Un kibboutz en Corrèze créé en 1933
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Un kibboutz en Corrèze créé en 1933

Cet espace collectif a accueilli des juifs fuyant les persécutions antisémites dans les années 1930

Kibboutz dans la région de Beit Shemesh en Israël Crédit : Nati Shohat/Flash90
Kibboutz dans la région de Beit Shemesh en Israël Crédit : Nati Shohat/Flash90

Dans les années 1930, le nazisme s’installe d’une façon inquiétante en Allemagne. Certains juifs allemands sentant le danger décident de fuir le pays et d’organiser leur alyah.

Avant de rejoindre la Palestine, ils feront une première étape en Corrèze, dans un Kibboutz crée par le baron Olivier de Rothschild rapporte Les Échos.

Le baron Olivier de Rothschild est alors le créateur du Comité national de secours aux réfugiés allemands victimes du nazisme.

Par l’intermédiaire de ce Comité il organise le voyage des juifs allemands vers la Palestine.

Mais afin de les préparer à la vie au Kibboutz, il cherche un terrain en France qui pourrait accueillir les réfugiés. Il trouve avec satisfaction, dans un coin isolé de la France, un terrain fertile.

Simple hasard ? Le Kibboutz français est fondé en 1933 à Jugeals-Nazareth en Corrèze. Il est jusqu’à aujourd’hui, le seul Kibboutz qui verra le jour en France.

Ce kibboutz est nommé « Mah’ar » ce qui signifie en hébreu « demain » et accueillera entre 500 et 800 juifs, explique Les Échos.

Ces juifs viennent d’Allemagne, mais aussi d’Europe de l’est où les pogroms sont de plus en plus courant : Pologne, Autriche, Russie … Ils communiquent en yiddish, la seule langue parlée par tous les habitants du Kibboutz.

Les « kibboutzniks » cultivent la terre et vivent isolés pendant près de deux ans. Ils sont tous très jeunes, entre 18 et 20 ans, et viennent de milieux européens bourgeois.

L’activité principale est agricole, mais ils apprendront également à se battre et à parler l’hébreu.

C’est à l’Association France-Israël Limousin qu’incombe la mémoire du lieu.

Le président de l’Association, André Cohignac, explique qu’il est incroyable que ce lieu « ait fonctionné ». Il représente une exception. D’autres Kibboutz n’ont pas connu ce succès.

Les habitants de la région n’approuvent pas l’implantation agricole des réfugiés juifs. Ces derniers n’épousent pas les mêmes coutumes locales, ne parlent pas le français et surtout leur font de la concurrence.

En 1935, après réception d’une injonction préfectorale, Olivier de Rothschild est obligé de fermer le Kibboutz.

Les pensionnaires partent alors pour un autre Kibboutz, situé, cette fois, en Galilée.

Le lieu devrait être transformé en musée en la mémoire de ces pionniers et de cette initiative qui a permis à des centaines de juifs de fuir le nazisme et de trouver refuge en Israël.

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