Un projet de loi pour réduire de moitié la période de campagne électorale
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Un projet de loi pour réduire de moitié la période de campagne électorale

Le projet du député du Likud, Miki Zohar, réduirait la campagne de 90 à 45 jours, une idée qui serait très soutenue par les partis ; Kakhol lavan en tête dans un sondage

Une famille vote dans l'implantation de Tekoa, en Cisjordanie, le 17 septembre 2019 (Crédit : AP Photo/Tsafrir Abayov)
Une famille vote dans l'implantation de Tekoa, en Cisjordanie, le 17 septembre 2019 (Crédit : AP Photo/Tsafrir Abayov)

Alors que les Israéliens font face à la très impopulaire perspective d’un troisième scrutin en moins d’une année, le député du Likud, Miki Zohar, a soumis mardi un projet de loi qui vise à réduire de moitié la période de campagne électorale. Objectif : atténuer l’impact du processus sur l’économie et les citoyens.

Zohar, président de la faction du Likud, a proposé de modifier la « Loi Fondamentale : Le Gouvernement », quasi-constitutionnelle, de manière à ce que la période électorale ne dure que 45 jours plutôt que 90 comme c’est actuellement le cas.

Cette idée est largement soutenue des deux côtés de l’échiquier politique, d’après le site Ynet. Le parti de droite Yisrael Beytenu et la formation centriste Kakhol lavan seraient favorables à ce texte.

Selon le projet de loi, cette diminution de la période électorale vise à « réduire son impact sur l’économie israélienne et sur l’opinion publique et à permettre dans les meilleurs délais l’établissement d’un nouveau gouvernement ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (G) avec le député Miki Zohar lors d’une réunion de faction du Likud à la Knesset, le 7 décembre 2015. (Yonatan Sindel/Flash90)

Zohar a également proposé l’abandon de la journée nationale de congé qui est accordée à l’occasion du vote, qui, selon les estimations, coûterait à l’économie cinq milliards de shekels.

« Dans les nouvelles circonstances, avec des élections organisées plus de deux fois par an, la journée de congé n’est plus nécessaire et représente un fardeau économique pour les employeurs qui sont ceux qui la financent », a-t-il écrit dans sa proposition.

Zohar a fait remarquer que ce jour chômé n’était pas très pratiqué dans le monde et que rien n’avait prouvé qu’il permettait de renforcer le taux de participation au scrutin.

Possible opposant à ce changement, la Commission centrale électorale qui pourrait dire ne pas être prête pour le scrutin dans le nouveau délai imparti – dans la mesure où elle doit préparer des lieux adaptés pour les bureaux de vote et réunir la main-d’œuvre nécessaire au bon déroulement de la journée.

Deux élections nationales organisées aux mois d’avril et septembre ne sont pas parvenues à donner lieu à la formation d’un gouvernement. La Knesset a dorénavant jusqu’au 11 décembre pour que les députés s’accordent sur un député susceptible d’en constituer un. Le cas échéant, le Parlement sera dissout, et de nouvelles élections se tiendront, probablement en mars.

Autre modification proposée à la loi électorale, celle du député de Kakhol lavan Zvi Hauser qui a été soumise la semaine dernière pour permettre aux Israéliens de l’étranger de prendre part au scrutin.

Zvi Hauser du parti Kakhol lavan au Parlement israélien, le 6 mai 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Ce projet de loi vise à permettre aux citoyens se trouvant temporairement à l’étranger pour le travail ou des études de voter, a expliqué Zvi Hauser dans un communiqué. Sous les termes de la loi actuelle, seuls peu de ressortissants se trouvant hors des frontières – notamment les diplomates et les émissaires de l’Agence juive – ont le droit de placer un bulletin dans l’urne s’ils se trouvent hors du pays le jour des élections.

« Si des élections ont lieu encore une fois, une immense distorsion empêchera de voter des dizaines de milliers d’Israéliens qui résident temporairement hors d’Israël, en raison de leur présence à l’étranger le jour J ».

« Il est temps de moderniser la loi israélienne et de l’adapter aux changements survenus au cours des 50 dernières années », a-t-il dit.

Son communiqué citait des chiffres émis par le Bureau central des statistiques qui estime qu’environ 550 000 Israéliens vivant à l’étranger depuis plus d’un an étaient considérés comme habilités à voter lors du dernier scrutin, mais qu’ils n’ont pas pu le faire, se trouvant hors des frontières.

Kakhol lavan devant le Likud dans les sondages

Mardi également, un sondage diffusé par la Douzième chaîne a révélé que si les élections avaient lieu aujourd’hui, la formation Kakhol lavan, avec à sa tête le député Benny Gantz, remporterait 37 sièges tandis que le parti du Likud de Benjamin Netanyahu n’en obtiendrait que 30 sur les 120 que compte la Knesset.

Au cours du dernier scrutin, Kakhol lavan en avait gagné 33 et le Likud, 32.

La Liste arabe unie, alliance des partis à majorité arabe, arracherait 12 sièges – un de moins par rapport au dernier scrutin. Les deux mouvements ultra-orthodoxes, Shas et YaHadout HaTorah, en remporteraient huit et sept, respectivement – soit un fauteuil de moins pour Shas, a établi l’enquête d’opinion.

Yisrael Beytenu perdrait également un siège, ce qui lui en octroierait donc sept.

HaYamin HaHadash, pour sa part, passerait de trois à six représentants au sein du Parlement israélien. L’alliance Travailliste-Gesher perdrait un siège, pour un total de cinq, et l’alliance HaBayit HaYehudi-Union nationale en glanerait quatre – restant stable. Pour sa part, le Camp démocratique tomberait à quatre sièges contre cinq actuellement.

Dans l’ensemble, néanmoins, le bloc de droite et religieux, avec à sa tête Netanyahu, totaliserait encore les 55 fauteuils qu’il compte actuellement – en dessous des 61 sièges nécessaires pour former une majorité à la Knesset.

Le bloc de centre-gauche de Gantz ne parviendrait pas non plus à dégager une majorité claire, ce qui signifie que l’impasse politique continuerait.

Le sondage a également interrogé les électeurs du Likud sur leur candidat de prédilection pour les primaires du parti : 89 % ont indiqué favoriser Netanyahu, 4 % seulement se prononçant en faveur de Gideon Saar.

Après l’annonce de la mise en examen de Netanyahu, la semaine dernière, Saar a ouvertement défié le Premier ministre au poste de numéro un du Likud.

A la question de savoir si Netanyahu devait rester Premier ministre aujourd’hui, 56 % des sondés ont répondu par la négative, 37 % ont dit « oui » et 7 % « je ne sais pas ».

Par ailleurs, 42 % des personnes interrogées ont attribué la responsabilité d’un éventuel troisième scrutin à Netanyahu, 35 % à Avigdor Liberman, 5 % à Yair Lapid et 4 % à Benny Gantz.

Cette enquête d’opinion en ligne a été réalisée le 25 novembre auprès de 150 personnes de plus de 18 ans. La marge d’erreur est de 4,2 %.

Netanyahu rencontre Edelstein, les deux prônant l’unité au sein du Likud

Après la mise au défi de Netanyahu par Saar, le Premier ministre et le président de la Knesset Yuli Edelstein, également numéro deux sur la liste du Likud, ont émis un communiqué appelant à « l’unité » au sein de la formation.

« Les tensions doivent diminuer pour éviter les scissions et les querelles internes et rester unis face aux défis auxquels le mouvement et l’Etat doivent faire face », ont-ils demandé, selon la Treizième chaîne.

Après l’échec de Netanyahu et de Gantz à former un gouvernement à l’issue du scrutin de septembre, il a été spéculé qu’un autre candidat – comme Saar ou Edelstein – pourrait utiliser la période de 21 jours pour réunir les 61 signatures qui leur permettrait d’avoir la charge de rassembler une coalition.

Gideon Saar, membre du Likud, lors de la réunion des factions du parti lors de la séance d’ouverture de la 22e Knesset, le 3 octobre 2019. (Hadas Parush/Flash90)

La Douzième chaîne a noté, mardi, que des négociations en coulisses avaient lieu pour tenter de former un gouvernement d’unité malgré l’impasse politique.

Les pourparlers évoqueraient la possibilité que Netanyahu assume les fonctions de Premier ministre pendant plusieurs mois. Un membre de Kakhol lavan – probablement Gantz – lui succéderait alors pendant deux ans, puis un candidat du Likud reprendrait la fonction pendant tout le reste du mandat.

Mais le Yedioth Ahronoth a fait savoir que Netanyahu avait rejeté cette idée parce que Kakhol lavan se refuserait à soutenir sa requête d’immunité dans sa mise en examen pour corruption.

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