Rechercher

Un jeune prodige juif crée un site qui met en relation réfugiés ukrainiens et hôtes

Connu pour son site de suivi de COVID, Avi Schiffmann permet désormais à ceux qui fuient la guerre de localiser les abris à proximité en cliquant sur un lien sur leur smartphone

L'activiste Internet Avi Shiffmann crée son nouveau site Web UkraineTakeShelter.com visant à aider les réfugiés ukrainiens à trouver des hôtes dans d'autres pays. (Crédit : Courtoisie)
L'activiste Internet Avi Shiffmann crée son nouveau site Web UkraineTakeShelter.com visant à aider les réfugiés ukrainiens à trouver des hôtes dans d'autres pays. (Crédit : Courtoisie)

Un jeune prodige de l’informatique qui a créé un site Web pour tenir le monde informé de la propagation de la pandémie de Covid vient de lancer un nouveau site Web qui met en relation les réfugiés ukrainiens à des hôtes dans les pays voisins.

Après avoir assisté à une manifestation de soutien à l’Ukraine suite à son invasion par la Russie le 24 février, Avi Schiffmann, 19 ans, a décidé qu’il devait faire quelque chose pour aider plus d’un million de réfugiés fuyant l’Ukraine.

Avec le soutien de son camarade de classe de l’université de Harvard, Marco Burstein, et d’autres bénévoles qui ont prêté leurs compétences en informatique et en traduction, Schiffmann a lancé UkraineTakeShelter.com le 3 mars. Le site sécurisé met en relation des réfugiés ukrainiens à la recherche d’un logement avec des hôtes proposant de les accueillir.

« J’ai trouvé que ce qui existait déjà pour aider les réfugiés à trouver refuge était tout simplement trop maladroit et lent. Il fallait remplir des formulaires sur les sites web du gouvernement et attendre une réponse », a déclaré Schiffmann au Times of Israel dans une interview depuis San Diego.

« Il fallait proposer quelque chose de très simple et intuitif à utiliser. Les réfugiés sont très stressés, confus et perdus. Il fallait créer quelque chose qui simpflierait tout ça », a déclaré Schiffmann.

UkraineTakeShelter.com permet essentiellement de trouver des hôtes pour les réfugiés dans les pays entourant immédiatement la frontière occidentale de l’Ukraine : Pologne, Hongrie, Roumanie, Moldavie et Slovaquie.

Des réfugiés ukrainiens sont vus dans un abri temporaire au poste-frontière d’Ubla, dans l’est de la Slovaquie, le 27 février 2022. (Crédit : Peter Lazar/AFP)

Cependant, n’importe qui dans le monde peut accéder au site et offrir aux réfugiés un logement. L’Union européenne a annoncé un plan permettant aux réfugiés ukrainiens de vivre et de travailler dans l’UE pendant trois ans. Le Canada, qui abrite la deuxième plus grande diaspora ukrainienne en dehors de la Russie, a créé une Autorisation Canada-Ukraine pour les voyages d’urgence qui permettrait à un nombre illimité d’Ukrainiens d’entrer au Canada et d’y rester jusqu’à deux ans.

Les réfugiés peuvent simplement se rendre sur UkraineTakeShelter.com depuis leur smartphone ou leur ordinateur portable et entrer la ville la plus proche de laquelle ils se trouvent. Une liste d’hôtes à proximité apparaîtra. Les hôtes peuvent être contactés par Telegram, WhatsApp ou via des sites Web fournis sur leur liste.

Exemple de publication d’hôte sur la version mobile de UkraineTakeShelter.com. (Crédit : Capture d’écran)

Les réfugiés ne créent pas de compte sur le site, mais les hôtes doivent le faire afin de pouvoir saisir des informations, effectuer des mises à jour ou ajouter une nouvelle publication. Les hôtes peuvent suspendre ou réactiver une annonce, et ils sont invités à marquer les annonces comme remplies afin que les informations sur le site soient à jour.

« Un hôte peut être une famille de deux personnes ou une université pouvant accueillir 50 personnes dans un dortoir. Les organisations d’aide peuvent également publier sur le site », a précisé Schiffmann.

Le site comprend des filtres facultatifs permettant aux hôtes et aux réfugiés de désigner des informations spécifiques sur le logement proposé ou recherché. Il s’agit notamment de la garde d’enfants, du transport, du nombre de personnes, de la langue, de l’assistance juridique ou des premiers secours et de l’accueil ou non des animaux de compagnie. Les hôtes peuvent ajouter des commentaires ou des descriptions supplémentaires.

« Nous allons ajouter des filtres pour la préférence religieuse et pour la préférence de genre. Celles-ci sont importantes pour des questions de confort et de sécurité », a déclaré Schiffmann.

Les utilisateurs peuvent également signaler les annonces qu’ils jugent inappropriées ou dangereuses.

Exemple de page de recherche de la version mobile de UkraineTakeShelter.com. (Crédit : Capture d’écran)

Actuellement, le site est disponible en anglais et a été traduit en ukrainien et en polonais, ce qui signifie que le site apparaît automatiquement dans ces langues. Dans les prochaines 24 heures, le site sera traduit dans d’autres langues, notamment l’allemand, le roumain, le slovaque, le russe et le français. Schiffmann apprécierait l’aide de bénévoles pour les traductions dans d’autres langues, y compris l’hébreu et l’arabe.

Ni les réfugiés ni les hôtes ne fournissent leurs emplacements exacts pour des raisons de sécurité. Les réfugiés et les hôtes ne se connectent pas non plus directement via UkraineTakeShelter.com pour assurer la sécurité de tous.

« De cette façon, il n’y a aucune trace des conversations entre les réfugiés et les hôtes sur le site au cas où il serait piraté », a expliqué Shiffmann.

Il a cependant affirmé que des protections de pointe avaient été mises en place pour UkraineTakeShelter.com et que le site avait été contrôlé par des experts en cybersécurité. Des mesures ont été prises contre une éventuelle attaque par déni de service (DDoS) et une technologie anti-web scraping a été appliquée, entre autres précautions.

« Je m’inquiétais principalement du piratage du site par les Russes. Ils ont mené de nombreuses cyberattaques pendant cette guerre », a déclaré Schiffmann.

Il prévoit d’étendre ce nouveau site en le transformant en une plate-forme centralisée pour une multitude de ressources pour les réfugiés en ajoutant des informations telles que les pays qui accueillent des réfugiés et comment demander des visas et l’asile.

Le nouveau site Web UkraineTakeShelter.com d’Avi Shiffmann, activiste Internet de 19 ans, aide les réfugiés ukrainiens à trouver des hôtes dans d’autres pays. (Autorisation)

UkraineTakeShelter.com n’est qu’un autre exemple de la volonté du jeune expert en technologie de faire le bien. Après avoir créé son site de suivi COVID (pour lequel il a remporté un Webby Award), il a lancé 2020protests.com, un site avec des informations centralisées sur les manifestations de Black Lives Matter aux États-Unis. Toujours en 2020, il crée WhoTo.Vote, un site Web pour lutter contre la désinformation et présenter les principaux enjeux de l’élection américaine de 2020 de manière impartiale et conviviale.

Autodidacte passionné, Schiffmann préfère créer seul que d’être assis dans une salle de classe. Il a terminé son premier semestre à Harvard l’automne dernier et prend maintenant un congé pour poursuivre différents projets technologiques. Il voyage aux États-Unis et en Europe, séjourne dans des « maisons de hackers » et enrichit son réseau déjà étendu de mentors, de collègues et de collaborateurs.

Entrepreneur et leader en herbe, Schiffmann reconnaît qu’il ne pourrait pas faire démarrer ses projets aussi rapidement (il n’a dormi qu’environ cinq heures cette semaine pour faire fonctionner UkraineTakeShelter.com) sans le soutien des autres, y compris son ami Burstein , un codeur de talent.

Schiffmann concentre son attention principalement sur la technologie Web3 et Brain-Computer Interface (BCI). Il effectue actuellement un stage de recherche sur l’expérience utilisateur des patients dans les essais BCI au Massachusetts General Hospital, affilié à Harvard.

« Je me concentre à 100 % sur ce que je veux faire en ce moment », a déclaré Schiffmann.

Le jeune homme de 19 ans a de grands projets pour lancer de grandes entreprises et plateformes. Il veut être « une personne inspirante et un bon leader ». Il voit d’énormes possibilités de bonnes choses à venir des technologies développées aujourd’hui. Il étudie l’éthique afin de pouvoir participer à l’effort visant à s’assurer que le bond en avant de la technologie se fait de la bonne manière.

Face à l’actualité, Schiffmann y a vu un moyen de faire une différence dans la vie de centaines de milliers de personnes désespérées.

« Il s’agissait simplement d’utiliser la technologie de manière pratique pour aider dans ces circonstances horribles », a-t-il déclaré.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...