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Un possible médicament israélien ralentirait l’action d’une protéine dans Alzheimer

Les scientifiques disent que les résultats en laboratoire montrent que le médicament pourrait être prometteur contre les maladies neurodégénératives

Image d'illustration 3D d'un homme, avec le cerveau en surbrillance. (Crédit : kirstypargeter via iStock by Getty Images)
Image d'illustration 3D d'un homme, avec le cerveau en surbrillance. (Crédit : kirstypargeter via iStock by Getty Images)

Des scientifiques israéliens disent avoir développé un traitement qui ralentirait les dépôts d’une protéine dans le cerveau qui sont à l’origine de la maladie d’Alzheimer, ajoutant qu’il pourrait être aussi utilisé pour certains troubles du spectre autistique.

L’équipe de l’université de Tel Aviv à l’origine de cette recherche peer-reviewed a constaté une amélioration des symptômes présents chez les souris.

La plus grande réussite, ont-ils déclaré, a été la baisse spectaculaire de l’accumulation excessive d’une protéine dans le cerveau, la protéine Tau. Elle occupe des fonctions importantes dans un cerveau normal mais chez les malades d’Alzeihmer, elle a tendance à s’accumuler de manière excessive, prenant une forme repliée et anormale.

Les scientifiques ont modifié les génomes des souris pour y introduire un trouble rare du développement appelé syndrome ADNP, associé à une grande diversité de symptômes dont un grand nombre sont proches de ceux que présentent les malades d’Alzheimer.

Cela fait des années que la professeure Illana Gozes, biochimiste à l’université de Tel Aviv, travaille sur ce médicament expérimental dans le traitement du syndrome ADNP – un médicament qui s’appelle NAP et qui s’appuie sur l’octapétide NAPVSIPQ, un extrait de protéine essentielle pour la formation du cerveau.

Elle a dorénavant utilisé des techniques d’édition génomique – de modification des génomes – pour amener des souris à développer le syndrome ADNP et examiner l’impact de NAP sur les différents symptômes. Elle a constaté une forte réduction de l’accumulation de la protéine Tau et déclaré que si le même effet était observé dans les essais cliniques sur des êtres humains, alors le médicament pourrait être un bon candidat pour empêcher l’apparition d’Alzheimer.

« C’est la première fois que nous avons examiné l’impact de NAP en utilisant un modèle animal ayant subi des éditions génomiques et les indications dont nous disposons sont que le médicament protège contre les mêmes dépôts qui sont retrouvés dans les cerveaux des personnes atteintes d’Alzheimer », a confié Gozes au Times of Israel.

« Chez les êtres humains, plus il y a de dépôt, plus il y a tendance à y avoir des troubles neurodégénératifs et ces résultats sont donc très positifs ».

La professeure Illana Gozes (Autorisation : Illana Gozes)

En plus de la réduction de l’accumulation de la protéine Tau, des changements de l’activité électrique du cerveau communs chez les malades d’Alzheimer ont été réduits après administration du NAP, explique Gozes.

Son équipe, dont a fait partie le docteur Gideon Carmon, a aussi observé un amoindrissement d’autres symptômes associés au syndrome ADNP, notamment concernant un ralentissement du développement et des difficultés rencontrées pour marcher.

L’un des symptômes de l’ADNP est le trouble du spectre autistique, et Gozes dit espérer que les résultats positifs obtenus en laboratoire signifieront que le NAP pourra aider à soigner certains cas d’autisme – ceux entraînés par le syndrome ADNP mais aussi de « nombreux » autres ».

« Cette étude est un tournant important dans le développement d’un médicament – ou de plusieurs – qui aideront les enfants atteints de troubles du spectre autistique provenant de mutations génétiques ainsi que les malades d’Alzheimer », a déclaré Gozes.

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