande Mosquée de Lod de 1991 à 2018, et qu’il était toujours reconnu comme imam après cette période, même s’il n’occupait pas officiellement ce poste.

Albaz a continué à prononcer des sermons dans la mosquée et dans d’autres dans le pays, les procureurs notant qu’il est suivi par des milliers de personnes sur les réseaux sociaux.

Après son arrestation, Albaz a été interrogé par les enquêteurs de l’unité 433 de Lahav et leur aurait dit qu’il ne retirait pas ce qu’il a dit sur les réseaux sociaux.

L’imam de Lod Yusuf Albaz (capture d’écran : YouTube)

« C’est mon Facebook. J’en suis responsable et je pense chaque mot que j’ai posté. Ce n’est pas de l’incitation à la violence », aurait dit Albaz aux enquêteurs.

À la fin du mois de mai, le service de sécurité Shin Bet a dit à Albaz qu’il devait modérer ses remarques ou il risquait d’être arrêté, a rapporté la douzième chaîne à l’époque.

L’avertissement a été émis car le Shin Bet hésitait à arrêter l’imam à un moment où les tensions à Lod étaient élevées, selon le rapport.

Dans les jours qui ont suivi, Albaz s’est apparemment conformé et a supprimé certains de ses messages les plus provocateurs, selon la chaîne.

« On lui a demandé d’appeler au calme, ce qu’il a fait », a déclaré l’avocat d’Albaz, Rais Abu Saif, au quotidien Haaretz à l’époque.

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