Un rapport sur l’écart entre les sexes parmi les dirigeants juifs
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Un rapport sur l’écart entre les sexes parmi les dirigeants juifs

L'enquête, qui a reçu des fonds dans le cadre du prix Genesis décerné à Ruth Bader Ginsburg, révèle que relativement peu de femmes sont à la tête de groupes juifs

De gauche à droite : Les anciennes juges de la Cour suprême Miriam Naor et Esther Hayut ; le cofondateur et président de la Fondation du prix Genesis Stan Polovets ; la juge de la Cour suprême et lauréate du prix Genesis pour l'ensemble de sa carrière, la juge Ruth Bader Ginsburg ; et les anciens présidents de la Cour suprême israélienne Aaron Barak et Dorit Beinich, lors de la cérémonie de remise du prix Genesis à Tel Aviv, le 4 juillet 2018. (Crédit : Eran Lamm/Lens Productions)
De gauche à droite : Les anciennes juges de la Cour suprême Miriam Naor et Esther Hayut ; le cofondateur et président de la Fondation du prix Genesis Stan Polovets ; la juge de la Cour suprême et lauréate du prix Genesis pour l'ensemble de sa carrière, la juge Ruth Bader Ginsburg ; et les anciens présidents de la Cour suprême israélienne Aaron Barak et Dorit Beinich, lors de la cérémonie de remise du prix Genesis à Tel Aviv, le 4 juillet 2018. (Crédit : Eran Lamm/Lens Productions)

JTA – Environ deux ans avant le décès de Ruth Bader Ginsburg, la Fondation du prix Genesis a distribué 3,5 millions de dollars pour des initiatives d’équité entre les sexes en l’honneur de la juge de la Cour suprême américaine. L’une des subventions Ginsburg a porté ses fruits avec la publication d’un rapport sur les raisons pour lesquelles il y a relativement peu de femmes leaders dans les institutions juives – et sur la manière de résoudre le problème.

Selon The Chronicle of Philanthropy (« La Chronique de la Philanthropie »), Mme Ginsburg avait examiné les subventions et, lorsqu’elle avait pris connaissance du rapport prévu, elle avait secoué la tête, consternée que les organisations juives soient toujours aux prises avec un écart entre les sexes en matière de leadership.

L’attitude de Mme Ginsburg était presque : « On fait encore ça ? », a déclaré Jill Smith, une responsable du prix Genesis qui était avec Ginsburg pour cet examen, dans une interview avec The Chronicle of Philanthropy.

L’organisation qui s’est chargée de l’étude se nomme Leading Edge. Fondée en 2014, Leading Edge conseille les organisations juives à but non lucratif sur la façon de retenir les employés et de favoriser leur développement en tant que leaders. (70 Faces Media, la société mère de la Jewish Telegraphic Agency, a participé à des études de Leading Edge.)

Dans le cas présent, le groupe s’est concentré sur le genre et a constaté que les femmes étaient de plus en plus représentées dans les conseils d’administration et les bureaux de direction. Les femmes dirigent désormais près de la moitié des fédérations juives, selon l’étude, qui note également que des postes de direction de haut niveau au American Jewish Joint Distribution Committee et au Jewish Theological Seminary ont été pourvus par des femmes l’année dernière.

Mais dans l’ensemble, selon l’enquête, les femmes ont toujours tendance à diriger les petites organisations à but non lucratif et les programmes. La plupart des camps d’été juifs sont dirigés par des hommes, tout comme près des deux tiers des centres communautaires juifs et l’ensemble des 17 fédérations desservant les grandes zones métropolitaines, sauf une.

« L’écart persistant entre les sexes en matière de leadership signifie que nous n’exploitons pas le talent, l’expérience et la perspective de tous les leaders de notre communauté », a déclaré Gali Cooks, présidente et directrice générale de Leading Edge, dans un communiqué.

La juge de la Cour suprême américaine Ruth Bader Ginsburg a pris la parole après la projection de « RBG », le documentaire qui lui est consacré, à Jérusalem, le 5 juillet 2018. (Crédit : AP Photo/Caron Creighton, File)

L’écart entre les sexes dans le leadership est un problème pour le monde à but non lucratif au sens large, selon The Chronicle of Philanthropy, et les organisations chrétiennes évangéliques ont tendance à présenter un déséquilibre plus important que les organisations juives.

Pour produire le rapport, les chercheurs de Leading Edge ont consacré deux ans à des enquêtes, des ateliers et des séances d’écoute sur les causes perçues de cet écart, en touchant 1 200 personnes. Dans le cadre de cet effort, les chercheurs ont identifié 71 causes et les ont synthétisées en cinq recommandations sur la manière d’apporter des changements.

Le rapport indique que les dirigeants actuels devraient faire de la diversité des sexes une priorité lors du recrutement de nouveaux dirigeants, et que les pratiques générales de dotation en personnel devraient intégrer des stratégies de diversité, d’équité et d’inclusion.

Deux de ces recommandations ont trait aux préjugés. Selon le rapport, les perceptions dominantes des qualités souhaitées chez un dirigeant peuvent entraîner des préjugés à l’égard des femmes. Par ailleurs, nombreux sont ceux qui pensent qu’un dirigeant de haut niveau ne peut pas être également une mère de famille.

Enfin, le rapport appelle les hommes à devenir des défenseurs de la diversité parmi les dirigeants.

Le rapport, qui aborde la question du genre sous un prisme binaire, reconnaît les identités trans et non binaires dans une note de bas de page et appelle à de nouvelles études.

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