Un sénateur républicain s’oppose à la nomination d’un candidat anti-Israël de Trump
John Curtis, de l'Utah, cite les "opinions anti-Israël et les propos insensibles à l'égard des Juifs" de Jeremy Carl, qui minimise notamment la Shoah, ce qui pourrait compromettre sa nomination
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WASHINGTON (Reuters) — Jeudi, le président américain Donald Trump a rencontré un obstacle majeur quant au candidat qu’il a choisi pour le poste de secrétaire d’État adjoint aux organisations internationales. Un républicain membre de la commission des relations étrangères du Sénat a en effet fait savoir qu’il était opposé à cette nomination.
Le sénateur républicain de l’Utah, John Curtis, a déclaré qu’il ne pensait pas que Jeremy Carl était la personne adéquate pour représenter les intérêts du pays auprès des organisations internationales. Le poste pour lequel Carl est pressenti consiste à gérer les relations des États-Unis avec les organisations internationales, notamment les Nations unies.
Carl est actuellement chercheur senior au sein du think tank conservateur Claremont Institute. Il a occupé la fonction de sous-secrétaire adjoint à l’Intérieur durant le premier mandat de Trump.
« Ses opinions anti-israéliennes et ses remarques dépourvues de toute sensibilité à l’égard du peuple juif sont indignes du poste pour lequel il a été nommé », a affirmé Curtis dans un communiqué à la suite de l’audition de Carl.
Le Deseret News a été le premier à rapporter la décision de Curtis.
Un responsable de la Maison Blanche a affirmé que la nomination de Carl était maintenue.
Lors de l’audition, Curtis a interrogé Carl sur ses remarques passées à propos du peuple juif, notamment lors d’une apparition dans un podcast au cours duquel il avait acquiescé, d’un « Oui, oui, c’est vrai », lorsque l’animateur avait critiqué les Juifs qui « revendiquaient un statut de victime privilégiée » en raison de la Shoah.
Lors de l’audition, Carl a dit ne pas se souvenir d’avoir tenu certains des propos lus par les sénateurs, ajoutant qu’il regrettait certains autres. « Durant des interviews, il m’est arrivé de faire des commentaires qui visaient à minimiser les conséquences de la Shoah, qui étaient tout à fait déplacés », a-t-il déclaré.
L’objection de Curtis rend peu probable l’approbation de Carl par la commission des relations étrangères, ce qui pourrait faire échouer sa nomination.
Un tel échec marquerait une rupture avec la majorité républicaine au Sénat, qui a jusqu’à présent soutenu la plupart des nominations et des politiques de Trump.
La commission, qui supervise le département d’État, compte 12 membres républicains et 10 membres démocrates. Tous les démocrates devraient prendre position contre Carl.
« Le grand remplacement »
Au cours de l’audience, le sénateur démocrate Cory Booker, du New Jersey, a demandé à Carl ce qu’il entendait par « le grand remplacement » – une théorie selon laquelle les immigrants non blancs remplaceront les citoyens blancs.
Cette théorie, a répondu Carl, fait référence au « remplacement démographique international des Européens en Europe ». Booker a donc demandé à Carl s’il pensait qu’il existait actuellement « une initiative visant à remplacer les Américains », ce à quoi Carl a répliqué : « Je pense que le Parti démocrate, par l’intermédiaire de ses politiques d’immigration, a certainement envoyé des signes dans ce sens. »
La nomination de Carl suscite de nombreuses interrogations depuis des mois, en raison de ses commentaires passés et de son manque d’expérience diplomatique. En septembre, CNN a rapporté que Carl avait tenté de supprimer au moins 5 000 de ses commentaires sur le réseau social X, dont beaucoup étaient incendiaires sur les questions raciales.
Le chef de file des Démocrates au Sénat, Chuck Schumer, de New York, a pris position contre la nomination de Carl dans un discours prononcé cette semaine au Sénat, estimant qu’il avait « depuis longtemps des opinions racistes, suprémacistes et antisémites ».
Une nomination peut être soumise au vote de l’ensemble du Sénat si la commission ne s’exprime pas en sa faveur, mais ce cas reste extrêmement rare. Les républicains de Trump, dans la chambre, ne disposent que d’une majorité de 53 sièges contre 47.
Interrogé à ce sujet, un porte-parole de Jim Risch, de l’Idaho, président républicain de la commission, a fait savoir qu’il apportait son soutien à toutes les nominations de Trump.
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