Un responsable électoral du Shas inculpé pour fraude
Rechercher

Un responsable électoral du Shas inculpé pour fraude

Alors que Netanyahu dénonce d'importantes irrégularités dans le vote arabe au mois d'avril, un représentant d'un parti allié est accusé d'avoir cherché à influencer le scrutin

Des Israéliens déposent leur bulletin de vote dans l'urne d'un bureau de vote de Jérusalem, durant les élections législatives pour la 21e Knesset, le 9 avril 2019.(Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Des Israéliens déposent leur bulletin de vote dans l'urne d'un bureau de vote de Jérusalem, durant les élections législatives pour la 21e Knesset, le 9 avril 2019.(Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les procureurs ont annoncé dimanche leur intention d’inculper un responsable électoral représentant le parti ultra-orthodoxe Shas pour fraude au cours du dernier scrutin national d’avril.

Mohammad Diab, l’un des quatre présidents du comité électoral en charge d’un bureau de vote de la ville de Tamra, dans le nord du pays, avait ajouté au moins sept enveloppes après la fin du vote pendant les élections du 9 avril, ont fait savoir les procureurs dans un communiqué.

« Ceci dans le but que ces votes soient décomptés avec le reste des bulletins déposés dans l’urne pendant la journée afin d’influencer les résultats du scrutin de manière illégale », accuse le communiqué.

Les procureurs ont ajouté que le parti ayant profité de ces bulletins supplémentaires restait pour le moment indéterminé.

Diab est ainsi accusé d’avoir nui à l’intégrité des élections et sera mis en examen, sous réserve d’une audience.

La ville arabe du nord de Tamra, le 3 mars 2019. (Adam Rasgon/Times of Israel)

Cette annonce des procureurs est survenue alors que le Premier ministre Benjamin Netanyahu continue de clamer – sans pour autant de preuves -qu’une fraude effrénée dans les communautés arabes a caractérisé le scrutin du mois d’avril et que ses adversaires politiques sont décidés à « lui voler » les élections de mardi.

La police a néanmoins découvert des irrégularités minimes, affirmant que ces dernières ont largement bénéficié au Likud de Netanyahu et au Shas, allié déterminant du parti du Premier ministre.

En plus de l’affaire qui a éclaté à Tamra, des preuves ont aussi été découvertes dans la ville de Kisra-Sumei, dans le nord du pays, lesquelles ont indiqué que des votes frauduleux avaient profité au Likud au pouvoir au mois d’avril.

La chaîne publique Kan avait fait savoir au début du mois que les forces de l’ordre n’ont trouvé des preuves justifiant l’ouverture d’une enquête pénale que dans l’un des 140 bureaux de vote où le Likud avait signalé des irrégularités au sein de la communauté arabe israélienne.

Une caméra cachée sur un observateur du Likud, dans un bureau de vote d’une ville arabe, lors des élections du 9 avril 2019. (Crédit : Hadash-Taal)

Pour contrer la fraude électorale présumée, Netanyahu a défendu un projet de loi qui aurait permis aux partis politiques d’introduire des caméras dans les bureaux de vote. La législation n’a pas été suffisamment soutenue pour passer le stade du vote préliminaire la semaine dernière.

Le gouvernement avait fait avancer le texte malgré l’opposition du procureur général, du chef de la Commission centrale électorale et du conseiller juridique de la Knesset.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...