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Un professeur controversé blessé par une chaise lancée sur lui devant des caméras

La police a arrêté un jeune de 16 ans pour l'interroger sur les actes de violence commis à l'encontre d'Amir Hetsroni, connu pour ses commentaires racistes et sexistes

Amir Hetsroni sur la Deuxième chaîne, le 22 mars 2015 (Crédit : Capture d'écran Deuxième chaîne)
Amir Hetsroni sur la Deuxième chaîne, le 22 mars 2015 (Crédit : Capture d'écran Deuxième chaîne)

Le professeur, romancier et provocateur Amir Hetsroni a été blessé lundi lorsque quelqu’un lui a jeté une chaise à la figure pendant une émission en direct.

Hetsroni, connu pour ses commentaires offensants sur quasiment tous les segments de la société israélienne, enregistrait une émission à Ashdod pour « Online TV », qui diffuse son contenu sur YouTube et les réseaux sociaux.

Dans une vidéo sous plusieurs angles qui a largement été diffusée sur les réseaux sociaux, Hetsroni est touché au visage par une chaise jetée sur lui pendant la discussion. Il se met à saigner et semble étourdi et désorienté, s’accrochant à l’homme assis à côté de lui. Par la suite, Hetsroni a reçu un traitement médical et a déposé plainte auprès de la police.

La police a déclaré mardi qu’elle avait arrêté un garçon de 16 ans pour l’interroger sur l’incident.

Hetsroni a un long passif de commentaires racistes, sexistes et offensants. Il s’insurge régulièrement contre la présence de Juifs mizrahim – originaires de nations du Moyen-Orient – en Israël, déclarant que, selon lui, ils n’auraient pas dû être autorisés à immigrer.

« Je viens d’être attaqué pendant un tournage à Ashdod par la deuxième génération d’hommes des cavernes qui sont venus [en Israël] sans sélection parce qu’ils avaient un grand-père juif », a tweeté Hetsroni après l’incident lundi. « Pensez à cela la prochaine fois que vous croirez que ‘sélection’ est un mauvais mot. »

Hetsroni semblait faire référence à la loi du retour d’Israël, qui accorde la citoyenneté à toute personne ayant un grand-parent juif.

Le professeur controversé s’élève aussi régulièrement contre l’existence d’Israël – l’appelant « la Corée du Nord du Moyen-Orient » – et a un jour posté une photo où il utilisait le drapeau israélien pour passer la serpillère sur son sol. Il a également imputé la victoire électorale du Likud sur le Parti travailliste en 2015 à la loi du retour et à la présence de Juifs mizrahim.

En 2014, Hetsroni avait été licencié de son poste à l’université d’Ariel pour avoir fait des commentaires insultants sur les femmes victimes d’agressions sexuelles. Un an plus tard, il a annoncé qu’il quittait le pays pour aller en Europe.

Plus récemment, il a été employé par l’université Koç à Istanbul, mais a été licencié l’année dernière pour « comportement inapproprié ».

Par le passé, Hetsroni s’est moqué des soldats israéliens décédés, estimant que ces derniers étaient « trop stupides » pour éviter d’être mobilisés, et a suggéré que les féministes devraient toutes quitter le pays.

Dans un tweet mardi, Hetsroni a continué à s’en prendre aux Juifs marocains, supposant qu’un individu de cette origine était responsable de l’attaque.

« Il n’y a pas que les Marocains qui sont violents », a-t-il écrit. « Les Bédouins sont probablement plus violents, et les habitants des implantations ne manquent pas [de violence] – mais les Marocains sont pardonnés. » Il a suggéré que si un Bédouin ou un habitant des implantations « m’avait jeté une chaise, ils auraient déjà été expulsés de leur tente ou de leur avant-poste, mais les Marocains sont pardonnés parce que nous avons osé les sortir de leur grotte » et les amener en Israël.

Le député Meretz Ali Salalha a tweeté mardi qu’on « peut dire et penser beaucoup de choses sur le professeur Amir Hetsroni, mais comme je l’ai enseigné à mes élèves au lycée – la violence n’est pas la réponse ! »

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