Un prix Google remis à une analyse sur l’enquête consacrée à la mort de Nisman
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Un prix Google remis à une analyse sur l’enquête consacrée à la mort de Nisman

La Nacion Data Argentina a été reconnue pour son innovation dans son reportage consacré aux liens présumés de l'Iran avec l'attentat à la bombe commis dans un centre juif et la mort mystérieuse par balles d'un procureur qui avait affirmé que les faits avaient été couverts par le gouvernement

Une veillée à Buenos Aires pour le premier anniversaire de la mort du procureur Alberto Nisman, le 18 janvier 2016. (Crédit : Omer Musa Targal / Agence Anadolu / Getty Images)
Une veillée à Buenos Aires pour le premier anniversaire de la mort du procureur Alberto Nisman, le 18 janvier 2016. (Crédit : Omer Musa Targal / Agence Anadolu / Getty Images)

L’enquête parue dans un média d’information argentin consacrée à la mort du procureur juif Alberto Nisman a remporté un prix national décerné par Google Argentine et le Forum national des journalistes professionnels.

Le lauréat du « Prix d’innovation et numérique » national a été annoncé durant le 6ème Congrès national du journalisme numérique organisé par le Forum national des Journalistes professionnels ou FOPEA.

La Nacion Data Argentina a analysé 40 000 enregistrements audios provenant du téléphone alors mis sur écoute d’un agent iranien pendant deux ans, publiant les conclusions et développant une nouvelle application pour faire des recherches par sujet ou par personne.

Google Argentine a reconnu l’importance de « l’exploration et des essais de différentes technologies pour réaliser un objectif journalistique, l’un d’entre eux étant la reconnaissance vocale pour permettre une transcription précise des enregistrements » des mises sur écoute que Nisman avait présentées comme preuve de son accusation d’action terroriste couverte par le gouvernement.

« La technologie était incapable de remplir de manière satisfaisante cette tâche et cela marque un moyen pour Google et d’autres entreprises de continuer à travailler pour développer davantage d’outils plus performants. »

Des centaines de personnes avec des bougies sur la place Alemania de Buenos Aires pendant une cérémonie de commémoration en hommage au procureur argentin Alberto Nisman, présumé assassiné, le 18 janvier 2016. (Crédit : Ilan Ben Zion/The Times of Israel)
Des centaines de personnes avec des bougies sur la place Alemania de Buenos Aires pendant une cérémonie de commémoration en hommage au procureur argentin Alberto Nisman, présumé assassiné, le 18 janvier 2016. (Crédit : Ilan Ben Zion/The Times of Israël)

Nisman avait accusé le gouvernement argentin de couvrir l’implication de l’Iran dans les explosions à la bombe survenues en 1994 au centre juif AMIA, qui avaient tué 85 personnes et en avaient blessé 300.

L’analyse des données menée par 120 bénévoles a permis de découvrir plusieurs liens avec l’Iran, notamment des preuves que la communauté locale iranienne avait payé une caution pour aider un militant local accusé d’être un membre du mouvement violent Quebracho et que le sénateur national d’un parti gouvernemental officiel s’était avéré être un lobbyiste actif au nom du gouvernement iranien en partenariat avec des hommes d’affaires locaux.

De plus, il a été révélé que l’Iran avait financé un mouvement militant local favorable au gouvernement de Kirchner pour l’aider à organiser des manifestations et des mouvements de protestation contre l’ambassade américaine.

Un juge fédéral a demandé que les preuves des enregistrements transcrits soient utilisées dans le cadre de l’enquête contre l’ancien ministre des Affaires étrangères Héctor Timerman, qui est accusé de trahison à l’encontre de l’Argentine dans une plainte déposée par les pères de deux victimes des explosions survenues à l’AMIA.

Nisman, un procureur juif, a été trouvé tué par balles le 18 janvier 2015, quelques heures avant qu’il ne présente ses accusations d’un accord secret visant à couvrir le rôle présumé tenu par des responsables iraniens dans l’attentat à la bombe de l’AMIA à Buenos Aires. Ces accusations affirmaient que la présidente argentine d’alors, Cristina Fernandez de Kirchner, Timerman et le gouvernment avaient participé à ce travail de couverture.

Il n’a pas encore été déterminé si la mort de Nisman, trouvé dans son appartement, était un meurtre ou un suicide.

L’enquête de La Nacion fait également partie des sélections pour le Prix des données d’information mondial.

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