Un policier a tué un Arabe ayant des besoins particuliers à Haïfa
Rechercher

Un policier a tué un Arabe ayant des besoins particuliers à Haïfa

Selon un porte-parole de la police, le policier se serait senti en danger ; la soeur de Munir Anabtawi affirme qu'il n'avait pas de couteau ; une vidéo a été publiée

Munir Anabtawi (Crédit : autorisation)
Munir Anabtawi (Crédit : autorisation)

La police a mortellement blessé un Arabe de 33 ans ayant des besoins particuliers à Haïfa, dans le centre du pays, en début d’après-midi, a fait savoir la police lundi.

Selon un porte-parole de la police, l’homme qui s’appelait Munir Anabtawi était en train de courir et il était en possession d’un couteau. Sa mère avait appelé à l’aide les forces de l’ordre, a continué le porte-parole.

« Des agents sont arrivés sur les lieux, ils l’ont vu à proximité de son habitation, au rez-de-jardin. Il a sorti un couteau et a couru après un agent, le blessant légèrement au visage », a expliqué un porte-parole de la police de Haïfa.

Un policier a alors ouvert le feu, le blessant grièvement. Il a été évacué vers l’hôpital Rambam de Haïfa où il a succombé à ses blessures.

« L’agent a eu le sentiment que sa vie était en danger immédiat », a ajouté le porte-parole.

Le département des enquêtes internes de la police au sein du ministère de la Justice a ouvert une enquête.

La famille a ensuite accusé la police de la mort de Munir Anabtawi, sa mère affirmant que les policiers avaient « perdu le contrôle ».

« Il n’avait pas de couteau à la main, il fuyait les policiers », a indiqué sa sœur Shirin, selon la chaîne publique Kan. « Maman a demandé à ce qu’il soit emmené pour se faire soigner, » ajoutant que la situation ne justifiait pas le tir de cinq balles, dont trois qui l’ont touché, selon une analyse médico-légale.

Selon l’organisation à but non-lucratif Abraham Initiatives, 28 Arabes sont décédés de mort violente, au sein de l’État d’Israël, depuis le début de l’année 2021. Six ont été tués par la police et 22 dans un contexte de violences intracommunautaires.

Après la diffusion d’une vidéo de l’incident, la famille de Munir Anabtawi continue d’attribuer le blâme aux policiers qualifiés de « non professionnels », ajoutant que les images diffusées étaient « incomplètes » et montrent seulement le premier de plusieurs coups de feu tirés sur lui après qu’il a brandi un couteau aux policiers.

« Nous avons vu des vidéos de l’incident, et après que les membres de la famille ont vu le corps du défunt à l’hôpital de Rambam, il est clair que les policiers ont agi de manière non professionnelle, utilisant des tirs réels à plusieurs reprises, et le tuant », a déclaré la famille dans un communiqué publié par l’association juridique du Centre Musawa.

« Des policiers formés sont censés neutraliser un suspect, qui est mentalement malade, sans le tuer », ajoute le communiqué. « Dans la vidéo incomplète envoyée par la police, qui ne représente pas l’ensemble de l’incident, les autres policiers ne sont pas vus et il est impossible de déterminer à quel stade ils ont commencé à tirer sur le défunt. »

La famille appelle à une « enquête approfondie et professionnelle », affirmant que de tels incidents se répètent généralement lorsque les suspects sont arabes.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...