Un ministre de l’AP fustige « l’immobilisme » de la communauté internationale
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Un ministre de l’AP fustige « l’immobilisme » de la communauté internationale

Riyad al-Maliki a exhorté des responsables politiques et économiques venus du Moyen-Orient et d'Europe à forcer le changement afin d'obtenir une solution à deux Etats

Riyad al-Maliki. (Crédit : AFP/Miguel Medina)
Riyad al-Maliki. (Crédit : AFP/Miguel Medina)

La communauté internationale doit sortir de son immobilisme et forcer le changement afin d’obtenir une solution à deux Etats entre Israéliens et Palestiniens, a affirmé vendredi à Rome le ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne Riyad Al-Maliki.

« Les Palestiniens attendent toujours que la communauté internationale résolve le problème qu’elle a elle-même créé », avec la création de l’Etat d’Israël, a affirmé M. Al-Malki, devant la quatrième édition de la conférence MED 2018, consacrée à la Méditerranée.

Le problème est toujours là, « il est là en chacun de vous, et malheureusement personne d’entre vous ne prend les mesures crédibles, sérieuses et responsables pour résoudre le problème », a-t-il déploré devant un parterre de responsables politiques et économiques venus du Moyen-Orient et d’Europe.

M. Al-Maliki a regretté de ce point de vue l’engagement de l’administration du président américain Donald Trump aux côtés d’Israël, jugeant que c’était un choix « contre l’histoire et contre la justice ».

Mais le problème, a-t-il ajouté, c’est que le reste du monde, l’Europe en particulier, n’est pas prêt à prendre ses responsabilités.

« Si les Américains ne sont pas prêts à faire quelque chose, l’Europe devrait le faire », a-t-il affirmé, jugeant que l’Union européenne devait de ce point de vue « pousser au changement » et encourager la tenue d’une conférence de paix internationale.

Le président de la Knesset, Yuli Edelstein, s’est montré de son côté plutôt réservé sur les chances de succès d’une telle conférence.

Le président de la Knesset Yuli Edelstein durant une cérémonie à l’occasion du 70e anniversaire de l’Indépendance d’Israël, le 15 avril 2018, au mont Herzl. (Crédit : Yonatan Sindel/ Flash90)

« Si l’idée d’un processus de paix, c’est encore une théorie autour de deux leaders courageux se serrant la main et signant un accord, alors ça ne marche pas », a-t-il assuré devant cette conférence qui a lieu chaque année depuis quatre ans à Rome.

Et la seule manière de revenir à une situation dans laquelle « nous pourrons faire quelque chose de positif, c’est la coopération » entre Israéliens et Palestiniens, dans « des domaines concrets », de l’industrie à la gestion de l’eau par exemple, a expliqué M. Edelstein.

« Nous n’avons pas besoin d’un grand accord global pour faire de la coopération », a-t-il insisté.

Le ministre palestinien des Affaires étrangères a également insisté sur la nécessité pour la communauté internationale de « protéger » la solution dite à deux Etats entre Israéliens et Palestiniens, seule option possible, sauf à encourager un « apartheid » entre ces deux peuples.

Une solution à un Etat encouragerait Israël à développer deux systèmes, l’un pour les Israéliens, l’autre pour les Palestiniens, comme c’est déjà le cas par exemple pour le réseau routier, a estimé le ministre, sans donner d’autres détails.

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