Un logiciel israélien repère les malades risquant un cancer du côlon
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Un logiciel israélien repère les malades risquant un cancer du côlon

Medial EarlySign a adapté un algorithme de modélisation financière à des fins médicales

Des chirurgiens pratiquent une opération au centre médical Wolfson de Holon. Illustration. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)
Des chirurgiens pratiquent une opération au centre médical Wolfson de Holon. Illustration. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Medial EarlySign, une start-up israélienne, a développé un logiciel basé sur l’apprentissage informatique qui analyse les résultats d’examens sanguins standards pour identifier les patients présentant un risque élevé de cancer du côlon.

Le produit, appelé ColonFlag, ne fait pas directement le diagnostic du cancer du côlon mais il est actuellement utilisé par les médecins dépendant du prestataire de soins de santé israélien Maccabi, mais aussi par Kaiser Permanente, aux Etats-Unis, et d’autres organisations pour repérer les patients présentant un risque élevé de ce type de cancer en permettant au système de déterminer les personnes devant être testées.

La firme a été établie par Ori Geva, Ofer Arieli et Nir Kalkstein en 2009. Kalkstein est un expert en méga-données et en algorithmes d’apprentissage informatique, également cofondateur de Final Israel Ltd., une entreprise de trading basée sur les algorithmes.

« Dans les bureaux de Final, la technologie de Kalkstei a utilisé l’intelligence artificielle pour mouliner des données financières afin de prédire vers quoi se dirigent les actifs », explique Geva lors d’un entretien téléphonique accordé au Times of Israel.

« Nous utilisons dorénavant des algorithmes médicaux avec la même méthode de modélisation pour observer les données des registres médicaux et prédire vers quoi se dirigent les gens ».

« Nous pouvons dire aux prestataires de santé sur quels patients ils doivent se concentrer, et aider à déterminer quels sont ceux qui bénéficieraient d’une intervention anticipée et comment le faire au mieux », a-t-il ajouté.

Le marché de l’intelligence artificielle dans les applications de santé devrait s’étendre rapidement dans le monde, avec des revenus qui pourraient augmenter de 40 % par an jusqu’à l’année 2021 et qui atteindraient, cette année-là, un montant de 6,7 milliards de dollars, a estimé un rapport établi par la firme de recherche et de conseil Frost & Sullivan.

L’intelligence artificielle a le potentiel « d’améliorer ces résultats de 30 à
40 % » tout en réduisant les coûts des traitements de 50 % dans le meilleur des cas, a fait savoir le même rapport.

« Alors qu’ils jouent déjà un rôle essentiel dans d’autres industries, les systèmes basés sur l’intelligence artificielle devraient transformer la manière dont nous appréhendons le diagnostic et le traitement des maladies », a commenté dans un communiqué Singh Buttar, analyste des transformations de l’industrie de la santé chez Frost & Sullivan.

« Augmentant l’expertise des médecins formés, les systèmes basés sur l’intelligence artificielle offriront une couche supplémentaire de soutien décisionnel, capable d’aider à réduire les négligences ou les erreurs dans les administrations des soins ».

Medial EarlySign va dans les bases de données des organisations des soins de santé scanner des examens sanguins pour trouver les individus présentant un risque élevé de développer le cancer du côlon, en les comparant aux modèles sanguins de patients touchés par la maladie.

La start-up a étudié les antécédents médicaux d’environ 20 millions de personnes en Israël, au Royaume-Uni, aux Etats-Unis et dans le Pacifique asiatique à travers les données comprenant ces informations et elle a formé les algorithmes pour qu’ils apprennent les modèles et qu’ils permettent l’identification des personnes concernées par un éventuel cancer du côlon.

« Il y a un grand nombre d’histoires non-dites dans nos données » qui sont souvent négligées par des professionnels surmenés, dit Geva. Mais les « ordinateurs ne se fatiguent jamais », ajoute-t-il. Les algorithmes traitent des millions de points de données et repèrent des facteurs de risque, amenant le système médical à observer de plus près certains individus.

La solution appliquée au cancer colorectal est la première application technologique qu’a commercialisé l’entreprise. « Nous avons des douzaines de modèles à différents stades de développement » pour les autres pathologies, indique-t-il, notamment pour la grippe, les diabètes et l’hypertension.

Geva déclare espérer que ces applications se trouvent « sur le marché dans les prochains mois ».

L’entreprise oeuvre actuellement à conclure des accords commerciaux aux Etats-Unis et travaille étroitement avec des « entités américaines » pour déterminer quels autres défis peuvent être relevés par ces algorithmes, dit-il.

En Israël, Maccabi a installé le serveur Medial EarlySign sur son système TI. Selon les paramètres définis, le logiciel Medial EarlySign scanne les données et repère les individus qui répondent à des critères pré-définis. Pour ce service, les prestataires de santé paient une souscription mensuelle ou une redevance annuelle en fonction de l’utilisation faite du logiciel, explique Geva.

L’entreprise a levé environ 50 millions de dollars jusqu’à aujourd’hui en deux cycles de financement, notamment auprès de la fondation Li Ka Shing, à Hong Kong, et du Fonds israélien aMoon, ajoute Geva.

L’entreprise tente principalement de s’implanter aux Etats-Unis, précise-t-il, et elle a ouvert un bureau à Boston dans cet objectif. La start-up est installée à Kfar Malal et elle emploie trente personnes.

Israël est considéré comme un leader mondial dans les secteurs de l’intelligence artificielle, de l’informatique haute-performance et de la vision informatique ainsi que dans les soins de santé. Selon des données accumulées par l’organisation à but non-lucratif Startup Nation Central, le financement par capital-risque israélien dans les start-ups de santé numérique a augmenté de 30 % en 2017 par rapport à 2016 à presque 340 millions de dollars, avec un total de start-ups spécialisées dans le domaine de 470 qui opèrent dans sept sous-secteurs, notamment dans l’intelligence artificielle.

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