Un soldat druze victime de racisme
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Un soldat druze victime de racisme

Le soldat a expliqué que ses camarades se sont moqués de lui, ont saccagé sa chambre et l’ont traité de "terroriste"

Photo d'illustration: Un service à la mémoire des soldats israéliens dans le cimetière militaire du village druze d'Isfiya dans le nord d'Israël (Crédit : Service de presse du gouvernement)
Photo d'illustration: Un service à la mémoire des soldats israéliens dans le cimetière militaire du village druze d'Isfiya dans le nord d'Israël (Crédit : Service de presse du gouvernement)

Le soldat druze, qui a été la victime d’attaques racistes et abus de la part d’autres soldats israéliens sur la base de l’Armée de l’Air dans laquelle il sert, souffre de troubles de stress post-traumatique.

Le soldat, qui a seulement été identifié par son initiale hébreu Mem, a relaté les abus subis dans un entretien avec la chaîne publique Kan.

Le reportage de lundi présentait Mem, qui a des problèmes d’élocution, comme étant « calme et introverti ».

Mem a expliqué que les soldats avec lesquels il servait l’ont volontairement exclus du groupe, qu’ils se sont régulièrement moqués de lui, lE traitant de « terroriste, de chien, d’Arabe ou de Palestinien ».

Mem a expliqué que ses camarades ne lui permettaient pas de manger avec eux ou d’entrer dans leurs chambres. A un moment donné, il a déclaré qu’ils lui avaient interdit d’entrer dans la cantine à moins qu’il ne nettoie toutes leurs toilettes. Mem a dit ne pas avoir mangé pendant trois jours.

Les soldats lançaient des pierres contre sa fenêtre quand il dormait le nuit, coupaient l’eau quand il prenait sa douche, et, une fois, ils ont même saccagé sa chambre, a affirmé Mem.

Le soldat druze de l’armée de l’air Mem, victime de racisme et de harcèlement sur sa base (Capture d’écran : Kan)

Une autre fois, il a expliqué que certains des soldats lui ont caché son arme, qu’ils l’ont regardé et filmé en riant alors qu’il la cherchait.

Mem a également déclaré que des femmes soldats l’ont aussi harcelé, le menaçant que s’il se plaignait des abus, elles diraient à leurs supérieurs qu’il les avait agressées sexuellement.

Selon Mem, quand il est allé voir son commandant pour se plaindre des mauvais traitements de la part d’autres soldats, le commandant lui a dit : « Va-t-en, l’Arabe, je suis occupé maintenant ».

Les abus ont arrêté quand la mère de Mem a surpris un groupe de soldats femmes en train de se moquer de lui au téléphone. Mem a déclaré que sa mère lui avait donné l’ordre de rentrer à la maison directement, et ne l’avait pas autorisé à retourner à l’armée depuis lors.

Quand elle s’est plainte aux commandants de son fils au sujet des abus, la mère de Mem affirme avoir été rabrouée. Un commandant lui a dit : « Votre fils est fou. Vous devriez peut-être l’emmener dans un service psychiatrique ».

« J’ai peur de laisser mon fils retourner à l’armée. S’il me parle de cette manière, comment va-t-il traiter mon fils sur la base ? », a déclaré la mère de Mem à Kan.

Selon le programme, un psychiatre, qui a examiné Mem, a déclaré qu’il souffrait de troubles de stress post traumatique découlant des mois d’abus et d’insultes.

Dans un communiqué adressé à Kan, l’armée israélienne a reconnu que Mem avait été la victime d’abus et que les soldats responsables avaient été punis. L’armée a déclaré qu’un des soldats avait été condamné à 21 jours de détention sur la base en guise de punition, et que les autres soldats avaient été obligés de s’excuser auprès de Mem.

La communauté druze est très présente et très appréciée au sein de l’armée et ses membres servent à de très hauts postes.

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