Un nouveau président à la tête du CRIF
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Un nouveau président à la tête du CRIF

Le Séfarade Francis Kalifat succède sans surprise à Roger Cukierman ; La communauté juive française est la plus importante d'Europe

Francis Kalifat en juillet 2014 (Crédit : Capture d’écran YouTube/Crif/BFMTV)
Francis Kalifat en juillet 2014 (Crédit : Capture d’écran YouTube/Crif/BFMTV)

Francis Kalifat est devenu dimanche le nouveau président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), vitrine politique de la première communauté juive d’Europe, avec pour « priorité de lutter contre l’antisémitisme, sous toutes ses formes ».

Ce natif d’Oran (Algérie), âgé de 63 ans, succède sans surprise à Roger Cukierman, 79 ans, pour un mandat de trois ans. Il se présentait seul aux suffrages de l’assemblée générale du Crif, qui représente 70 associations.

Avec sa nomination, un séfarade accède à la tête de l’instance de représentation politique du judaïsme français, une première après presque un demi-siècle de domination ashkénaze.

M. Kalifat est aussi un ancien militant du Betar, mouvement de jeunesse de la droite sioniste, parfois qualifié d’extrémiste, qui prône l’auto-défense.

Dans une continuité assumée avec son prédécesseur, Francis Kalifat placera son mandat « sous le signe de la tolérance zéro face à tout ce qui concerne l’antisémitisme », notamment sur le web et les réseaux sociaux, a-t-il expliqué à l’AFP.

Sa nomination intervient alors que plus de 800 actions et menaces antisémites ont été enregistrées en 2015. Soit 40 % des actes racistes commis en France, tandis que les juifs représentent moins de 1 % de la population française.

Cette lutte comprend également « l’antisionisme », qui est selon lui « la nouvelle façon masquée des antisémites de progresser dans la société, caractérisée par tous les mouvements de boycott » de produits israéliens, notamment dans la gauche radicale.

Le nouveau responsable du Crif a ainsi annoncé vouloir sans tarder « obtenir de façon claire l’interdiction en France du mouvement BDS » (boycott, désinvestissement et sanctions).

« Pratiquant et tolérant », il dénonce le « fondamentalisme musulman qui aujourd’hui veut déstabiliser complètement les démocraties ». Il veut aussi « préserver l’indépendance politique du Crif et son refus de tout dialogue avec l’extrême gauche comme avec le Front national », le parti d’extrême droite.

Interrogé sur l’alyah, l’émigration juive vers Israël, qui a atteint un niveau record depuis la France avec près de 8 000 départs en 2015, sans compter les installations dans d’autres pays, Francis Kalifat dit vouloir « oeuvrer pour que les conditions du choix soient rétablies », à savoir que « la sécurité soit assurée et que les juifs puissent choisir en toute liberté, comme tous les autres Français, de partir ou de rester ».

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