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Un juge statue que les proches d’un otage tué pourront utiliser son sperme avec une mère porteuse

Le tribunal des affaires familiales de Beer Sheva a conclu que Yotam Haim, otage à Gaza tué par erreur par Tsahal après avoir échappé au Hamas, avait exprimé le désir "sans équivoque" d'avoir des enfants

Yotam Haïm (à gauche) et sa mère, Iris Haïm. Yotam a été pris en otage par des terroristes du Hamas le 7 octobre 2023 ; le porte-parole de l’armée israélienne a déclaré qu'il a été tué par erreur par des soldats à Shejaiya, alors qu'il tentait de s'échapper, le 15 décembre 2023. (Crédit : Autorisation)
Yotam Haïm (à gauche) et sa mère, Iris Haïm. Yotam a été pris en otage par des terroristes du Hamas le 7 octobre 2023 ; le porte-parole de l’armée israélienne a déclaré qu'il a été tué par erreur par des soldats à Shejaiya, alors qu'il tentait de s'échapper, le 15 décembre 2023. (Crédit : Autorisation)

Vendredi, un juge du tribunal aux affaires familiales de Beer Sheva a statué que le sperme de Yotam Haim, otage israélien tué par erreur par des soldats après avoir échappé au Hamas à Gaza, pourrait être utilisé pour concevoir un enfant, estimant que c’était son souhait manifeste avant sa mort.

Dans un communiqué saluant la fin d’« un an et trois mois de procédures administratives et judiciaires honorables et respectueuses », la famille Haim a déclaré que « l’État d’Israël a franchi une étape importante », qualifiant cette décision de « source de lumière importante pour les familles qui ont perdu un être cher » et de « source de fierté pour nous ».

« De notre point de vue, c’est une étape importante et pleine d’émotions – mais elle est surtout un exemple pour d’autres familles dans une situation similaire. C’est le début d’un long voyage », a ajouté la famille avant d’adresser ses remerciements aux services de la procureure de l’État, à ses avocats et à « la nation d’Israël, pour son infini soutien ».

La mère de Yotam, Iris, avait déjà fait savoir qu’elle était à la recherche d’une mère porteuse pour son enfant qui, non seulement, serait chargée de le concevoir et de le porter mais aussi de l’élever.

Le juge Ariel Maman a noté qu’Iris avait demandé à ce que sa décision écrite soit publiée, en raison de son importance pour la population et de l’aide qu’elle pourrait lui apporter dans sa recherche d’une mère.

Dans sa décision, Maman a expliqué qu’en l’absence de textes de loi clairs sur la question, il avait statué en tenant compte de la jurisprudence et de son jugement personnel.

Les services de la procureure de l’État ont approuvé la demande de la famille Haim en mai dernier, sous réserve d’apporter la preuve que Yotam aurait été d’accord pour que son sperme serve à concevoir un enfant après sa mort.

Yotam avait 28 ans lorsque des terroristes du Hamas l’avaient enlevé au kibboutz Kfar Azza, le 7 octobre 2023. Le 10 décembre de la même année, il avait été tué par erreur, à Gaza, par des soldats israéliens alors qu’il tentait de s’enfuir. Les soldats l’avaient pris, lui et deux autres otages, pour une menace dans le quartier de Shejaiya, à Gaza.

En 2024, Iris Haim a eu l’honneur de raviver la flamme lors de la cérémonie officielle de Yom HaAtsmaout, la fête de l’Indépendance d’Israël, à Jérusalem.

Des Israéliens allumant les torches lors de la cérémonie pré-enregistrée qui a lieu la veille de Yom HaAtzmaout, le 13 mai 2024. Au centre, Iris Haïm, dont le fils Yotam, pris en otage par le Hamas le 7 octobre, a été accidentellement tué par l’armée, le 15 décembre dernier aux côtés d’Alon Shamriz et de Samar Talalka, après qu’ils ont échappé à leurs ravisseurs. (Crédit : Capture d’écran GPO)

En guise d’introduction à sa décision, Maman cite plusieurs sources de la tradition juive, et notamment cette conversation rapportée dans la Genèse entre la matriarche Rachel, sans enfant, et son mari Jacob : « Donne-moi des enfants, ou je mourrai », ce à quoi Jacob répond : « Puis-je prendre la place de Dieu ? »

Le juge reprend des commentaires de rabbins sur la réponse du patriarche et il mentionne une source de la tradition selon laquelle Dieu aurait ainsi réprimandé Jacob : « Est-ce ainsi que l’on répond aux personnes en détresse ? »

Selon cette récente décision judiciaire, la famille Haim aurait rapporté plusieurs déclarations explicites de Yotam, exprimant non seulement son désir d’avoir des enfants, mais aussi son désir que, s’il venait à mourir, son sperme soit utilisé pour assurer sa descendance.

Iris a notamment rappelé un épisode à l’occasion duquel le frère de Yotam avait dit ne pas vouloir d’enfants, ce à quoi Yotam avait réagi en disant : « Ne t’inquiète pas, je te donnerai des petits-enfants. » Par ailleurs, son thérapeute avait témoigné de son désir d’une relation stable, en partie liée à son désir d’être père.

Yotam Haïm (à droite) avec son frère et sa sœur avant qu’il ne soit pris en otage par les terroristes du Hamas le 7 octobre 2023. (Crédit : Autorisation)

Un ami de Yotam a également porté à la connaissance du tribunal une correspondance de 2022 dans laquelle Yotam évoquait son désir d’avoir des enfants, écrivant : « Tu seras la tante cool de mes enfants, que tu le veuilles ou non. »

Les proches de Yotam se sont aussi rappelés une conversation qu’ils avaient eue avec lui, deux ans avant sa mort, suite au récit de son père sur une expérience de mort imminente lorsqu’il était jeune.

« Au cours de cette conversation, Yotam a dit à son père que si jamais quelque chose lui arrivait, il lui demandait de veiller à ce qu’il ait des petits-enfants, pour perpétuer son souvenir », a noté le juge.

« Je suppose que le désir sans équivoque de Yotam de continuité… n’était pas lié à une femme en particulier avec laquelle il aurait voulu avoir des enfants, mais qu’il disait bien plutôt son souhait altruiste et existentiel de perpétuer la vie et la continuité dans le temps », a écrit Maman dans sa décision, ajoutant espérer que cette décision apporte un peu de réconfort à la famille du défunt.

Iris Haim, dont le fils Yotam a été abattu par erreur par des soldats de Tsahal à Gaza, prend la parole à l’occasion d’une commémoration officielle en l’honneur des civils assassinés lors du massacre du 7-octobre, au cimetière militaire du mont Herzl, à Jérusalem, le 27 octobre 2024. (Marc Israel Sellem/POOL)

Dans les jours qui avaient suivi le 7 octobre 2023, jour où des terroristes dirigés par le Hamas s’étaient introduits dans le sud d’Israël pour y massacrer plus de 1 200 personnes, essentiellement des civils, et faire 251 otages, embryologistes et spécialistes avaient signalé un nombre sans précédent de demandes de prélèvement de sperme post-mortem.

Depuis lors, selon les chiffres du ministère de la Santé de novembre 2025, des prélèvements post-mortem de sperme auraient été réalisés sur au moins 250 soldats et membres des forces de l’ordre, dont 193 à la demande d’un parent. Du sperme a également été prélevé auprès de 21 civils, là encore à la demande de parents dans 10 cas.

Avant le 7-octobre, le prélèvement posthume de sperme n’était autorisé que pour les parents sur autorisation du tribunal. Depuis le début de la guerre, le ministère de la Santé et le ministère de la Justice ont pris un texte temporaire permettant aux parents d’autoriser le prélèvement de sperme sans autorisation judiciaire préalable.

En revanche, il n’existe pas de réglementation nationale sur l’utilisation de ce sperme.

Diana Bletter a contribué à cet article.

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