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Un labo à Jérusalem rajeunit des ovules de femmes de plus de 40 ans

Les ovules de femmes de 40 ans et plus ont pris certaines caractéristiques des ovules d’une personne de 20 ans après le traitement par la médecine antivirale

Illustration de spermatozoïdes et d’ovules (iStock via Getty Images)
Illustration de spermatozoïdes et d’ovules (iStock via Getty Images)

Un laboratoire de Jérusalem a travaillé sur des ovules humains « rajeunis » de femmes à la fin de leur période de fécondité pour les rendre plus semblables à des ovules de femmes de 20 ans.

Dans une nouvelle étude évaluée par des pairs publiée mardi, des scientifiques de l’Université hébraïque de Jérusalem ont déclaré avoir identifié un mécanisme de vieillissement précédemment inconnu, et ont dit qu’ils pouvaient l’inverser en administrant des médicaments antiviraux à l’ovule dans une éprouvette.

Des tests de fécondation de ces ovules n’ont pas encore été réalisés, mais les recherches pourraient donner de l’espoir aux femmes de plus de 40 ans, dont les ovules vieillis entrainent souvent fausses couches ou malformations congénitales.

L’équipe a testé la méthode sur des centaines d’ovules de souris, puis sur des ovules humains obtenus pour des protocoles de FIV [Fécondation In Vitro], mais qui n’ont finalement pas été utilisés et ont été donnés à la science. Ils ont signalé que les ovules « rajeunis » ont des chromosomes qui ressemblent davantage à ceux des ovules plus jeunes, ont moins d’ADN endommagé et qu’ils mûrissent mieux dans les éprouvettes.

Image illustrative : un gynécologue discute de fertilité avec un patient (iStock via Getty Images

Les scientifiques, qui ont publié leurs recherches dans la revue Aging Cell, soulignent qu’il y a d’autres mécanismes de vieillissement dans les ovules qui n’ont pas fait l’objet du traitement de rajeunissement. Ils disent aussi qu’ils n’ont pas encore introduit de sperme dans les ovules qui ont subi leur traitement et n’ont donc pas encore démontré qu’ils avaient amélioré leur fertilité, mais ils espèrent le faire bientôt.

« De nombreuses femmes essaient de tomber enceintes à l’âge de 40 ans ou plus, et nous pensons que cela pourrait augmenter leur niveau de fertilité », a déclaré le Dr Michael Klutstein, biologiste moléculaire de l’Université hébraïque, qui a dirigé la recherche, au Times of Israel.

« D’ici 10 ans, nous espérons utiliser des médicaments antiviraux pour accroître la fertilité chez les femmes âgées. »

Les femmes deviennent moins fertiles avec l’âge, car leurs ovules commencent à accumuler des dommages génétiques. Quand les femmes atteignent l’âge de 40 ans environ, les ovules ont souvent accumulé tellement de dommages au niveau de l’ADN qu’ils sont incapables de mûrir et d’être fécondés. D’autres complications deviennent également plus fréquentes dans les grossesses gériatriques.

Image illustrative : le sperme est injecté dans un ovule, dans un traitement de procréation assistée (iStock via Getty Images)

L’équipe de Klutstein a réussi à identifier l’un des processus de vieillissement qui empêche la maturation réussie d’un ovule.

« Une bataille se déroule dans le corps d’une femme, et les ovules sont l’une des cibles clés », a expliqué Klutstein, décrivant les recherches existantes sur lesquelles l’équipe a pu s’appuyer. « Ce qui survient, c’est que des parties de l’ADN peuvent attaquer et nuire à d’autres parties de l’ADN. Ils le font exactement comme une attaque de virus, en faisant des copies d’eux-mêmes à l’intérieur de la cellule. »

Docteur Michael Klutstein (courtoisie du Docteur Michael Klutstein)

Le Dr Michael Klutstein a expliqué que normalement le corps est capable de monter une défense efficace pour protéger l’ovule, mais avec l’âge, la résistance naturelle devient plus faible.

« Parce que l’ADN attaquant se comporte comme un virus, nous avons émis l’hypothèse que les médicaments antiviraux administrés aux ovules pourraient les rajeunir, et nous avons découvert dans notre laboratoire que c’est bien le cas. Nous avons testé des centaines d’ovules de souris, puis de femmes, ce qui a confirmé l’hypothèse », a-t-il déclaré.

Dans la première expérience visant à évaluer si son processus augmente les chances de reproduction, Klutstein commencera bientôt la FIV avec des ovules de souris « rajeunis ». Il est « assez confiant » que cela mènera à de meilleurs résultats et que ce sera un pas en avant vers l’utilisation de l’innovation scientifique pour aider les femmes.

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