Un Israélo-Biélorusse arrêté en tentant de rejoindre l’EI en Syrie
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Un Israélo-Biélorusse arrêté en tentant de rejoindre l’EI en Syrie

Le père de 5 enfants, converti à l’islam pendant son service militaire, a été arrêté à l’aéroport en route pour la Turquie

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Valentin Vladmir Mazlevski, Israélo-Biélorusse accusé d'avoir tenté de rejoindre l'Etat islamique en Syrie, devant la cour du district de Nazareth, le 1er mars 2017. (Crédit : capture d'écran Dixième chaîne)
Valentin Vladmir Mazlevski, Israélo-Biélorusse accusé d'avoir tenté de rejoindre l'Etat islamique en Syrie, devant la cour du district de Nazareth, le 1er mars 2017. (Crédit : capture d'écran Dixième chaîne)

Un Israélo-Biélorusse a été arrêté alors qu’il tentait de rejoindre le groupe terroriste Etat islamique (EI) en Syrie, après avoir exprimé son soutien au groupe pendant les derniers 18 mois, selon l’acte d’inculpation présenté contre lui mercredi.

Le suspect, Valentin Vladmir Mazlevski, a été arrêté pendant une opération conjointe de la police et du Shin Bet en février. Les détails de l’affaire sont encore sous embargo avant sa mise en examen.

Alors qu’il était présenté devant la cour, Mazlevski a déclaré aux journalistes dans un mauvais arabe très accentué que « Dieu me vengera ».

Selon l’acte d’inculpation, Mazlevski a acheté un aller simple pour la Turquie en janvier, dans l’objectif de traverser la frontière syrienne et de rejoindre le groupe terroriste.

Il habite dans la ville arabe israélienne de Shibli–Umm al-Ghanam, la ville natale de son épouse. Le père de cinq enfants, âgé de 39 ans, a emménagé en Israël depuis la Biélorussie en 1996, à 18 ans, et s’est converti à l’islam quatre ans après, pendant qu’il était soldat de l’armée israélienne, a indiqué le Shin Bet.

Valentin Vladmir Mazlevski, Israélo-Biélorusse accusé d'avoir tenté de rejoindre l'Etat islamique en Syrie. (Crédit : Shin Bet)
Valentin Vladmir Mazlevski, Israélo-Biélorusse accusé d’avoir tenté de rejoindre l’Etat islamique en Syrie. (Crédit : Shin Bet)

« L’enquête a révélé que Mazlevski, qui était actif dans des groupes soutenant l’EI sur internet, a partagé les détails de ses intentions de se rendre en Syrie et a même coordonné son arrivée avec [les groupes] », a annoncé le Shin Bet.

Mazlevski aurait utilisé plusieurs méthodes pour communiquer avec d’autres partisans de l’EI, notamment l’application de messagerie instantanée Telegram.

Selon la police, le suspect était en contact avec le cheikh Assad al-Tawhid, également connu sous le nom d’Abu Huthaifah, qui a déjà combattu en Syrie.

La police connaissait le soutien de Mazlevski à l’EI depuis au moins juillet 2016. En février, il a été convoqué pour un « débriefing, pendant lequel il lui a été précisé que l’Etat islamique était une organisation illégale et il lui a été ordonné de cesser ses activités. »

Malgré l’avertissement de la police, Mazlevski a commencé à chercher comment rejoindre les combats en Syrie en octobre 2016. Il a contacté un prétendu combattant de l’EI en Syrie, qui s’est présenté comme « Abu Abdullah ». Mais avant qu’il ne puisse s’organiser, Abu Abdallah a cessé tout contact et a fait échouer les projets de Mazlevski, selon la police.

Un mois après, il a contacté un membre présumé de l’Etat islamique dans la péninsule du Sinaï, et a envisagé de rejoindre le combat contre les troupes égyptiennes dans cette région, a indiqué la police.

Des membres de l'unité paramilitaire irakienne Mobilisation Populaire célèbrent la reprise du village d'Albu Ajil, près de la ville de Tikrit, qui était détenu par l'Etat islamique, en agitant un drapeau du groupe terroriste, le 9 mars 2015 (Crédit : AFP/Ahmad al-Rubaye)
Des membres de l’unité paramilitaire irakienne Mobilisation Populaire célèbrent la reprise du village d’Albu Ajil, près de la ville de Tikrit, qui était détenu par l’Etat islamique, en agitant un drapeau du groupe terroriste, le 9 mars 2015 (Crédit : AFP/Ahmad al-Rubaye)

Apparemment non dissuadé, Mazlevski a contacté un combattant de l’EI en Syrie né en Russie en janvier, et a commencé à préparer son voyage en passant par la Turquie, selon l’acte d’inculpation.

Il a acheté son billet d’avion pour la Turquie et a économisé 3 650 shekels pour son voyage.

Mazlevski n’a jamais parlé de ses projets de voyage en Syrie à sa famille, selon la police.

Le 16 janvier 2017, il s’est rendu à l’aéroport international Ben Gurion pour prendre un vol pour la Turquie, mais a été arrêté là-bas. Le Shin Bet a déclaré avoir reçu des renseignements sur les projets de Mazlevski.

Il a été interrogé puis libéré. Dans les jours qui ont suivi, Mazlevski a tenté de supprimer toute trace de soutien à l’EI de son téléphone portable, en supprimant ses conversations et ses comptes, selon l’acte d’inculpation.

Mazlevski a été arrêté le 7 février. Pendant son interrogatoire, il a avoué avoir prévu de rejoindre l’EI afin de « répondre au commandement adressé à chaque vrai musulman de vivre dans un état islamique et de s’accrocher à sa croyance », a déclaré la police.

Le Shin Bet estime qu’une cinquantaine de citoyens arabes d’Israël se sont rendus en Syrie et en Irak pour rejoindre le groupe ces dernières années.

« Le Shin Bet voit le phénomène des Israéliens se rendant en Syrie et en Irak comme le plus dangereux », a indiqué l’agence.

Le service de sécurité a déclaré que beaucoup de ces personnes sont attirées par l’Etat islamique par des mensonges et des promesses d’ « aventures religieuses et militaires », mais sont profondément déçues par la réalité.

« Les interrogatoires d’Israéliens qui sont revenus de Syrie et d’Irak décrivent un tableau opposé, avec des conditions de vie difficiles et une vie sous la menace constante », a déclaré le Shin Bet.

Mercredi, Mazlevski a été accusé par la cour du district de Nazareth de contact avec un agent étranger, tentative de voyage dans un pays ennemi et obstruction à la justice pour avoir supprimé les informations de son téléphone.

Le procureur a demandé que Mazlevski soit maintenu en détention jusqu’à la fin du procès.

Le 20 février, un Arabe israélien avait été accusé d’avoir prévu des attaques terroristes au nom du groupe Etat islamique, notamment de faire exploser de bus transportant des soldats israéliens.

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