Un milliardaire australien interrogé dans l’Affaire 1 000
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Un milliardaire australien interrogé dans l’Affaire 1 000

Les enquêteurs israéliens parviennent finalement à recueillir les témoignages de James Packer avec l'aide des autorités australiennes

James Packer, milliardaire australien, en juin 2013. (Crédit : capture d'écran YouTube)
James Packer, milliardaire australien, en juin 2013. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Des enquêteurs israéliens en coopération avec les autorités australiennes ont interrogé le milliardaire australien James Packer cette semaine dans le cadre de l’enquête pour corruption qui pèse sur le Premier ministre Benjamin Netanyahu, après des mois de tentatives infructueuses pour organiser une réunion, ont annoncé mercredi les médias en hébreu.

Selon un reportage de Hadashot, Packer a répondu mardi aux questions des enquêteurs australiens, qui avaient reçu la liste des questions à poser des responsables de la police israélienne, alors que les Israéliens écoutaient.

Bien que la police ait soupçonné Packer d’être un suspect dans l’affaire, il a finalement été décidé que le témoignage ne serait pas donné sous serment, selon le reportage.

Le témoignage de Packer était nécessaire dans le cadre de l’enquête criminelle connue sous le nom d’Affaire 1 000.

M. Netanyahu est soupçonné d’avoir reçu, illégalement, des cadeaux de personnalités très riches, dont le milliardaire australien James Packer et un producteur à Hollywood, Arnon Milchan. La valeur totale de ces cadeaux a été chiffrée par les médias à des dizaines de milliers de dollars.

Packer est le président de Crown Limited, l’un des plus grands groupes de divertissement et de villégiature intégrés d’Australie. Il est considéré comme une figure clé de l’enquête qui suit actuellement son cours.

La police serait en train d’examiner si Netanyahu a essayé d’aider Packer à obtenir un statut de résident en Israël et a aidé Milchan dans le cadre d’une demande de visa américain. Packer, qui a également acheté une maison à côté de celle de Netanyahu dans la ville de Césarée, chercherait à obtenir le statut de résident à des fins fiscales.

La semaine dernière, Netanyahu a été interrogé par la police pendant plus de quatre heures à propos des enquêtes sur ses affaires. La police n’a fourni aucun autre détail sur l’interrogatoire, son deuxième ce mois-ci et sa sixième session depuis qu’il a été déclaré suspect dans ces affaires à la fin de l’année dernière.

Netanyahu fait face à deux enquêtes criminelles distinctes, connues sous les nom de l’affaire 1 000 (cadeaux de luxe) et l’affaire 2000 (Yedioth Aharonot). Il a nié avoir commis tout acte répréhensible dans les deux affaires.

Benjamin Netanyahu et le producteur Arnon Milchan lors d’une conférence de presse, le 28 mars 2005. (Crédit : Flash90)

La semaine dernière, Hadas Klein, l’assistante personnelle de Milchan, a déclaré à la police que Sara Netanyahu l’appelait régulièrement pour demander des cigares et du champagne, a indiqué Hadashot.

« Il y avait des mots de code pour le champagne et les cigares », a-t-elle déclaré à Hadashot. « Cela a duré des années. Il était entendu qu’Arnon devait fournir au couple Netanyahu tout ce qu’ils voulaient. Les cigares ont été demandés par [Benjamin] Netanyahu. »

La Dixième chaîne a révélé que le chauffeur de Milchan avait expliqué aux enquêteurs qu’il avait été contraint de quitter sa maison en plein milieu du Seder de Pessah pour livrer du champagne à la demande de Sara Netanyahu.

Alors que les rapports d’enquête de la police qui ont fuité, indiquent que Milchan a dépensé quelque 400 000 à 600 000 shekels en champagne et en cigares pour les Netanyahu pendant la plus grande partie de la dernière décennie. Le Premier ministre et sa femme auraient dit à la police que la somme était beaucoup plus faible, et que les cadeaux étaient insignifiants, puisque les Milchan étaient leurs meilleurs amis.

Quant aux affirmations selon lesquelles Milchan aurait continué à approvisionner Netanyahu en cigares onéreux pendant près de 10 ans — la plus grande partie des centaines de milliers de shekels de bénéfices prétendument illicites des Netanyahu — les Netanyahu auraient dit à la police qu’il n’était qu’un fumeur social « et qu’à chaque fois que son ami Milchan venait le voir, il apportait seulement trois à six cigares, d’une valeur d’environ 10 dollars chacun. »

Netanyahu a été interrogé sous serment et aurait été confronté au témoignage de Klein, entre autres.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, son épouse Sara (au centre) et leur fils Yair aux côtés de l’actrice Kate Hudson lors d’un événement organisé au domicile du producteur Arnon Milchan (à droite), le 6 mars 2014 (Crédit : Avi Ohayon/GPO/Flash90)

Dans un effort pour étayer le soupçon de corruption, la police aurait également demandé au Premier ministre quelles « faveurs » il aurait pu fournir à Milchan en retour.

Interrogé sur l’information selon laquelle il a demandé au secrétaire d’Etat américain John Kerry à trois reprises en 2014 d’accorder un visa à long-terme pour Milchan, un citoyen israélien, pour qu’il puisse vivre aux États-Unis, Netanyahu a admis avoir fait cette demande, mais affirme que cela n’avait rien à faire avec les cadeaux qu’il a reçus.

En plus du visa américain, la police enquêterait pour savoir si Netanyahu est intervenu dans la vente des actions de la Dixième chaîne au profit de Milchan et si le Premier ministre a cherché à aider le producteur hollywoodien à obtenir une participation importante dans la Deuxième chaîne.

Milchan aurait également demandé à Netanyahu de promouvoir une zone de libre-échange près de la frontière entre la Jordanie et Israël. La demande aurait été faite après une consultation avec le milliardaire indien Ratan Tata, dont le conglomérat d’affaires Tata aurait pu bénéficier de l’accord. L’initiative n’a jamais été réalisée.

Netanyahu fait l’objet d’une seconde enquête, l’Affaire 2 000, qui examine un prétendu accord illégal avec l’éditeur et propriétaire du Yedioth Ahronoth, Arnon « Noni » Mozes, dans lequel le Premier ministre aurait promis à Mozes de limiter la diffusion du principal concurrent commercial du Yedioth, Israël Hayom, en échange d’une couverture plus favorable dans le Yedioth.

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