Un ouvrier ouzbek arrêté après une vidéo comparant des Israéliens à des rats
Poursuivi pour trouble à l’ordre public après une vidéo filmée lors d’une alerte, il a depuis été relâché ; l’ambassade d’Ouzbékistan dénonce une détention illégale

La police a arrêté un ouvrier du bâtiment ouzbek le 28 février, jour du déclenchement de la guerre avec l’Iran, après la diffusion d’une vidéo filmée lors d’une alerte aérienne dans laquelle il a semblé comparer les personnes qui couraient se mettre à l’abri à des rats, selon un article récent de Haaretz.
Dans la vidéo publiée sur TikTok, l’ouvrier étranger demandait, semble-t-il, à ses spectateurs en tadjik s’ils entendaient les sirènes en arrière-plan. Il disait ensuite: « Tout le monde s’enfuit, comme des rats, tout le monde s’enfuit, il n’y a personne dehors. »
Avi Chen, citoyen israélien d’origine boukhariote, avait vu la vidéo et il avait porté plainte auprès de la police pour ces propos. Les images de l’arrestation montrent que Chen a accompagné les forces de l’ordre lors de l’interpellation, et qu’il a servi d’interprète entre un policier et le suspect, tandis que l’on entend le premier crier sur le second.
« C’est le sort qui est réservé à tous ceux qui incitent à la haine contre nous », déclare Chen à la caméra avant que le policier ne fouille le détenu menotté.
Haaretz a signalé que la police aurait toutefois arrêté l’individu pour trouble à l’ordre public, et non pour incitation à la haine. Contrairement au premier chef d’accusation, les enquêtes pour incitation nécessitent l’autorisation du parquet.
Après l’arrestation, Chen a affirmé sur Facebook avoir rencontré des responsables de l’ambassade d’Ouzbékistan, assurant qu’ils étaient intervenus pour réprimander l’ouvrier avant l’intervention de la police. Il a également avancé que l’homme serait prochainement expulsé d’Israël.
Cependant, Haaretz a expliqué, après avoir contacté l’ambassade, que l’ouvrier a depuis été relâché et qu’il est toujours dans le pays.
L’ambassade a par ailleurs qualifié sa détention d’illégale.
Peu après le début de la guerre, le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, chargé de la supervision de la police, a appelé les forces de l’ordre à sévir contre les incitations présumées, tant en Israël que dans les implantations de Cisjordanie. Selon son ministère, le chef de l’administration pénitentiaire, Kobi Yaakobi, a émis une directive visant à redéfinir tout détenu qui « exprime son soutien à l’Iran » comme un prisonnier de sécurité.







