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Un influent économiste brésilien raille un collègue juif avec des tropes antisémites

Des organisations juives exigent des excuses après les accusations de double loyauté faites à la télé contre Ilan Goldfajn, banquier brésilien et israélien

Ilan Goldfajn, alors gouverneur de la Banque centrale du Brésil, s'exprime lors d'un forum à Washington, le 18 avril 2018. (Crédit : Jose Luis Magana/AP)
Ilan Goldfajn, alors gouverneur de la Banque centrale du Brésil, s'exprime lors d'un forum à Washington, le 18 avril 2018. (Crédit : Jose Luis Magana/AP)

RIO DE JANEIRO, Brésil (JTA) – Les organisations juives du Brésil exigent une rétractation après qu’un influent économiste a mis en doute la loyauté d’un économiste juif lors d’une interview diffusée par un organe de presse brésilien à grande audience.

Les propos visaient Ilan Goldfajn, un économiste brésilien-israélien qui a été récemment élu à la tête de la Inter-American Development Bank, qui soutient la croissance économique en Amérique latine et dans les Caraïbes.

Paulo Nogueira Batista Jr, ancien directeur exécutif du Fonds monétaire international (FMI), a déclaré lors de l’interview sur Jornal GGN que Goldfajn était hostile au gouvernement du président élu brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, mentionnant ses origines juives comme l’une des raisons. Dans son raisonnement, Batista a repris de nombreux tropes antisémites sur le pouvoir juif et la double loyauté.

« Il est avant tout un financier, lié au Trésor américain, à la communauté juive. En réalité, il est juif-brésilien, né à Haïfa, en Israël. Et la communauté juive est très présente au Trésor américain, au Fonds monétaire, dans les organisations internationales, pas seulement dans les banques privées », a déclaré Batista. « Il n’a, de brésilien, que son passeport ».

Batista s’est également moqué du nom de famille de Goldfajn, estimant qu’il était « imprononçable » car il n’était pas d’origine portugaise.

Goldfajn, 56 ans, est un ancien président de la Banque centrale du Brésil. Il a quitté Israël à un très jeune âge et a grandi à Rio de Janeiro, où il a fréquenté une école juive et est un membre actif de la communauté juive brésilienne.

Batista a fait ces déclarations le 16 décembre, mais elles n’ont attiré l’attention que le 24 décembre, suite à la condamnation de plusieurs organisations juives. Certaines personnalités non juives leur ont emboîté le pas, créant une véritable tempête dans les médias brésiliens cette semaine.

La Brazilian Israelite Confederation, l’organisation juive qui chapeaute le pays, a été la première à réagir.

« Batista a utilisé les vieux clichés antisémites utilisés par les fascistes et les racistes pour vilipender un citoyen brésilien qui a tellement contribué à notre pays », a déclaré le groupe dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux.

La fédération juive de Sao Paulo, qui représente la moitié des 120 000 Juifs du Brésil, en a fait autant.

« Associer les Juifs à l’argent et au pouvoir nous ramène aux pires moments de l’histoire de l’humanité qui ont abouti à la persécution et à la mort de nos ancêtres », a déclaré la fédération dans un communiqué.

Une communication de B’nai Brith Brasil a comparé les commentaires de Batista aux Protocoles des Sages de Sion, la fabulation tristement célèbre des antisémites européens. Et l’association sans but lucratif Jews for Democracy a qualifié cet épisode « d’exemple clair d’antisémitisme conspirationniste de gauche ». (Lula est de gauche, il a été élu de justesse, remplaçant Jair Bolsonaro, un nationaliste chrétien de droite qui a été un fervent partisan d’Israël lorsqu’il dirigeait le pays).

L’Institut Brésil-Israël a exigé des excuses publiques de Batista et de l’animateur de l’émission, Luis Nassif, qui a ensuite tweeté qu’il n’avait pas réagi parce qu’il considérait les propos comme xénophobes, mais pas antisémites.

« Ces propos sont aussi antisémites que s’ils venaient d’un manuel d’antisémitisme, établissant la relation classique entre les Juifs et l’argent, déclenchant la thèse d’un complot juif et répétant même une logique qui enlève aux Juifs la possibilité d’être brésiliens », a déclaré l’Institut Brésil-Israël.

Parlant couramment l’hébreu, l’anglais, le portugais et l’espagnol, Goldfajn est titulaire d’un doctorat du Massachusetts Institute of Technology (MIT) ainsi que d’une licence et d’une maîtrise de l’Université catholique pontificale de Rio de Janeiro. Au milieu des années 1990, il a été professeur à l’université Brandeis.

Au Brésil, il a été économiste en chef chez Itau, la plus grande banque privée du Brésil, et adjoint du gouverneur de la banque du Brésil, ainsi que conseiller auprès de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international.

En 2018, Goldfajn a été nommé par le magazine britannique The Banker « banquier central » de l’année en raison de sa réussite à la tête de la Banque centrale du Brésil, et de sa gestion de l’inflation annuelle du pays.

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