« Un potentiel espoir » pour traiter le cancer du pancréas – chercheurs israéliens
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« Un potentiel espoir » pour traiter le cancer du pancréas – chercheurs israéliens

Un nouveau médicament ralentit la progression de la maladie pour les patients porteurs de la mutation génétique BRCA, selon une étude menée par Sheba, AstraZeneca et Merck&Co Inc

Image d'un patient atteint de cancer et sa perfusion goutte à goutte. (CIPhotos, iStock par Getty Images)
Image d'un patient atteint de cancer et sa perfusion goutte à goutte. (CIPhotos, iStock par Getty Images)

Des chercheurs du centre médical Sheba à Tel HaShomer ont déclaré dimanche qu’une thérapie médicamenteuse ciblée contre le cancer, élaborée en collaboration avec les géants AstraZeneca et Merck&Co Inc. offrent un « potentiel espoir » pour les patients atteints d’un type spécifique de cancer pancréatique, parce qu’il retarde la progression de la maladie.

Le docteur Talia Golan, chef du centre du cancer du pancréas du centre médical Sheba, a mené des recherches et des essais cliniques avec AstraZeneca et MSD, (dénomination de Merck en dehors des Etats-Unis) pour évaluer la tolérance et tester l’efficacité de ce nouveau traitement médicamenteux à base de comprimés de Lynparza, ou Olaparib.

Les comprimés sont un inhibiteur pharmacologique de l’enzyme polymérase (ADP-ribose), ou PARP.  Les inhibiteurs PARP sont un groupe de médicaments qui inhibent l’enzyme. Ils sont mis au point pour traiter plusieurs pathologies, mais sont principalement utilisés dans le traitement du cancer. Plusieurs formes de cancer dépendent de cette enzyme que d’autres cellules, ce qui fait des PARP une cible prisée pour la thérapie du cancer.

Ceux qui ont bénéficié du médicament dans l’étude ont vu s’écouler en moyenne 7,4 mois avant que leur pathologie n’empire, le taux « de survie sans progression », contre 3,8 mois pour le groupe qui a reçu le placebo, ont expliqué les chercheurs.

L’étude, appelée POLO, a été menée sur 154 patients atteints d’un cancer métastatique du pancréas porteurs des mutations génétiques BRCA 1 et BRCA 2. Les patients porteurs de ces mutations « sont un sous-groupe des patients atteints d’un cancer métastatique du pancréas », ont indiqué les chercheurs dans leur étude. Golan a expliqué dans une interview que ce sous-groupe représente 6 à 7 % des patients atteints d’un cancer métastatique du pancréas.

Les résultats de la la troisième phase randomisée de l’étude en double aveugle contrôlée par placebo seront publiés en juillet dans le New England Journal of Medicine, ont indiqué les partenaires.

« L’essai POLO du médicament Lynzpara offre des espoirs potentiels pour ceux qui sont atteints d’un cancer métastatique du pancréas et sont porteurs de la mutation BRCA », a déclaré Golan dans le communiqué. « Ce traitement illustre l’avancée de la « médecine de précision » basée sur un marqueur biogénétique spécifique, BRCA 1 et 2. »

Dans l’étude, les patients ont été assignés au hasard au groupe qui a reçu le comprimé, à raison de 300 milligrammes deux fois par jour, ou au groupe qui a reçu le placebo.

Cependant, si le médicament a ralenti la progression de la maladie, une analyse intermédiaire a montré qu’il n’y avait « aucune différence » dans le taux de survie « général entre le groupe auquel le traitement a été administré, et le groupe qui a reçu le placebo, une médiane de 18,9 mois contre 18,1 mois, a montré l’étude.

Le cancer du pancréas est le 12e type de cancer le plus répandu dans le monde, avec 458 918 nouveaux cas pour seulement 2018. Il s’agit de la quatrième cause de décès par cancer et représente 7 % de tous les décès par cancer, selon Cancer.Net. Le taux de survie à cinq ans des personnes atteintes d’un cancer du pancréas est de 9 %. Le cancer est souvent difficile à diagnostiquer, car il n’existe aucun moyen efficace et rentable de dépister la maladie, ce qui signifie qu’il est souvent détecté à un stade tardif, quand il s’est propagé. Pour 52 % de personnes diagnostiquées après la propagation du cancer, le taux de survie à 5 ans est de 3 %, indique Cancer.Net.

« Quand nous avons vu que les résultats étaient positifs, c’était un moment exceptionnel, phénoménal », a déclaré Golan dans une interview. « Pour notre secteur, c’est énorme. »

Elle a ajouté que c’est la première étude de phase 3 sur les biomarqueurs qui est positive pour le cancer du pancréas et que le médicament « fournit un espoir incroyable pour les patients » atteints de ce cancer à un stade avancé. « Ce médicament s’est montré efficace et a [obtenu] une réponse vraiment phénoménale chez les patients », a-t-elle dit.

BRCA1 et BRCA2 sont des gènes humains qui produisent des protéines responsables de la réparation de l’ADN endommagé et jouent un rôle important dans le maintien de la stabilité génétique des cellules. Lorsque l’un ou l’autre de ces gènes est muté ou modifié, de sorte que son produit protéique n’est pas fabriqué ou ne fonctionne pas correctement, les dommages causés à l’ADN peuvent ne pas être réparés correctement et les cellules deviennent instables. En conséquence, les cellules sont plus susceptibles de développer des modifications génétiques supplémentaires pouvant conduire au cancer. Un nombre important de Juifs ashkénazes (d’origine européenne) dans le monde sont porteurs des gènes BRCA 1 & 2.

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