Un second judoka se retire des JO pour éviter d’affronter un Israélien
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JO TOKYO 2020

Un second judoka se retire des JO pour éviter d’affronter un Israélien

Le Soudanais Mohamed Abdalrasool ne s'est pas présenté au combat contre Tohar Butbul, et ce malgré la signature des accords d'Abraham entre Khartoum et Jérusalem

Le judoka israélien Tohar Butbul lors d'un combat à Abu Dhabi le 27 octobre 2017 (Capture d'écran : YouTube)
Le judoka israélien Tohar Butbul lors d'un combat à Abu Dhabi le 27 octobre 2017 (Capture d'écran : YouTube)

Un deuxième judoka s’est retiré de la compétition olympique de judo, apparemment pour éviter d’affronter l’Israélien Tohar Butbul, quelques jours après qu’un adversaire algérien potentiel dans un tour précédent a été suspendu pour en avoir fait de même.

Butbul était inscrit comme n’ayant « aucun concurrent » dans ce qui aurait dû être un combat contre le Soudanais Mohamed Abdalrasool dans la catégorie des hommes de 73 kg.

Les responsables olympiques ont déclaré qu’Abdalrasool ne s’était pas présenté pour affronter Butbul dans leur tour, bien qu’il ait été pesé plus tôt pour le combat.

La Fédération internationale de judo n’a pas immédiatement annoncé la raison pour laquelle Abdalrasool n’a pas concouru, et l’organe directeur n’a pas répondu aux demandes de commentaires.

Les responsables olympiques soudanais n’ont pas non plus fait de commentaire immédiat.

En janvier, le Soudan a signé les accords d’Abraham avec les États-Unis, ouvrant ainsi la voie à la normalisation des relations entre le pays africain et Israël, mais un reportage publié au début du mois indiquait que le Soudan était déçu des résultats de l’accord de normalisation.

L’Israélien Tohar Butbul se prépare à participer au combat du tour éliminatoire des -73 kg de judo masculin lors des Jeux olympiques de Tokyo 2020 au Nippon Budokan de Tokyo, le 26 juillet 2021. (Crédit : Jack GUEZ / AFP)

Abdalrasool est le 469e judoka mondial dans sa catégorie de poids, tandis que Butbul est septième.

Butbul a ensuite battu Victor Stepru, de la République de Moldavie, dans un combat éliminatoire, avant de s’incliner en quart de finale face au Sud-Coréen Changrim An.

Il devait participer plus tard ce lundi au repêchage pour disputer une médaille de bronze.

Capture d’écran du judoka israélien Tohar Bulbul, à gauche, lors de la finale dans la catégorie des hommes de moins de 73kg aux Championnats d’Europe de judo, le 17 avril 2021. (Crédit : YouTube)

La semaine dernière, Abdalrasool devait affronter l’Algérien Fethi Nourine. Le vainqueur de l’affrontement devait affronter Butbul, mais Nourine s’est retiré de la compétition avant leur combat afin d’éviter la possibilité de rencontrer l’Israélien sur le tapis.

Nourine et son entraîneur Amar Benikhlef se sont vu retirer leur accréditation olympique samedi, après que la commission exécutive de la Fédération internationale de judo a annoncé avoir suspendu provisoirement le judoka ainsi que son entraîneur Amar Benikhlef.

Le Comité national olympique algérien a indiqué qu’ils allaient rentrer en Algérie.

Pour la Fédération internationale de judo, la décision du judoka algérien est « en totale opposition à la philosophie » de l’instance.

L’IJF a « une politique stricte de non-discrimination et promeut la solidarité comme principe fondamental ».

« Le judo est un sport basé sur un code moral fort, incluant le respect et l’amitié, pour favoriser la solidarité et nous ne tolérerons aucune discrimination, car elle va à l’encontre des valeurs et des principes fondamentaux de notre sport », a précisé la fédération.

Le judoka algérien Fethi Nourine. (Capture d’écran)

S’adressant à une chaîne de télévision algérienne jeudi dernier, Nourine a déclaré que son soutien politique à la cause palestinienne l’empêchait de concourir contre un Israélien.

« Nous avons travaillé dur pour atteindre les Jeux olympiques… mais la cause palestinienne est plus grande que tout cela », a-t-il déclaré, ajoutant que sa décision était « définitive ».

Ce n’est pas la première fois que Nourine se retire d’une compétition pour ces raisons. Il avait également agi de la sorte lors des Mondiaux 2019 de Tokyo.

Lors des Jeux de 2016, le judoka égyptien Islam El Shahaby a quitté les JO, quelques heures seulement après avoir refusé de serrer la main de son rival israélien victorieux, Or Sasson, au premier tour de la compétition masculine des plus de 100 kg aux Jeux olympiques de Rio.

L’Égyptien Islam El Shehaby (bleu) refuse de serrer la main après sa défaite contre l’Israélien Or Sasson lors de leur combat de judo masculin des plus de 100 kg aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro, au Brésil, le 12 août 2016. (Crédit : AFP/Toshifumi Kitamura)

Plusieurs judokas iraniens ont fait de même par le passé, pour éviter d’affronter des concurrents israéliens et leur attitude avait déclenché de vives protestations.

En avril, la Fédération internationale de judo a prononcé une interdiction de quatre ans à l’encontre de la Fédération iranienne de judo en raison des exigences de Téhéran selon lesquelles ses athlètes devaient refuser d’affronter des adversaires israéliens.

L’interdiction a été antidatée pour commencer en septembre 2019, lorsque le judoka Saeid Mollaei a quitté l’équipe iranienne lors du championnat du monde à Tokyo, révélant qu’on lui avait ordonné de perdre des matchs et de se retirer des compétitions pour éviter d’affronter des Israéliens.

Autre espoir israélien de médaille en judo, Timna Nelson-Levy, s’est rendue jusqu’en quart de finale du concours féminin des 57 kg lundi, mais a été battue par Tsukasa Yoshida, l’une des favorites de la compétition. Elle devait également participer au repêchage pour une médaille de bronze.

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