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Un lutteur orthodoxe du New Jersey sur le tapis à Beer Sheva aux 21e Maccabiades

Moshe "MB" Klyman était le seul athlète de son hôtel à respecter le shabbat lorsqu'il a représenté le Canada aux Jeux olympiques juifs ; cette année, il vise l'or pour les USA

Moshe 'MB' Klyman, à droite, avec son ami Naftali Horowitz à Montréal lors du tournoi de la Coupe Concordia 2018. (Crédit : Autorisation)
Moshe 'MB' Klyman, à droite, avec son ami Naftali Horowitz à Montréal lors du tournoi de la Coupe Concordia 2018. (Crédit : Autorisation)

Moshe « MB » Klyman a dû franchir plus d’obstacles que la plupart des gens pour se faire un nom sur le tapis de lutte. Depuis son inscription à l’université il y a plus de dix ans, le lutteur juif de niveau international a jonglé entre le respect de la religion et ses aspirations sportives dans un sport de combat qui se déroule essentiellement lors de tournois qui ont lieu en fin de semaine.

En plus de participer à des compétitions internationales, ce père de trois enfants, âgé de 36 ans et originaire de Teaneck, dans le New Jersey, est président du Benaroya Sephardic Center au sein sa synagogue orthodoxe, la Congregation Ahavath Torah, à Englewood, dans le New Jersey.

Klyman a atterri en Israël au début du mois pour participer aux Maccabiades, un événement de style olympique qui a lieu tous les quatre ans et qui attire des athlètes juifs du monde entier pour une série d’épreuves sportives. Il participe lundi au tournoi de lutte gréco-romaine à Beer Sheva.

Ce lutteur orthodoxe n’hésite pas à afficher son identité juive sur le tapis. Sur son gilet de lutte, on peut voir deux lutteurs au-dessus d’une étoile de David, sur fond de drapeaux israélien et américain entrelacés.

« Voir quelqu’un d’autre se tenir sur le tapis sans avoir honte de son identité est l’une des raisons pour lesquelles je mets l’étoile quand je lutte », a déclaré Klyman au Times of Israel.

En 2018, Klyman a fondé un groupe de lutte juive appelé Tribe Wrestling pour tenter de rassembler les lutteurs juifs de la région métropolitaine de New York.

« MB n’est certainement pas le modèle stéréotypé du juif orthodoxe moderne », a déclaré Paul Schoenberg, membre de Tribe Wrestling et ami de Klyman. « C’est un coach de musculation, un bodybuilder, obsédé par la lutte. »

Dans le passé, Klyman a dû faire des sacrifices importants au nom de la pratique de sa religion juive.

« J’ai déjà eu l’occasion de lutter dans le monde entier, mais je ne participe jamais, au grand jamais, à des compétitions qui ont lieu le shabbat », a déclaré Klyman. « Je suis invité à de nombreux événements, probablement une dizaine de tournois par an dans le monde entier, et je dois refuser la plupart d’entre eux parce qu’ils se déroulent généralement le samedi. »

Après avoir passé une année sabbatique en Israël, Klyman a refusé une offre de l’équipe de lutte de l’université Rutgers, car elle exigeait qu’il lutte le shabbat. Plutôt que d’abandonner sa pratique, il a créé son propre club de lutte pour les étudiants qui observent le shabbat, qui a fini par atteindre le niveau de la deuxième division aux États-Unis.

Moshe Klyman, à droite, lors d’un combat de lutte gréco-romaine en 2019. (Crédit : Autorisation)

Même lors des Maccabiades en Israël, l’athlète orthodoxe a dû tirer des ficelles pour s’assurer que les compétitions ne se dérouleraient pas pendant le shabbat. Bien que la Maccabi World Union, qui supervise les Maccabiades, n’organise pas de rencontres le shabbat, l’organisation responsable des compétitions de lutte des Maccabiades fonctionne indépendamment et ne respecte pas les mêmes règles.

« Le fait qu’il soit capable de s’entraîner et de faire toutes ces choses malgré les obstacles auxquels il se heurte avec le shabbat quand il ne peut pas s’entraîner, c’est très impressionnant », a déclaré Schoenberg.

Au cours des cinq dernières années, Klyman a participé à des compétitions de lutte dans le monde entier, remportant la médaille d’argent à la Kolbotn Cup en Norvège et une médaille d’or à la Concordia Cup au Canada et aux championnats nationaux de lutte sur plage.

Bien que ses pairs l’aient largement soutenu, Klyman a admis avoir été confronté à l’antisémitisme dans ce sport. Il se souvient d’une fois où, alors qu’il s’entraînait dans un gymnase en Norvège, un entraîneur norvégien n’a plus voulu leur parler, à lui et à son collègue, Naftali Horowitz, après avoir appris qu’ils étaient Juifs.

Au cours de la conversation avec l’entraîneur, Horowitz avait évoqué le fait qu’il serait probablement en Norvège l’année prochaine pour le championnat du monde, où il représenterait Israël. « Avant l’incident, nous nous entraînions là-bas des journées entières, et il s’en moquait, il était super souriant, très accueillant, tout était génial, mais après cela, les choses sont devenues bizarres », a déclaré Horowitz.

Le refus de discuter – et même de concourir – avec des sportifs juifs et israéliens est loin d’être exceptionnel dans le monde de la lutte. Le lutteur iranien Alireza Karimi avait fait la une des journaux en 2017 lorsqu’il avait déclaré forfait à un match face à Uri Kalashnikov, qui représentait Israël, lors du championnat du monde en Pologne.

Andrew Dos Santos, qui s’est entraîné avec Klyman chez lui, a déclaré qu’il était content que le lutteur soit ouvert sur son identité juive. « Je suis un chrétien et un homme noir », a-t-il déclaré. « Nous avons eu des conversations étonnantes et éclairantes grâce à son ouverture [de Klyman] sur sa foi et sa culture. »

Moshe « MB » Klyman et sa femme Renee dans leur synagogue d’Englewood. (Crédit : Autorisation)

Moshe Klyman a fait ses débuts dans la lutte pendant ses études secondaires à la Torah Academy of Bergen County, qui fait partie de la Yeshiva Wrestling Association. « J’étais un enfant en surpoids », a raconté Klyman. « Pendant environ deux ans et demi, je n’ai gagné aucun match ; puis après avoir perdu environ 20 kg, j’ai commencé à progresser. »

C’est alors qu’il a commencé à s’améliorer dans la lutte et à gagner plus de matchs.

Pour transmettre son amour du fitness à d’autres personnes de sa communauté, Klyman a fondé Underground Training, une salle de sport qui se concentre sur l’entraînement personnel et les leçons privées de ses membres. Son catalyseur a été le travail qu’il a effectué à l’université, en envoyant des entraîneurs personnels au domicile des particuliers. Plus tard, il a transformé cette activité en un véritable établissement.

« Son objectif est de faire ressortir le meilleur de chacun. Il le fait sur le tapis de lutte, il le fait à la synagogue, il le fait dans sa salle de sport », a déclaré le rabbin Mordy Kuessos d’Ahavath Torah, qui s’entraîne souvent avec Klyman.

Ce n’est pas la première fois que Klyman participe aux Maccabiades. En 2017, il avait été sélectionné pour représenter le Canada, où il est né, lors des 20e Maccabiades et avait remporté une médaille de bronze dans sa catégorie de poids.

Ce mois-ci, le citoyen américain naturalisé concourra pour l’équipe nationale américaine aux côtés de 15 autres coéquipiers. Il était, et est toujours, le premier ancien élève de la ligue de sa Yeshiva à participer à ce tournoi.

Bien qu’il soit plus âgé que la plupart des lutteurs amateurs, Klyman est déterminé à continuer. « Je n’abandonnerai pas avant d’avoir gagné un championnat du monde », a-t-il déclaré.

« Ce qui m’inspire chez MB, c’est que, dès qu’il s’est lancé dans quelque chose, il s’y met à fond », a déclaré Kuessos. « Je l’ai vu s’entraîner, il peut s’entraîner trois fois dans la même journée, chaque fois un entraînement très différent, juste pour être sûr qu’un jour il sera champion. »

En plus du match de lundi, Klyman participera mardi à une épreuve de lutte libre. Les deux matchs ont lieu à Beer Sheva.

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