Rechercher

Un million de maisons pourraient s’effondrer en cas de séisme en Israël – médias

Le Commandement intérieur et les experts ne savent pas si les deux tremblements de terre ressentis en Israël, dimanche, sont isolés ou s'ils annoncent un séisme plus fort

Photo d'illustration : Un chercheur montre les capteurs d'un sismographe lors d'un séisme à Mexico, le 23 juillet 2013. (Crédit :  AP Photo/Marco Ugarte)
Photo d'illustration : Un chercheur montre les capteurs d'un sismographe lors d'un séisme à Mexico, le 23 juillet 2013. (Crédit : AP Photo/Marco Ugarte)

Environ un million d’habitations présenteraient un risque d’effondrement en cas de tremblement de terre, a fait savoir la chaîne publique Kan.

Cette information survient après deux tremblements de terre mineurs qui ont touché le nord d’Israël, dimanche, à environ douze heures d’écart.

Le premier séisme, d’une magnitude de 3,7 sur l’échelle de Richter, a été ressenti dans la nuit de samedi tandis que le deuxième, d’une magnitude de 3,5 sur l’échelle de Richter, a eu lieu dimanche aux environs de midi.

L’épicentre du premier tremblement de terre se trouvait à 19 kilomètres de la ville de Beit Shean, selon la commission géologique israélienne, et celui du deuxième était à environ 16 kilomètres au sud-est de la ville de Tibériade.

Il n’y a pas eu de signalement d’éventuels blessés ou de dégâts graves, mais les ingénieurs du Commandement intérieur de l’armée israélienne devraient assister la municipalité de Tibériade lors du contrôle de 60 bâtiments qui, selon les habitants, auraient été endommagés par les secousses.

Un responsable du Commandement intérieur a qualifié ces séismes de « perturbants ».

Des fissures apparues dans un bâtiment à Tibériade suite à un tremblement de terre, provoquant l’évacuation des résidents, le 23 janvier 2022. (Capture d’écran : Twitter)

A ce stade, responsables du Commandement intérieur et experts géologiques ignorent si ces deux petits tremblements de terre ont été un événement isolé ou s’ils annoncent un séisme plus puissant.

Selon des données qui ont été présentées dimanche par la chaîne Kan, environ 60 % des habitations, en Israël, ne sont toujours pas protégées face aux attaques au missile, aux tremblements de terre ou face à un éventuel effondrement en raison de la désuétude. Plus de la moitié des citoyens israéliens vivent dans un bâtiment qui est insuffisamment protégé contre de tels événements.

Israël se situe le long d’une ligne de faille active : la dite « vallée du grand rift », une déchirure dans la croûte terrestre qui court le long de la frontière séparant l’État juif et la Jordanie. Le dernier séisme majeur à avoir frappé la région remonte à 1927 – un tremblement de terre d’une magnitude de 6,2 sur l’échelle de Richter qui avait fait 500 morts et 700 blessés. Les spécialistes estiment que ce type de séisme important secoue la région environ une fois par siècle.

Selon Kan, un tremblement de terre majeur pourrait, selon les prévisions, entraîner 7 000 morts et 145 000 blessés ainsi que 170 000 sans abris. Environ 320 000 bâtiments seraient susceptibles également d’être endommagés.

De son côté, le gouvernement avait approuvé en 2005 le plan TAMA 38, une initiative urbaine visant à encourager les propriétaires à renforcer les structures de leurs bâtiments.

Toutefois, il faut au moins trois ans pour faire approuver un bâtiment pour le TAMA 38, avec une période d’attente qui passe à presque cinq ans dans les secteurs les plus peuplés du pays, comme la zone métropolitaine de Tel Aviv.

Selon Kan, depuis 2005, seulement 27 000 bâtiments ont été renforcés dans le cadre du plan.

Les dégâts causés aux habitations dans la ville de Tibériade dans le nord d’Israël après que la région a été touchée par un séisme, le 9 juillet 2018 (Crédit : David Cohen/ Flash90)

La Douzième chaîne a indiqué dimanche que sur la base des cartographies établies par les autorités locales, les villes les plus à risque face à un séisme étaient Kiryat Shmona, Safed, Tibériade, Hatzor Haglilit, Migdal Haemek, Afula, Katzrin, Rosh Pina, Beit Shean et Eilat.

Au total, ce sont environ 80 000 bâtiments, dans ces villes, qui sont catégorisées « à haut-risque » – tous ont été construits avant 1982. Selon la Douzième chaîne, un tremblement de terre important pourrait endommager gravement environ 35 % d’entre eux, soit environ 28 600 bâtiments.

La chaîne d’information a aussi cité un rapport gouvernemental disant qu’il fallait au moins deux milliards de dollars pour renforcer les structures mais que jusqu’à présent, 70 millions de shekels seulement avaient été débloqués dans ce but.

En plus des possibles dégâts aux zones résidentielles, les responsables s’inquiètent des dommages qui pourraient être entraînés par un séisme aux infrastructures nationales.

Kan a fait savoir que Mekorot – la compagnie israélienne de l’eau – a cessé ces derniers jours les travaux de maintenance habituels sur les canalisations nationales par crainte pour la sécurité de ses employés, dont le travail s’effectue majoritairement dans les souterrains.

Des sources ont également dit être inquiètes de ce qu’un tremblement de terre important ne vienne couper l’approvisionnement en eau dans le secteur tout entier de Beit Shean et dans le conseil régional d’Emek HaMaayanot.

En 2018, le contrôleur de l’État avait averti qu’Israël n’est guère préparé à faire face à un séisme majeur.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...