Un policier inculpé pour avoir battu un manifestant arabe à Haïfa
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Un policier inculpé pour avoir battu un manifestant arabe à Haïfa

L'officier de police Lior Hatam a été inculpé pour avoir cassé le genou de Jafar Farah après une manifestation en soutien à Gaza

Jafar Farah, un employé d'une ONG arabo-israélienne, affirme qu'un policier lui a cassé le genou après son arrestation. (Capture d'écran : Twitter)
Jafar Farah, un employé d'une ONG arabo-israélienne, affirme qu'un policier lui a cassé le genou après son arrestation. (Capture d'écran : Twitter)

Dimanche, un officier de police a été inculpé par le service des affaires internes (PIID) pour avoir frappé et cassé le genou à Jafar Farah, militant des droits des Arabes israéliens, après son arrestation lors d’une manifestation à Haïfa l’année dernière.

Farah a été arrêté avec 20 autres personnes lors d’une manifestation de solidarité avec la bande de Gaza à Haïfa en mai 2018. La police a ensuite été accusée de brutalité après cette manifestation. Farah a affirmé que l’officier de policier lui avait donné un coup de pied dans la jambe, lui cassant le genou, alors qu’il était en détention.

L’inculpation a été déposée devant le tribunal de Haïfa contre l’officier Lior Hatam, âgé de 34 ans, et l’accuse d’agression sur Farah et aussi contre sept autres manifestants, a déclaré le PIID dans un communiqué

Selon les documents d’inculpation, Hatam a donné un coup de pied à Farah au poste de police alors que celui-ci était assis au sol et menotté. Il a ensuite relevé Farah et l’a frappé à plusieurs reprises, entraînant une fracture de son genou. Après cela, il a traîné aux toilettes et l’a fouillé, lui demandant – illégalement – de se déshabiller pour une fouille à nu.

On a refusé à Farah d’avoir accès à des soins jusqu’au lendemain matin.

Jafar Farah, membre arabe israélien d’une ONG, qui affirme que la police lui a cassé le genou après son arrestation. Ici devant les magistrats, le 20 mai 2018 (Capture d’écran : Hadashot)

Hatam est suspendu depuis l’incident.

Après l’incident, la police a commencé par déclarer que toutes les arrestations avaient été « menées en respect de la loi et des procédures ». Ils ont dit que les manifestants avaient notamment jeté des pierres sur des officiers, endommagé des propriétés et tenté de bloquer les routes en troublant l’ordre public.

L’officier a nié tout usage de la force contre Farah. Des officiers de police qui étaient avec Farah alors qu’il était en garde à vue ont témoigné en confirmant que l’activiste n’avait pas été blessé par l’officier accusé. Ils avaient suggéré qu’il s’était fait mal à la jambe lors des échauffourées de la manifestation, avait annoncé Haaretz à l’époque.

Pourtant, des images de l’arrestation de Farah montrent qu’il est embarqué menotté et qu’il marche par lui-même.

En octobre, PIID a annoncé son intention de le poursuivre avant une audience préliminaire.

Le chef de la police Roni Alsheich lors de la cérémonie de bienvenue en son honneur, au siège de la police nationale à Jérusalem, le 3 décembre 2015 (Crédit : Hadas Parush / FLASH90)

Roni Alsheich, le chef de la police de l’époque, avait semblé remettre en doute les accusations de Farah dans les jours suivant l’incident, reconnaissant que « les allégations doivent être vérifiées » mais en ajoutant que « chaque délinquant fait des allégations contre des officiers de police » et qualifiant la manifestation de « violente et illégitime ».

L’affaire avait aussi entraîné certains remous diplomatiques, alors qu’un communiqué de l’Union européenne appelait à une enquête sur les allégations de Farah ce qui avait conduit à des réponses pleines de colère de la part des ministres israéliens.

Gilad Erdan, le ministre de la Sécurité publique, en charge de la police a dit que l’Union ne devrait pas « s’impliquer dans les affaires internes israéliennes. Israël, la seule démocratie du Moyen-Orient, n’a pas besoin d’avertissement moral de la part d’une entité biaisée et obsédée comme l’Union européenne ».

Yuval Steinitz, le ministre de l’Energie, était allé encore plus loin, en disant que l’UE pourrait « aller un millier de fois en enfer » pour avoir demandé à Israël de mener une enquête sur l’incident. C’est le sommet de l’insolence, c’est le sommet de l’hypocrisie ».

Stuart Winer a contribué à cet article.

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