Un mari soupçonné d’avoir tué sa femme enceinte libéré sous caution
Rechercher

Un mari soupçonné d’avoir tué sa femme enceinte libéré sous caution

La police affirme qu'Ala Al-Katnani est toujours suspect dans la mort de sa femme Roan le mois dernier, mais le libère faute de preuves médico-légales concluantes

La ville bédouine de Rahat dans le nord du Néguev.  (Yossi Zamir/Flash90)
La ville bédouine de Rahat dans le nord du Néguev. (Yossi Zamir/Flash90)

La police a libéré lundi un homme soupçonné d’avoir tué sa femme enceinte au début du mois dans la ville bédouine de Rahat, dans le sud du pays.

Roan Al-Katnani, 29 ans, a été hospitalisée le 12 juin à l’hôpital Soroka de Beer Sheva pour de graves blessures à la tête. Elle est décédée prématurément le 14 juin. Son fœtus n’a pas survécu.

La police a interpellé son mari, Ala Al-Katnani, 32 ans, pour l’avoir prétendument battue et l’avoir fait tomber dans leur maison. Son cousin Mamdouh Al-Katnani a également été arrêté, car il était soupçonné de l’avoir aidé.

Le mari a nié avoir frappé sa femme, et a dit aux membres de sa famille qu’elle était tombée dans la douche. Le couple a trois enfants âgés de 5 à 9 ans.

Cette affaire a ravivé les inquiétudes concernant une vague de violence domestique qui a vu des dizaines de femmes israéliennes tuées par leur partenaire ces dernières années.

Roan Al-Katnani et son père, Shahade Al-Karanawi. (Réseaux sociaux)

Mais au fur et à mesure que l’enquête sur la mort de Roan Al-Katnani progressait, les difficultés à obtenir des preuves contre les suspects ont obligé la police à rétrograder l’accusation de meurtre en homicide involontaire.

Bien que les deux hommes restent suspects dans cette affaire, ils ont été libérés de prison lundi par le tribunal de Beer Sheva après l’expiration d’une période de détention préventive.

Ils ont reçu l’ordre de ne pas entrer à Rahat pendant 21 jours, et de ne pas communiquer avec d’autres personnes impliquées dans l’affaire pendant 30 jours tant que l’enquête se poursuit.

Chacun a versé une caution de 10 000 shekels (2 600 euros).

Roan Al-Katnani est morte prématurément le 14 juin à l’hôpital Soroka, deux jours après son hospitalisation. Un examen médico-légal n’a pas permis de déterminer de manière concluante ce qui a causé la chute qui a entraîné ses blessures à la tête.

Une ambulance devant l’hôpital Soroka dans la ville du sud de Beer-Sheva, le 23 décembre 2013. (FLASH90)

La police a reçu un premier signalement à 1h30 vendredi matin.

Selon Haaretz, le mari a ensuite appelé la mère de la victime à 3h30 et il a déclaré que sa femme était « tombée dans la douche et qu’elle saignait de la tête ».

Le père de la victime a rapporté que la mère a répondu : « Tu as tué ma
fille ».

Le père a indiqué que le couple avait des problèmes dans leur relation, mais selon le mari, il n’a pas frappé sa femme et elle ne voulait pas divorcer.

Elle venait nous voir et nous disait : « Papa, il ne me traite pas avec respect », a confié le père à Haaretz. « Je lui ai dit qu’elle avait des enfants et qu’elle devrait essayer de s’occuper de la maison, et que tout s’arrangerait. »

Onze femmes israéliennes ont été tuées cette année par une personne qu’elles connaissaient. Ce chiffre s’élevait à treize en 2019. En 2018, 25 femmes ont été assassinées dans de telles circonstances, autrement dit le chiffre le plus important depuis des années. Ce triste record a entraîné une série de manifestations et d’appels urgents aux autorités pour qu’elles agissent contre ce phénomène. Avant d’être assassinées, nombre de ces femmes avaient déposé plainte, craignant pour leur sécurité.

Des Israéliens protestent contre les violences faites aux femmes dans Tel Aviv le 1 juin 2020. (Tomer Neuberg/Flash90)

La police et les services sociaux ont recensé une forte augmentation des plaintes pour violences domestiques depuis le début de la crise du coronavirus.

Des milliers de personnes ont manifesté à Tel Aviv plus tôt ce mois contre cette tendance inquiétante, appelant le gouvernement à prendre des mesures pour endiguer la violence contre les femmes et les féminicides.

Les organisateurs des manifestations ont déclaré que la plus grandie partie des 250 millions de shekels (63 millions d’euros) approuvés en 2017 pour des programmes visant à empêcher les violences domestiques n’a toujours pas été débloquée.

Ce mois aussi, le ministère des Affaires sociales a publié les chiffres qui montraient une augmentation de 112 % du nombre de plaintes pour des violences domestiques reçues via sa ligne d’urgence en mai par rapport à avril.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...