Un parti juif extrémiste appelle à « expulser nos ennemis »
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Un parti juif extrémiste appelle à « expulser nos ennemis »

Otzma Yehudit s'en est pris à Rafi Peretz, chef de l'Union des partis de droite, qui a conditionné son inclusion dans l'alliance électorale à l'éloignement de deux de ses membres

De gauche à droite : Les membres d'Otzma Yehudit  Baruch Marzel, Michael Ben Ari, le rabbin  Dov Lior et Itamar Ben Gvir lors du lancement de la campagne du parti extrémiste à Jérusalem, le 4 juillet 2019 (Crédit :  Yonatan Sindel/Flash90)
De gauche à droite : Les membres d'Otzma Yehudit Baruch Marzel, Michael Ben Ari, le rabbin Dov Lior et Itamar Ben Gvir lors du lancement de la campagne du parti extrémiste à Jérusalem, le 4 juillet 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le parti extrémiste Otzma Yehudit a lancé jeudi sa campagne pour les élections nationales du mois de septembre, réclamant l’expulsion de « nos ennemis » et s’en prenant à d’autres partis religieux de droite.

Otzma Yehudit, qui s’était présenté lors du scrutin du mois d’avril pour désigner les députés à la Knesset dans le cadre de l’Union des partis de droite, a annoncé la semaine dernière que la formation se présenterait seule lors du prochain vote après une brouille avec les autres factions de l’alliance.

Le parti est dirigé par les disciples auto-proclamés de feu le rabbin extrémiste Meir Kahane et son leader, Michael Ben Ari, a eu l’interdiction de se présenter au cours des dernières élections pour incitations au racisme suite à un jugement de la Haute cour de justice.

« Nous voulons renvoyer nos ennemis dans leurs pays », a déclaré Ben Ari lors du lancement de la campagne à Jérusalem, des propos rapportés par le quotidien Haaretz. « Et j’ai été mis au ban pour avoir dit ça. »

Michael Ben Ari lors du lancement de la campagne d’Otzma Yehudit à Jérusalem, le 4 juillet 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Ben Ari, qui avait été député au sein de la Knesset entre 2009 et 2013, avait appelé Israël à reprendre le contrôle de la bande de Gaza suite à son retrait, en 2005, et à encourager l’émigration des Palestiniens vivant au sein de l’enclave côtière.

« Nous leur donnerons une bouteille d’eau minérale et même un sandwich. On retrouvera leurs pays d’origine où ils pourront aller… Et on nous a dit que c’est raciste », a-t-il asséné.

Kahane avait soutenu l’expulsion violente des Arabes d’Israël et de la Cisjordanie et il avait proposé, à une occasion, une législation qui mettait hors la loi les relations sexuelles inter-ethniques.

Otzma Yehudit affirme dorénavant soutenir l’émigration des non-Juifs d’Israël et l’expulsion des Palestiniens et des Arabes israéliens qui refusent de déclarer leur loyauté à l’Etat juif et d’accepter un statut inférieur dans un Israël élargi, dont la souveraineté s’étendrait à travers toute la Cisjordanie.

Lors de l’événement de campagne, d’autres membres ont fustigé le leader de HaBayit HaYehudi – dont la formation est la plus importante au sein de l’Union des partis de droite – après que le site d’information Ynet a fait savoir dans la matinée que Rafi Peretz pourrait réfléchir à se présenter aux côtés de la faction extrémiste, une fois encore, si Baruch Marzel et Bentzi Gopstein étaient écartés de la liste conjointe.

Le ministre de l’Education Rafi Peretz arrive pour la réunion hebdomadaire de cabinet au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 24 juin 2019 (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Marzel est un ancien secrétaire de Kahane. Il avait travaillé pour lui quand le parti Kach, dirigé par le rabbin, était entré à la Knesset en 1984 avant d’être déclaré hors-la-loi sous les termes des lois antiterroristes.

Gopstein, pour sa part, est à la tête de Lehava, un groupe anti-métissage dont certains députés ont demandé qu’il soit déclaré comme illégal.

« Ils opposent leur veto à la présence de Baruch Marzel et de Bentzi Gopstein. Et je leur dis ‘Qui êtes-vous pour disqualifier Baruch Marzel? Qui êtes-vous pour disqualifier Bentzi Gopstein?’, » a clamé Itamar Ben Gvir, le candidat d’Otzma Yehudit le mieux placé à l’Union des partis de droite.

Marzel et Gopstein s’en sont aussi pris à Peretz.

« Ils ont peur », a affirmé Gopstein. « [Ben Gvir] porte un costume. Moi non, Baruch non plus mais ce n’est pas grave : Nous incarnons tous Otzma Yehudit ».

Michael Ben Ari, au centre, Itamar Ben Gvir, à gauche, et le chef de Lehava Benzi Gopstein, tous du parti Otzma Yehudit, lors d’un événement à Jérusalem marquant le 27ème anniversaire de la mort du rabbin Meir Kahane, le 7 novembre 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La décision prise par Otzma Yehudit de se présenter seul lors du scrutin du mois de septembre a été prise après que la formation a accusé Peretz de ne pas avoir honoré les termes de leur accord pré-électoral.

Ces tensions surviennent alors que des factions de droite et d’extrême-droite variées cherchent actuellement à se réunir pour offrir un front encore plus large pour le nouveau vote.

L’union entre Otzma Yehudit et Habayit HaYehudi avait été orchestrée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour tenter d’empêcher la perte de voix de droite qui aurait pu survenir si, individuellement, les formations concernées n’étaient pas parvenues à franchir le seuil électoral de 3,25 %. Il avait promis à HaBayit HaYehudi deux postes ministériels dans son futur gouvernement et donné à un membre de HaBayit HaYehudi la 28e place sur la liste du Likud.

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