Un responsable du Likud : Netanyahu a fait voter le projet de loi d’Amona, pas Bennett
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Un responsable du Likud : Netanyahu a fait voter le projet de loi d’Amona, pas Bennett

Un membre du parti affirme que le chef de HaBayit HaYehudi s’attribue à tort le mérite du vote en lecture préliminaire du projet de loi controversé

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, et le ministre de l'Education Naftali Bennett pendant la réunion hebdomadaire du cabinet dans les bureaux du Premier ministre, à Jérusalem, le 30 août 2016. (Crédit : Emil Salman/Pool)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, et le ministre de l'Education Naftali Bennett pendant la réunion hebdomadaire du cabinet dans les bureaux du Premier ministre, à Jérusalem, le 30 août 2016. (Crédit : Emil Salman/Pool)

Un responsable du Likud, le parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a affirmé que HaBayit HaYehudi, partenaire crucial de la coalition, s’attribuait à tort le mérite du vote mercredi en lecture préliminaire par la Knesset d’un projet de loi controversé qui légaliserait des avant-postes de Cisjordanie.

La critique acerbe a été faite peu après une session plénière agitée mercredi, qui a vu deux versions du projet de loi présentées par des députés de HaBayit HaYehudi et une présentée par le député du Likud Yoav Kisch être approuvées en lecture préliminaire.

Les différentes versions du projet de loi dit de régulation ont passé le premier obstacle législatif malgré les objections répétées du procureur général, Avichai Mandelblit, et les efforts de Netanyahu pour repousser le vote.

Le parti Koulanou, qui appartient à la coalition, s’était aussi opposé au projet de loi. Son président, le ministre des Finances Moshe Kahlon, avait promis de saboter le projet de loi.

Le ministre des Finances Moshe Kahlon pendant une réunion de la commission des Finances de la Knesset, le 31 octobre 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Le ministre des Finances Moshe Kahlon pendant une réunion de la commission des Finances de la Knesset, le 31 octobre 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Mais quelques minutes avant le vote de mercredi après-midi, Kahlon avait passé un compromis de dernière minute avec Netanyahu, et accepté de voter en faveur du projet de loi avec ses 10 députés, lui fournissant les votes nécessaires pour passer la lecture préliminaire.

« Le Premier ministre a fait voter le projet de loi en lecture préliminaire en ayant recruté la majorité des votes nécessaires, en coordination avec le ministre des Finances Moshe Kahlon et le président de la coalition David Bitan », a déclaré mercredi une source anonyme du Likud aux médias israéliens.

« Nous regrettons que, alors que le Premier ministre mène les efforts pour faire voter le projet de loi de régulation, Bennett continue de tirer dans le blindé en participant à des conférences de presse contre le Premier ministre et le Likud, et ne permette pas aux faits de rejoindre la vérité », a déclaré la source.

Le sujet a placé Netanyahu dans une position complexe. D’une part, l’évacuation imminente d’Amona menace de déstabiliser sa coalition, qui se repose lourdement sur la droite pro-implantation.

D’autre part, le procureur général a prévenu que la législation pour contourner le jugement de la Haute cour serait inconstitutionnelle et nuirait à l’Etat de droit, et qu’il ne pourrait par conséquent pas défendre le gouvernement devant la cour.

Mobile home dans l'avant-poste d'Amona, en Cisjordanie. (Crédit : Noam Moskowitz/Flash90)
Mobile home dans l’avant-poste d’Amona, en Cisjordanie. (Crédit : Noam Moskowitz/Flash90)

Les députés de droite ont cherché une solution juridique pour empêcher l’évacuation, au moyen d’un projet de loi qui reconnaîtrait officiellement les avant-postes de Cisjordanie.

Dimanche, Netanyahu s’était opposé à la promotion de la mesure avant que la Haute cour ne se soit prononcée. Il n’a cependant pas apposé son veto quand elle a été votée par la commission des Lois.

Le projet de loi dit de régulation sera maintenant présenté à la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, ou à celle de la Loi, de la Constitution et de la Justice pour être révisé avant sa première lecture.

Pour avoir force de loi, elle devra passer trois lectures en session plénière de la Knesset. Le processus a été accéléré en raison de l’ordre d’évacuation d’Amona, qui doit être achevée le 25 décembre.

L’avant-poste d’Amona, fondé en 1995 sur une colline située au nord est de Ramallah, dans le centre de la Cisjordanie, accueille une quarantaine de familles. Il est le plus grand de la centaine d’avant-postes non autorisés, construits sans permission mais généralement tolérés par le gouvernement, qui parsèment la Cisjordanie.

Affrontements entre résidents de l'implantation et policiers dans l'avant-poste d'Amona, en 2006. (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)
Affrontements entre résidents de l’implantation et policiers dans l’avant-poste d’Amona, en 2006. (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)

Une évacuation partielle il y a dix ans avait entraîné de violents affrontements entre les habitants et les forces de sécurité, et certains craignent qu’une nouvelle évacuation ne déclenche une autre confrontation.

Lundi, la Haute cour de justice avait rejeté une demande du gouvernement pour repousser de sept mois l’évacuation et la démolition d’Amona.

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