Un juge de la Cour suprême dénonce la « crise du leadership »
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Un juge de la Cour suprême dénonce la « crise du leadership »

Menachem Mazuz, ancien procureur général qui a mis en accusation plusieurs dirigeants politiques, nie expressément parler du Premier ministre...

Le juge de la Cour suprême Menachem (Meni) Mazuz, le 14 juillet 2016. (Photo : Flash90)
Le juge de la Cour suprême Menachem (Meni) Mazuz, le 14 juillet 2016. (Photo : Flash90)

Menachem Mazuz, juge à la Cour suprême, a semblé s’attaquer au gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu dans un enregistrement diffusé lundi, dénonçant un « manque de leadership » au milieu d’enquêtes criminelles de plus en plus nombreuses impliquant le Premier ministre et ses proches.

« Le discours public et médiatique donne l’impression pénible d’une crise de leadership », disait Mazuz dans l’enregistrement, diffusé par le journal télévisé de Hadashot. « Tout le monde déplore le manque de leadership. »

Mazuz, communément connu sous son surnom de Meni, n’a pas nommé directement Netanyahu dans l’enregistrement, qui provenait d’une conférence à huis clos à la faculté de droit de l’Université hébraïque de Jérusalem. Mais il a dénoncé le comportement des dirigeants politiques du pays, le qualifiant d’ « inquiétant ».

Il semble que le principal facteur responsable, du moins dans le discours public, est le phénomène du manque d’exemplarité dans le comportement de certains dirigeants politiques », a-t-il déclaré aux jeunes diplômés en lisant ses notes.

Les propos de Mazuz sont survenus dimanche soir alors que Netanyahu devait être interrogé dans le cadre d’une enquête connue sous le nom de l’affaire 4000, dans laquelle le ministère des Communications est soupçonné d’avoir contourné des restrictions légales pour le géant des télécommunications Bezeq en échange d’une couverture positive du site d’information Walla. Les deux sont la propriété de Shaul Elovitch, l’ami de Netanyahu, qui a été arrêté dans le cadre de l’affaire.

La police a déjà recommandé des accusations de corruption dans deux autres affaires contre Netanyahu, provoquant une bataille entre le Premier ministre et ses sympathisants et les forces de l’ordre, qui ont été accusées de mener une chasse aux sorcières contre le Premier ministre et sa famille.

Netanyahu a nié les accusations portées contre lui et résisté aux appels à la démission, minimisant la sévérité des soupçons à son encontre, faisant des remarques qui, selon certains, pourraient nuire à la confiance dans le système judiciaire.

La plupart des dirigeants politiques de la coalition se sont abstenus de critiquer Netanyahu, tout comme les hauts fonctionnaires de justice, y compris le procureur général Avichai Mandelblit, ce qui rend les commentaires de Mazuz plutôt exceptionnels.

En réponse au reportage sur les remarques, Mazuz a nié qu’elles visaient spécifiquement Netanyahu. « Les remarques ne visaient pas des événements ou des personnes en particulier, leur but était plutôt d’inviter les élèves à contribuer au service de l’Etat et à la société », a-t-il déclaré, selon Hadashot.

Le juge est surtout connu pour avoir inculpé l’ancien Premier ministre Ehud Olmert pour des accusations de corruption au moment où il était procureur général. Il a également décidé de permettre que l’ancien président Moshe Katsav soit inculpé pour délits sexuels et l’ancien ministre des Finances Avraham Hirschson pour corruption. Il a également décidé de ne pas inculper l’ancien Premier ministre Ariel Sharon dans une affaire de corruption surnommée l’affaire de l’île grecque.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu dirige une réunion du cabinet du Premier ministre à Jérusalem le 21 janvier 2018. (Alex Kolomoisky / POOL)

Avi Gabbay, chef du parti d’opposition de l’Union sioniste, a félicité Mazuz pour les déclarations.

« Le juge Meni Mazuz, l’homme qui n’a pas hésité à inculper un président, un Premier ministre et un ministre des Finances, explique précisément les dégâts d’un leadership sans valeurs », a-t-il déclaré.

L’ancien Premier ministre Ehud Barak a déclaré que les remarques de Mazuz « ont mis un miroir devant une direction politique défaillante ».

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